
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Couleurs gourmandes
YACHTING, YACHT IN
Écrin total
L'EAU DE LÀ
MÉMOIRES DE MARQUES
Les joyaux de Vendôme
STYLISTE ZEN
BEAUTÉ ALTERNATIVE
Informations divines
VOGUE PARIS RESTE EN POINTE
CHRONIQUEUSE CONNECTÉE
LA PERLE SORT DE SON ÉCRIN
Emballez-nous !
BIENVENUE SUR LA PLANÈTE TENDANCE
PHOTOGRAPHE SURVOLTÉ
SPORT HAUTE COUTURE
Paroles d'hommes sur parfums de femmes
CAFÉS : Côté Florian, côté Flore
AU PAYS DES ENFANTS ROIS
Les chevaliers blancs du luxe
Christine Orban : « Il n'y a rien de pire que le luxe réduit à l'argent »
Que la lumière soit
À LA VIE, À LA MARQUE
Luxe furtif
Bio-connection
Boudoir
SERGE AMORUSO : VU À LA TÉLÉ !
ET LA MISE EN SCÈNE DES ODEURS ?
CHAPEAU, LES FILLES !
20/11/2003 - Le luxe n'est pas seulement réservé aux grandes marques. Serge Amoruso apporte la preuve qu'un simple artisan maroquinier peut aussi imposer une griffe.
Serge Amoruso est artisan maroquinier. Il est aussi très chouchouté par les médias. Trois ans à peine après la création de son atelier, situé rue du Roi-de-Sicile, à Paris, il a déjà « fait » cinq télés. Aurait-il raté sa vocation de présentateur ou de comédien ?« Je n'ai qu'un seul objectif,explique-t-il.Créer des objets sur mesure qui me plaisent et m'enrichissent. Beaucoup d'artisans en sont réduits, pour vivre, à ne faire que de la sous-traitance. Moi, je ne souhaite utiliser mon savoir-faire que pour ma propre maison. »D'où la nécessité d'exploiter son image pour se faire connaître et pour mettre son expérience, dont sept ans chez Hermès, au service d'une clientèle de particuliers.
Dès ses débuts, Serge a fait en sorte de peaufiner sa stratégie « médiatique » : son atelier est situé sur la rue, il travaille derrière la vitrine comme derrière un écran, sous le regard des passants, afin de susciter leur curiosité et les inviter à pénétrer dans la boutique. Une formule qui fonctionne : les clients sont séduits, les commandes suivent...
Serge Amoruso a aussi une histoire à raconter sur ses produits. Ses pièces sont réalisées dans des matériaux rares tels que le galuchat, la pierre de météorite, la fibre de carbone ou la dent d'hippopotame. S'il existe une difficulté technique ou si l'objet est insolite, c'est encore mieux. Ainsi, l'artisan est toujours en quête de nouveautés qu'il pourra appliquer à des créations hors normes, comme les deux ascenseurs gainés de galuchat d'un nouveau palace à Monaco.
Tout est affaire de séduction et d'échange : il faut susciter le désir chez ses futurs clients et désirer créer pour eux.« L'objet exprime ce que je ressens au moment où je travaille la matière. Et je veux que cette création transmette une émotion à celui qui la verra, comme s'il était devant un tableau,explique-t-il.Dans le sur-mesure, je ne suis pas seulement intéressé à écouter le client et à réaliser ses désirs. J'ai aussi envie d'imprimer mon propre style. »
Nécessité économique
Pour lui, chaque rencontre est unique. Un lien se tisse, parfois amical mais toujours empreint d'un respect réciproque. La liste est longue des personnalités qui se succèdent chez lui. Liliane Bettencourt a été séduite par ses pochettes, François Pinault lui a commandé des classeurs pour sa collection de tableaux. Citons encore Benjamin de Rothschild, Olivier Dassault ou le sultan de Brunei. Jean-François Stévenin, amateur de ceintures, l'a même invité sur le tournage duPacte des loups...
La démarche de Serge Amoruso répond aussi à une nécessité économique. Entretenir une relation privilégiée avec le commanditaire et se surpasser sont essentiels pour s'imposer dans la maroquinerie, surtout quand on est seul :« On doit être meilleur que les autres, sinon on ne survit pas. J'ai construit ma légitimité sur la réactivité, sur l'inédit. Les gens passent la porte et me demandent ce que j'ai fait de nouveau cette semaine. Alors que chez une grande maison à la réputation légendaire, ils viennent plutôt acheter une valeur sûre. Si nous voulons exister, nous devons réaliser des objets avec des matériaux d'exception pour des clients d'exception. C'est prétentieux, mais complètement réaliste. »