
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Couleurs gourmandes
YACHTING, YACHT IN
Écrin total
L'EAU DE LÀ
MÉMOIRES DE MARQUES
Les joyaux de Vendôme
STYLISTE ZEN
BEAUTÉ ALTERNATIVE
Informations divines
VOGUE PARIS RESTE EN POINTE
CHRONIQUEUSE CONNECTÉE
LA PERLE SORT DE SON ÉCRIN
Emballez-nous !
BIENVENUE SUR LA PLANÈTE TENDANCE
PHOTOGRAPHE SURVOLTÉ
SPORT HAUTE COUTURE
Paroles d'hommes sur parfums de femmes
CAFÉS : Côté Florian, côté Flore
AU PAYS DES ENFANTS ROIS
Les chevaliers blancs du luxe
Christine Orban : « Il n'y a rien de pire que le luxe réduit à l'argent »
Que la lumière soit
À LA VIE, À LA MARQUE
Luxe furtif
Bio-connection
Boudoir
SERGE AMORUSO : VU À LA TÉLÉ !
ET LA MISE EN SCÈNE DES ODEURS ?
CHAPEAU, LES FILLES !
20/11/2003 - Dior, Burberry, Ritz, Dinh Van... Les marques de luxe se mettent en quatre pour les enfants rois. Mais qui séduisent-elles réellement ?
Elle porte une chemise en coton Old England, un jean Diesel et une veste Agnès B. Candyse est photographiée par Karl Lagerfeld, qui a aussi signé la cravate en soie nouée autour de son cou. Ce drôle de petit page à la moue désabusée pose comme une pro pour la une d'Extra Small, nouveau magazine de mode enfantine. Pourtant, avec une petite dizaine d'années inscrite sur sa carte d'identité, elle semble bien jeune pour jouer au mannequin éthéré.« Faux !,s'exclame Karl Lagerfeld dans l'éditorial d'Extra Small.Petit, on désire devenir très vite adulte, être pris au sérieux et se sortir de cet état d'infériorité. J'adore l'idée de traiter les enfants, et de les habiller, comme des adultes. »Des petits griffés de la tête au pied, on peut en croiser dans les boutiques Dior, Burberry, Gucci, Kenzo ou Jil Sander. Toutes ces marques proposent des modèles réservés aux juniors, répliques miniatures de ceux de leurs parents.
Défilés et leçons de cuisine
Deux salons de prêt-à-porter sont consacrés à cette nouvelle mode : Kid's Fashion à Bruxelles et Pitti Bimbo à Florence. Des centaines de maisons de couture organisent des défilés d'enfants mannequins à 17 heures, après l'école. Rien n'est trop beau pour les roitelets. Des matières comme le cachemire, le tweed ou la soie, autrefois réservées aux adultes, leur sont maintenant destinées. Et peu importe le prix : un tee-shirt Paul Smith Children coûte 66 euros et un bracelet Dinh Van (en... coton) sur mesure 120 euros ! De fait, on trouve des accessoires et des services surprenants. Les célèbres studios Harcourt mettent en scène les minimodèles pour des photos dont le prix démarre à 1 600 euros. L'école de cuisine Ritz Escoffier enseigne désormais la gastronomie aux 6-12 ans. À raison de 80 euros l'atelier, les marmitons préparent des sablés, des crumbles ou des terrines. Et, pour 23 euros, repartent avec un CD-Rom de recettes. Même le célébrissime Colette réserve un espace aux caprices des petits.
Cette surenchère ne surprend pas Lysiane de Royère, porte-parole du cabinet de tendance Promostyl :« Les mères actuelles ont plus de trente ans. Elles ont un métier et de l'argent pour gâter leurs rejetons. »Isis-Colombe Combréas, directrice de la publication et de la rédaction deMilk, concurrent d'Extra-Small, pousse encore plus loin le raisonnement :« L'enfant est une valeur refuge. Et pour les mères qui soignent leur look rock 'n roll, il est hors de question que leurs petits chéris s'habillent BCBG. »Ce n'est pas un hasard si les dernières publicités Gucci montrent un mannequin tenant sous le bras un bébé potelé en guise de sac à main.
L'enfant, dernier caprice de la mode... Les marques de luxe ont tout à y gagner : des ventes (Dior reconnaît que le marché croît de 20 % depuis deux ans), ainsi qu'un lifting de leur image. Et pourquoi pas l'espoir de fidéliser leurs adeptes dès le berceau.