
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Couleurs gourmandes
YACHTING, YACHT IN
Écrin total
L'EAU DE LÀ
MÉMOIRES DE MARQUES
Les joyaux de Vendôme
STYLISTE ZEN
BEAUTÉ ALTERNATIVE
Informations divines
VOGUE PARIS RESTE EN POINTE
CHRONIQUEUSE CONNECTÉE
LA PERLE SORT DE SON ÉCRIN
Emballez-nous !
BIENVENUE SUR LA PLANÈTE TENDANCE
PHOTOGRAPHE SURVOLTÉ
SPORT HAUTE COUTURE
Paroles d'hommes sur parfums de femmes
CAFÉS : Côté Florian, côté Flore
AU PAYS DES ENFANTS ROIS
Les chevaliers blancs du luxe
Christine Orban : « Il n'y a rien de pire que le luxe réduit à l'argent »
Que la lumière soit
À LA VIE, À LA MARQUE
Luxe furtif
Bio-connection
Boudoir
SERGE AMORUSO : VU À LA TÉLÉ !
ET LA MISE EN SCÈNE DES ODEURS ?
CHAPEAU, LES FILLES !
20/11/2003 - L'édition française du plus célèbre magazine de mode international ne veut pas devenir une institution.
Nous sommes un titre charismatique »,sourit Didier Suberbielle, PDG deVogue Paris(110 789 exemplaires de diffusion payée, DSH 2002-2003), lorsqu'on lui demande qui sont les principaux concurrents du mensuel phare du groupe américain Condé Nast. À l'en croire, seulVogue Italiel'inquiéterait. Il est clair que, placé en
évidence sur la table basse du salon de tous les foyers branchés, le magazine ne s'est jamais aussi bien porté depuis sa naissance, en 1921. Souvent imité, jamais égalé, toujours en vogue ! Alors que les marques de luxe traversent une passe plutôt délicate, sa diffusion en kiosques a progressé de 15 % depuis le début de l'année.
Le concept deVoguen'a jamais changé depuis 1898, où paraît la première édition américaine : montrer le luxe comme un art de vivre et faire rêver avec de somptueuses - mais imperceptiblement transgressives - photos de mode, de bijoux ou de voyages.« On n'est jamais parfait si on n'est pas un peu scandaleux »,assène Carine Roitfeld, rédactrice en chef depuis deux ans. Sans pour autant négliger la plume : si les meilleurs photographes sont passés parVogue,on y lit aussi de grands écrivains, comme Marc Lambron, auteur d'une biographie de Lee Miller, mannequin et photographe légendaire deVogue. Quant au logo des quinze éditions internationales, il n'a jamais été retouché.« S'il reste toujours aussi moderne, c'est peut-être grâce à son nom, un mot aussi bien français qu'anglais, difficile à définir, mais qui nous résume à lui tout seul,s'amuse Carine Roitfled.Nous avons toujours su nous remettre en question pour ne jamais devenir une institution. Rester à l'avant-garde, être un poil indécent, mais toujours chic. »
Et pourtant, l'arrivée de Carine Roitfeld aux commandes du journal a fait grincer quelques dents. Personne ne conteste son talent de « renifleuse » de tendances. Mais, avantVogue,elle formait un tandem de choc avec Mario Testino, le photographe péruvien auteur des clichés des campagnes porno chic de Gucci. Ce mensuel allait-il devenir un porte-avions de l'offensive anti-LVMH lancée par François Pinault ? Il n'en a rien été. Carine Roitfeld a très vite su rassurer sa rédaction.« Nous avons la réputation d'être le magazine de mode le plus indépendant du marché français,insiste Didier Suberbielle.Et nous avons les moyens de cette indépendance. Aucun annonceur n'est assez puissant pour nous dicter sa loi. Nous sommes indispensables aux marques de luxe. Elles ont besoin de notre papier glacé pour magnifier leurs produits. Il faut savoir leur résister avec élégance. »Carine Roitfeld ajoute :« Des marques qui n'auront jamais les moyens d'acheter de la pub chezVoguesont mises en avant dans nos pages mode, joaillerie ou horlogerie. »
En décembre sortira le premier numéro conçu par Fabien Baron, le nouveau directeur artistique, considéré comme l'un des plus talentueux graphistes de sa génération. Et, à plus long terme, le groupe Condé Nast planche sur un lancement hautement stratégique : une édition chinoise.