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Médias

Le retour des coureurs de fond

18/12/2003

Les patrons des médias ont fait l'actualité tout au long de l'année 2003. Quelle est leur image auprès du marché ? Stratégies et Ipsos ont sondé les professionnels de la communication.

Parce qu'une année se mesure aussi aux hommes ou aux femmes qui l'ont marquée,Stratégiesa confié à Ipsos Médias le soin d'interroger des professionnels sur les patrons de médias qui ont fait l'actualité en 2003. Ce sondage, qui montre le leadership pris par Patrick Le Lay, le PDG de TF1, dans la communauté médiatique, n'est pas exempt de surprises. En saluant la vision d'un Patrick Le Lay ou d'un Jean-Paul Baudecroux (NRJ), les professionnels de la communication donnent la prime aux coureurs de fond sur les sprinters. Il ne suffit plus d'être un bon communicant et de séduire : il faut avoir fait ses preuves avec une histoire inscrite dans la durée et avoir du fond, à l'instar de Nicolas Beytout (Les Échos) ou de Jean-Marie Colombani (Le Monde). Que vous soyez encore novice dans les médias, comme Jean-René Fourtou (VU), ou sans histoire, à l'image de Stéphane Courbit (Endemol), et vous n'êtes pas dans l'air du temps de 2003.

Patrick Le Lay : Développement durable

L'année 2003 serait-elle celle de Patrick Le Lay ? L'homme peut croire, en tout cas, en sa bonne étoile... fût-elle filante. Notre sondage montre que le PDG du groupe TF1 est aujourd'hui très largement salué, notamment chez les publicitaires, pour sa vision stratégique et sa capacité à construire sur le long terme. Le patron recueille les fruits d'une action inscrite dans la durée, qui lui a notamment permis de résister aux sirènes d'Internet à une époque où la Bourse le regardait presque comme un homme du passé. En 2003, plusieurs facteurs ont contribué à installer son image de chef d'entreprise à la tête d'un groupe médias et non plus seulement d'une chaîne de télévision qui consolide, cette année encore, sa part de marché publicitaire (54,5 %). Après la prise de contrôle effective de TPS (à 66 %), le groupe TF1 s'est attaché à assurer son développement hors de ses frontières traditionnelles. À défaut d'investir en Allemagne dans ProSiebenSat1 - au grand soulagement de la Bourse -, il a pris 34 % du quotidien gratuitMetroen France pour 12 millions d'euros et s'est allié, pour 35 millions d'euros, à l'homme d'affaires franco-tunisien Tarak Ben Ammar afin de lancer, en Italie, Sport Italia.Enfin, il est partie prenante à 50/50 avec France Télévisions dans la future chaîne d'information internationale et s'attache à apparaître comme l'un des pionniers de la télévision sur ADSL grâce à un accord entre TPS et France Télécom. Seul critère sur lequel il est dépassé par les autres patrons de notre sondage : sa capacité à gérer sa communication.A.d.R.

Jean-Paul Baudecroux, La star de NRJ

En vingt-deux ans, Jean-Paul Baudecroux a porté NRJ sur le haut du podium. En effet, depuis novembre 2002, la station est sacrée première radio de France en audience cumulée par les enquêtes Médiamétrie. Derrière ses petites lunettes rondes, l'homme, qui fêtera ses cinquante-huit ans en mars prochain, a été visionnaire. Depuis longtemps, NRJ ne se résume plus à une seule station, mais est un groupe implanté dans huit pays européens, coté en Bourse, réunissant quatre réseaux nationaux et bientôt une télévision sur la future TNT. Le groupe s'est engagé dans une réorganisation interne qui, à terme, a pour objectif le développement de ses activités annexes, en particulier les événements et les produits dérivés, sur le même exemple que les groupes de télévision qui en tirent déjà plus d'un tiers de leur chiffre d'affaires. Sa capacité à construire sur le long terme est reconnue par 53 % des interviewés. Autre sujet de satisfaction pour Jean-Paul Baudecroux : une image de communicateur, relevée par 42 % des personnes interrogées. Sans doute plus par le fait que, outre Max Guazzini, son fidèle président du directoire, il est la seule personnalité connue de NRJ. Jean-Paul Baudecroux le rappelle à l'envi, sur NRJ, la seule star, c'est la musique. On pourrait ajouter : et lui.B.F.

Nicolas Beytout : DesÉchospositifs

Le directeur de la rédaction des Échos peut être satisfait. La refonte du quotidien économique et financier, le 15 septembre dernier, paraît bien accueillie. Au plan national, les ventes moyennes de la nouvelle formule sur les mois d'octobre et novembre ont progressé de 4,5% comparé à octobre et novembre 2002, affirme l'éditeur. Le résultat de trois ans de préparation, de réunions et de mises au point tous azimuts. Nicolas Beytout est dans le peloton de tête des personnalités distinguées par les professionnels. Ces derniers lui reconnaissent une vision stratégique et une capacité à construire sur le long terme. Récompense d'une longévité à son poste, qu'il occupe depuis de nombreuses années. Ils saluent aussi chez ce patron, qui règne sur une rédaction de plus de cent cinquante journalistes, des qualités de manager et de développeur d'entreprise. Enfin, ce chroniqueur à la télévision et à la radio arrive logiquement en troisième position des meilleurs communicants, après Jean-Paul Baudecroux et Serge July, et devant Patrick Le Lay. Avantage et inconvénient : Nicolas Beytout pâtit pour une bonne part de l'image de sérieux associé à un ton froid et une maquette longtemps grise desÉchos.Un côté austère en partie corrigé dans la nouvelle formule d'une des entreprises de presse les plus rentables de la place.M.B.

Jean-Marie colombani : L'amiral du Monde

Le patron du groupe Le Monde est globalement crédité - surtout auprès des annonceurs - d'une bonne vision stratégique et d'une capacité à construire sur le long terme... mais il peine à s'imposer en communication externe et interne. La recomposition de son groupe autour d'un ensemble comprenant à la fois un quotidien national, un régional (Midi libre) et des magazines est perçue comme une opération majeure d'édification d'un groupe de presse indépendant. Surtout, la prise de contrôle à 56 % des Publications de La Vie catholique (Télérama,La Vie,etc.) est saluée comme une magistrale entreprise de sauvetage financier duMonde, lequel affichait en 2002 une perte nette de 17,3 millions d'euros. En 2003, Jean-Marie Colombani est donc parvenu à réaliser son rêve d'appuyer son navire amiral, soumis aux aléas de la conjoncture économique, sur une flottille d'entreprises rentables. Le 1er janvier 2004, il procédera à la fusion des groupes Le Monde et PVC. Marie-Laure Sauty de Chalon, qui préside les régies du Monde, deTéléramaet duNouvel Observateur, est chargée de créer une offre publicitaire susceptible de faire le poids face à Publiprint (Socpresse). Reste à tenir compte de deux critères essentiels : la capacité à fédérer des équipes, point sur lequel Jean-Marie Colombani obtient le plus mauvais score de notre sondage, et l'aptitude à communiquer, où il apparaît aussi très en retrait. Visiblement, la gestion de la crise après la parution du livreLa Face cachée du Monde, de Pierre Péan et Philippe Cohen, a laissé des traces...A.d.R.

Jean-Pierre cottet : La preuve par cinq

À cinquante-sept ans, le directeur général de France 5 est l'homme qui monte. Sollicité par toutes les grandes chaînes - son nom a circulé pour prendre des responsabilités à Canal +, TF1 et France Télévisions -, Jean-Pierre Cottet s'est illustré en sortant feu la Cinquième de l'ombre. Les annonceurs saluent sa vision stratégique et sa capacité à construire sur le long terme. Nommé à la rentrée 2000 à la tête d'une chaîne qui, disait-il alors, le« faisait rêver »,il l'a totalement transformée. La nouvelle grille lancée en septembre 2001 a été déclinée pour la première fois sur 24 heures, tandis que la chaîne ne reste diffusée en hertzien que jusqu'à 19 heures sur un canal partagé avec Arte. Au menu : des rendez-vous forts, un prime time, la création de nouvelles cases et de nouvelles émissions. Deux ans plus tard, la recette s'avère gagnante. Entre janvier et novembre 2003, France 5 affiche une part d'audience moyenne de 6,3 %, contre 4,9 % un an plus tôt. La chaîne vient de rafler son troisième Sept d'or pour l'émissionLes Maternelles.Les annonceurs apprécient aussi sa capacité à fédérer autour de lui des équipes qu'il a habituées à travailler autrement en leur donnant plus d'autonomie.M.M.

Arnaud de Puyfontaine : En attendant la reconnaissance

Avec l'acquisition du groupe Excelsior (Science&Vie, Biba,etc.), Arnaud de Puyfontaine, PDG d'Emap France, s'est taillé sa place parmi les premiers acteurs de la presse magazine en France, derrière Hachette Filipacchi Médias et au coude-à-coude avec Prisma Presse. Il manque pourtant toujours au jeune patron de presse la reconnaissance du milieu. Contre toute évidence, les professionnels lui refusent une vision stratégique et une capacité à construire sur le long terme. Ils ne lui reconnaissent pas non plus la capacité à fédérer des équipes et encore moins celle de gérer la communication de son entreprise, critère sur lequel il décroche la plus mauvaise note de notre sondage. Question de style, peut-être. Dans l'Hexagone, le PDG d'Emap France apparaît certainement trop «anglais» et financier pour une presse française encore largement familiale et... franco-française.M.B.

Serge July : Les tribulations d'un patron de presse

Les tribulations deLibération,ditLibé,au cours de trente ans d'une existence mouvementée, pèsent sur l'image de son patron et créateur, Serge July. Car la personnalité du fondateur charismatique de quotidien est, elle, plébiscitée par les sondés. Il obtient le deuxième meilleur score concernant la capacité à gérer sa communication et celle de son entreprise, comme pour sa capacité à fédérer des équipes autour de lui. En revanche, le bât blesse nettement pour ce qui concerne la vision stratégique et la capacité du manager de presse à construire sur le long terme. Serge July porte sans aucun doute le poids des échecs passés et des crises financières qui secouent régulièrement le titre. Et pourtant, celui-ci dure. Serge July a fêté, en octobre 2003, les trente ans deLibérationavec une nouvelle formule et l'édition d'un imposant album anniversaire. Il doit autant à son équipe que son équipe lui doit.M.B.

Jean-René Fourtou : Vous avez dit Fourtou ?

C'est la surprise de ce sondage : les professionnels de la communication ne reconnaissent pas à Jean-René Fourtou le mérite d'avoir sauvé le groupe Vivendi Universal de la faillite. Les agences de publicité ainsi que celles des médias, notamment, sont très sévères avec le patron de VU qui a poursuivi son programme de désendettement, en 2003, en cédant à NBC ses activités Entertainment (USA Networks, Sci Fi, parcs à thèmes et Studios Universal) moyennant 20% du nouvel ensemble NBC Universal. Sur les neuf premiers mois de l'exercice, le groupe a ramené sa perte nette à 501 millions d'euros contre quelque 13,5 milliards d'euros un an plus tôt. Quant à Canal +, après un plan social drastique, il verra, en 2003, son résultat d'exploitation positif pour la première fois depuis 1996. Mais Jean-René Fourtou paie encore le désamour qu'a suscité l'ex-tant aimé J2M pour Vivendi Universal.A.d.R.

Stéphane Courbit : Le Big Brother du PAF

Son nom ne figure pas dans les génériques d'émissions, il n'accorde jamais d'interviews, confisque ses photos et soumet ses collaborateurs à la loi du silence. Stéphane Courbit, trente-huit ans, président d'Endemol France, est aussi secret que puissant dans le PAF dont il est le premier producteur avec près de 27 heures de programmes vendues chaque semaine aux chaînes hertziennes cette année, selonÉcran total.Après des débuts chez Coyote avec Christophe Dechavanne, il est devenu l'éminence grise d'Arthur. Avec lui, il fonde ASP en 1992, rachetée à 100 % en 2001, juste avant le lancement deLoft Storypar Endemol. Aujourd'hui, la société de production fédère une dizaine de filiales et Stéphane Courbit peut se permettre de botter en touche :« Je ne fais pas de télé, je signe des contrats. »M.M.

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