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HBO : les raisons d'une réussite

09/10/2003

Modèle de Canal+, HBO est l'une des chaînes les plus respectées aux États-Unis et dans le monde. Colin Callender, président de HBO Films, le studio de production de HBO, évoque les raisons de ce succès.

La Palme d'or à Cannes pour le film Elephant, de Gus Van Sant, 109 nominations et 18 victoires aux Emmy Awards (les 7 d'or américains)... Comment expliquez-vous la réussite d'HBO cette année ?

Colin Callender.Notre succès est fondé sur l'expérimentation et l'originalité de la programmation. Nous nous remettons en cause et nous lançons des défis permanents. C'est essentiel pour séduire les abonnés. Si nous voulons continuer à les attirer, nous devons être toujours plus exigeants, être prêts à prendre des risques pour donner envie aux réalisateurs, aux acteurs et aux nouveaux talents de travailler avec nous. AinsiAngels in America, un film de six heures sur le sida, vient de bénéficier d'un budget de 52 millions d'euros. Réalisé par Mike Nichols et interprété par Al Pacino, Meryl Streep et Emma Thompson, il sera diffusé en intégralité sur HBO.

Début septembre, vous avez reçu la Flamme du festival de Deauville des mains de Pierre Lescure. Comment analysez-vous les difficultés de Canal +, qui s'est lancée sur le modèle de HBO en France ?

C.C.Je connais mal la situation de Canal +. Mais je crois pouvoir discerner quelques différences entre HBO et la chaîne cryptée française. Certes, HBO s'est positionnée, dès sa création en 1972, comme une chaîne spécialisée dans le sport et le cinéma. Mais parmi nos arguments de vente de départ figurait la possibilité de regarder un film sans être interrompu toutes les cinq minutes par la publicité. Aujourd'hui encore, 80 % de nos revenus proviennent des abonnements, fixés à 13 euros par mois. Notre priorité des priorités est donc de satisfaire nos abonnés.

Comment vous y prenez-vous pour y parvenir ?

C.C.Nos téléspectateurs ont des profils extrêmement variés, ce qui nous oblige à faire preuve d'un grand éclectisme dans notre programmation. D'une manière générale, nous aimons aller à l'encontre des attentes des gens et produire des films qu'ils ne voient pas ailleurs. C'est le sens de notre slogan : « It's not TV, it's HBO ».

En dehors des abonnements, quelles sont vos sources de revenus ?

C.C. Les recettes issues de la syndication, des DVD et de la vidéo à la demande sont en pleine croissance. De plus, nous avons décidé cet été de passer un accord de distribution avec Fine Line Features, qui appartient comme nous au groupe AOL Time Warner. Selon les termes de cet accord, HBO peut choisir de faire sortir en salles un certain nombre de films sur la dizaine que produit la chaîne chaque année. C'est une façon de capitaliser sur notre marque.

HBO est également connue pour des séries, comme Sex and the City, les Sopranos ou Six Feet Under, qui abordent sans complexes tous les sujets de société...

C.C.Outre les revenus issus des ventes de DVD, ces séries nous apportent une grande notoriété. Mais la qualité du service dans son ensemble est plus importante que chaque série prise individuellement. Nous n'avons pas les mêmes contraintes que les grands networks : une série n'est pas, chez nous, une machine à attirer des annonceurs et à générer du cash, comme peuvent l'êtreFriendsouE.R.(Urgences) pour NBC. Si la série qui remplacera un jourSex and the Citya besoin de temps pour s'installer, nous serons en mesure de lui en donner.

Que pouvez-vous nous dire de K Street, une nouvelle série politique mêlant réalité et fiction, diffusée depuis la mi-septembre sur HBO ?

C.C.L'idée vient de Steven Soderbergh et George Clooney. K Street est la rue où sont installés de nombreux cabinets de lobbying à Washington. Celui où se déroule la série est imaginaire, mais les affaires sur lesquelles travaillent les héros sont inspirées de l'actualité. Des scènes sont filmées au Congrès, ainsi que dans les restaurants fréquentés par les parlementaires, dont certains font même de la figuration.

Vous arrive-t-il de vous inspirer de chaînes étrangères ?

C.C.Je suis Britannique et j'ai produit le premier film indépendant diffusé sur Channel 4 :The Life and Adventures of Nicholas Nickleby, d'après Charles Dickens. Cela fait maintenant quinze ans que je travaille pour HBO - pourtant je suis l'un des derniers arrivés. La stabilité du management est aussi, à mon sens, un élément clé du succès de la chaîne.

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