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Accueil > Etudes / Tendances > Dossiers > « ET SI LE LUXE ÉTAIT... »

Introduction

Solange Azagury-Partridge

C'est en créant sa bague de fiançailles, en 1987, que Solange Azagury-Partridge a décidé de se lancer dans la création de bijoux. Elle a ouvert, en 1995, sa première boutique à Londres. Sa collection Kinetic est étonnante, les boucles d'oreilles frémissent, les bagues tournent, tremblent et roulent. En octobre 2001, elle est devenue directrice de création chez Boucheron, pour lequel elle a conçu le nouveau concept de boutiques. En septembre 2003, Boucheron a lancé L'Eau à la bouche, une collection de bijoux en or auxquels un traitement spécifique confère un fini cacao. Bague fondante ou bague croquée, pure gourmandise...

1) Fuck off !

2) Peace and love to all my kind...

3) L'amour... passionnel.

4) [Elle fait le geste d'envoyer des baisers avec ses mains.]

5) À part la place Vendôme, une très grande et belle maison avec différents étages, un night-club au sous-sol, mes amis à un étage, ma famille à un autre, le travail à un troisième, une piscine et un jardin suspendu.

6) Ce serait une femme : Elisabeth Taylor.

7) Pouvoir toucher plus de gens. Faire en sorte que le luxe soit accessible au plus grand nombre, que tout le monde puisse se réjouir et jouir du luxe...

8) La nonchalance.

9) L'amour et la liberté.

10) Les cinq sens plus le spirituel, le sixième sens. La spiritualité est un sens que l'on a perdu. C'est lui qui me nourrit, comme tous les créateurs.

Christian Biecher

Christian Biecher appartient à une nouvelle génération d'architectes, sensible aux croisements de différentes disciplines artistiques : architecture, design, aménagement intérieur. Toutes se fondent dans une même approche. Il est également attentif au travail de certains architectes japonais et à leur désir de tendre vers une architecture tout en transparence. Christian Biecher a notamment dessiné les deux grands magasins de luxe Eastnation, au Japon, la boutique Marie-Hélène de Taillac, le Korova... Il a récemment créé le flacon du nouveau parfum de Lancôme, Attraction.

1) Je vous emmerde !

2) L'anarchie.

3) L'égoïsme.

4) Ouvrir une porte.

5) Une église baroque, sobre à l'extérieur, décadente à l'intérieur.

6) J'hésite entre l'Homme invisible et le capitaine Nemo.

7) Partir en vacances.

8) Se donner les moyens d'être soi-même.

9) La curiosité.

10) La paix.

Serge Lutens

Concepteur de parfums, Serge Lutens transcende désormais Shiseido, tant par ses créations olfactives que visuelles. Pendant plus de trente ans, il a révolutionné l'univers du maquillage. « J'ai été transporté par les odeurs et le parfum après avoir senti des cèdres et des cires », raconte-t-il. Pour lui, « l'odorat sert à se défendre et à aimer ». Il lance en décembre son parfum culte, Un Lys, en édition spéciale.

1) Il est impossible de définir le luxe par des mots. C'est davantage un toucher, un sens supplémentaire, un septième sens, mais ça n'existe pas.

2) Un seul électeur et un seul parti. Ce serait le singulier. Et on ne voterait pas !

3) L'amour et l'émerveillement.

4) Fermer la porte, ce qui a plusieurs sens : se protéger (très important), être chez soi. Le luxe, en ce moment, c'est plutôt le « Moi ». Cela devrait être le « Soi », plus altruiste.

5) Inaccessible...

6) Difficile. Garbo qui se cache et qui dit, comme souvent dans ses films :« Je voudrais être seule. »

7) Je sèche ! Un projet d'adhérer à quelque chose de soi-même, qui se fonde sur quelque chose de beau, plus proche du rêve mais possible. Car si on ne peut pas l'imaginer, ce n'est plus du luxe...

8) Je veux tout, je ne veux rien.

9) Que peut-on « donner » à un enfant ? Il faut d'abord « penser » à lui. On est dans un geste d'amour. S'en occuper, lui donner le sein, le combler d'affection, lui donner des certitudes, l'aider à se définir, c'est l'antiluxe (car très réel). Sans amour, pas d'enfant... ou alors rêver d'en avoir.

10) Je ne peux pas le redéfinir en un mot... Peut-être « l'idéal », mais ce n'est pas vraiment juste. L'absolu, l'éternité ?

Pierre Gagnaire

En 1998, le Michelin lui décerne un troisième macaron pour son restaurant de la rue Balzac, à Paris. En 2002, il ouvre le Sketch, à Londres, avec Mourad Mazouz. En 2003, il est nommé commandeur des Arts&Lettres. « Mes rencontres avec les produits sont autant d'incitations à l'imaginaire. La cuisine est une aventure, un jeu de piste sans fin. La cuisine, c'est penser goût, intelligence du plat, esthétique », écrit-il dans son deuxième livre, Sucré-Salé (éditions de La Martinière, 53 euros).

1) Bon Dieu que c'est bon !, en hommage au célèbre vigneron Ramonet, qui disait après avoir bu un verre de son cru :« Mon Dieu, ça c'est du vin ! »

2) Donner à chacun l'accès à la qualité, soigner avec élégance... que l'urbanisme soit doux, en musique, propre, avec de la couleur. Que l'on fasse des efforts dans les lieux où les gens circulent. Que chacun comprenne que c'est l'affaire de tous si l'on veut vivre dans un monde plus tendre et plus convivial.

3) La tendresse.

4) Une main tendue.

5) Cela revient à la question des lieux qui permettraient les rencontres, le repos, pour que les gens ne se sentent pas agressés.

6) Aucun individu ne peut prétendre être la quintessence de tous les autres. Nous sommes multiples donc pas UN personnage. Plutôt un enfant...

7) En soi, un projet est déjà un luxe.

8) Bonne question. Quand on arrive à un certain âge, le luxe est de savoir capter un moment agréable. Chaque moment doit être agréable et on doit progresser dans la journée en ajoutant les uns aux autres ces modestes moments successifs. Il faut savoir capter l'instant qui passe, un regard, une lumière.

9) Dans la vérité, la clarté, la douceur. Le mot clé, c'est « sincérité », car elle mène à la confiance.

10) Ce pourrait être la sérénité.

Olivier Gagnère

Designer, élu en 1998 créateur de l'année du salon Maison et Objet, à Paris. Il conçoit les collections de Bernardeau, des Cristalleries Saint-Louis. Il travaille avec les légendaires verreries de Murano. En 2003, il crée une collection de lustres et luminaires, réalisée à Murano pour Veronese, et présentée lors des derniers Designer's Day. Il est également le concepteur du nouveau verre Ricard. Olivier Gagnère vient de repenser entièrement le Lido, qui réouvrira ses portes en décembre 2003.

1) [Éclat de rire] Bordel de merde !

2) Le changement dans la continuité.

3) La gourmandise. Par rapport à un péché capital, ça reste quelque chose de léger sans tomber dans le véniel.

4) Salutations... saluer quelqu'un.

5) Sûrement un lieu avec de l'espace, car c'est le plus difficile à obtenir.

6) Certainement quelqu'un d'inutile... Talleyrand (car pourri).

7) [Rires] Un projet qui peut apporter le maximum de plaisir, une chose qui va au-delà du luxe, un plaisir nouveau plus grand qui apporte plus que le passé, quelque chose de différent, sans redite.

8) Un clignement d'yeux. Ouvrir-fermer-ouvrir, le propre de l'émerveillement.

9) Ne pas avoir d'enfants, ne pas être encombré...

10) Renommons ça : un peu d'air... De l'air ! Frais.

Terry de Gunzburg

Terry de Gunzburg a d'abord travaillé avec les photographes Helmut Newton, Paolo Roversi ou Dominique Isserman, pour laquelle elle maquillait avec une gestuelle de chirurgien et de sculpteur. Elle a ensuite passé quinze ans chez Yves Saint Laurent comme directrice internationale de la création. Elle a lancé en 1998 By Terry, la première ligne de maquillage « haute couleur », puis, fin 2002, sa ligne Home Collection.

1) [Pas de réponse.]

2) Spontanément, l'anarchie, en tout cas la liberté. J'aime les anarchistes, car ils ont une liberté de pensée et de mouvement.

3) L'amour fou sous tous les angles, toutes les visions, toutes les positions (homme/homme, femme/femme, etc.)

4) Prendre un visage entre les deux mains pour le regarder avec la pulpe de sa paume, le ressentir et le sentir.

5) Ma chambre, et plus précisément mon lit pour y vivre, y rêver, y dormir et le reste...

6) Marie Curie, pour ses extraordinaires intelligence, ténacité et don de soi. Pour sa contribution au bien-être de l'humanité, qui passe par la santé. Elle a beaucoup bataillé et a obtenu deux prix Nobel.

7) Celui pour lequel je suis en train de me battre, me débattre et combattre pour imposer mon idéologie, pour plus d'authenticité. Comme Peggy Guggenheim, ouvrir un musée pour découvrir de jeunes artistes. Suivre mon intuition...

8) Au jour le jour : encore mieux qu'hier et bien moins bien que demain.

9) De l'amour, de l'amour et encore de l'amour. De la présence et suffisamment de distance pour leur permettre de devenir eux-mêmes. Leur permettre de vous détester.

10) Stricte opulence, c'est-à-dire un peu de tout de très belle qualité et non beaucoup de tout accumulé et moyen. Je déteste ce qui est moyen, je préfère le pas bien ou même le très imparfait.

Sébastien Gaudard

Esthète, ce jeune pâtissier construit intellectuellement ses créations. Il porte une réflexion originale sur l'univers de la pâtisserie. Il travaille à l'élaboration de nouveaux codes, saveurs, textures, formes, etc. L'auguste, un gâteau-puzzle, est l'une de ses oeuvres les plus abouties. Ancien chef pâtissier chez Fauchon, il a travaillé aux côtés de Pierre Hermé. Il a ouvert, courant novembre, un nouvel espace au sein du Bon Marché : Le Délicabar.

1) Tout ce qui est inutile...

2) Tout pour tout le monde.

3) La sensibilité... Bien que ce ne soit pas un sentiment.

4) Le don.

5) Un nuage cotonneux, gris perle bleuté, très irrégulier, moelleux, avec du goût, qu'on puisse le manger... Barbapapa.

6) Les autres.

7) Les projets à venir.

8) Mon regard.

9) Aimer... Avoir des petits-enfants sans avoir d'enfants.

10) Inutile.

Victoire de Castellane

Après quatorze ans chez Chanel, où elle concevait les bijoux fantaisie et les accessoires, elle devient directrice artistique du nouveau département haute joaillerie chez Dior. Un rien excentrique, volubile, pleine de fantaisie, Victoire fait sa petite révolution dans l'univers de la haute joaillerie, qu'elle juge bien trop coincé et conventionnel. Elle réinterprète avec son imagination débordante les codes de la maison Dior et de Monsieur. Conteuse née, elle raconte des histoires au travers de chacun de ses bijoux : collier Milly-la-forêt, collier Cygne rose, bague Premier Bal...

1) Overdose, obscénité... En fait, je déteste la violence et les insultes, je n'aime pas l'agressivité.

2) Je déteste la politique. Ce serait total look.

3) La paresse, même si ce n'est pas un sentiment... Le bien-être.

4) Une caresse sur la peau de quelqu'un qui vous caresse.

5) La place Vendôme.

6) Je ne le vois pas comme un personnage, plutôt comme quelque chose que l'on peut posséder, avoir avec de l'argent. Je ne l'identifie pas à un personnage.

7) Le désir de posséder... J'ai envie d'un objet luxueux et j'ai pour désir de me projeter pour l'avoir.

8) Voir la vie en rose.

9) Avec de l'espace et des gens pour vous seconder, vous aider à vous en occuper.

10) Le luxe, c'est vraiment le temps. Pouvoir se reposer, prendre son temps... C'est le temps et l'espace.

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