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La presse revue de près

19/02/2004

Avec la multiplication des sources d'information et l'internationalisation de leur activité, la revue de presse est devenue un véritable outil stratégique au sein des entreprises.

Il y a quinze ans, les sources d'information en continu se limitaient au fil AFP et à France Info. Aujourd'hui, on ne les compte plus. La problématique de l'information devient un véritable casse-tête pour les entreprises. La montée en puissance des métiers de la relation presse l'atteste : avoir la bonne info au bon moment est devenu un enjeu stratégique pour les directions. La revue de presse est désormais un outil indispensable pour informer chaque collaborateur sur son secteur d'activité, ses concurrents, la perception de son entreprise, etc. Mais avec la multiplication des sources d'information, établir une veille presse efficace s'est vite révélé particulièrement coûteux en temps et en argent. Seuls les organismes publics, les ministères - avec le Service d'information du gouvernement notamment-, les collectivités locales et les administrations la réalisent encore en interne.« Il y a dix-huit ans, c'était mon assistante qui découpait les journaux,explique Claude Sanchez, ancien directeur de l'information d'Arianespace.L'activité a été externalisée au milieu des années quatre-vingt, lorsque la masse à traiter est devenue trop importante. »

Tout va plus vite depuis le numérique

Les prestataires se sont donc multipliés pour conquérir ce marché oùL'Argus de la presserégnait en maître. Depuis cent vingt ans, le leader français est le roi du « clipping », la coupure papier sélectionnée sur mot-clé. Mais, pour nombre de ses clients, cette méthode, même si elle est de plus en plus numérisée, est devenue trop fastidieuse.

La revue de presse - on parle aussi de panorama de presse - intervient alors pour fournir une information plus qualifiée. Chez chacun des prestataires, des lecteurs et des chargés de dossier spécialisés sélectionnent chaque jour, sur chaque média, les articles qu'ils jugent les plus pertinents pour leurs clients.« Internet et le numérique en général ont bouleversé le métier et ont permis d'accélérer l'accès à l'information et sa diffusion, mais l'homme reste indispensable pour la sélection »,explique Thierry Delahaye, PDG de Presse +, deuxième prestataire français. De 2000 euros par an pour une petite structure à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour les grands comptes, le prix d'un panorama varie très fortement selon le prestataire, le nombre de mots-clés, de supports surveillés et d'alertes.

C'est une chose d'avoir accès à l'information, ç'en est une autre de la valoriser et de l'exploiter.« Le client veut de la valeur ajoutée. Les analyses et les études médias, qu'elles soient qualitatives ou quantitatives, font ainsi l'objet d'une demande croissante depuis deux ans »,explique Antoine Pressard, directeur commercial deL'Argus de la presse. Les entreprises accordent une importance accrue à l'analyse de leur image véhiculée par les médias.« Le secteur évolue vers un marché de prestataires multisupports et multiprestations »,indique Cyril Gouyette, directeur marketing de Vecteur Plus.

Le marché français, estimé à 70 millions d'euros pour l'année 2003, est encore très atomisé. Chaque prestataire a sa spécialité, le plurimédia pour Presse + et Press Index, le clipping pourL'Argus de la presseet TNS Sécodip, la presse régionale et locale pour Vecteur Plus... Et il existe beaucoup de petites structures très spécialisées, comme Winello dans l'agroalimentaire. La concentration paraît inévitable, notamment pour mutualiser les coûts et répondre aux exigences de plus en plus grandes des clients. On annonce d'ailleurs l'arrivée prochaine en France du numéro un mondial, le groupe Observer (245 millions d'euros de chiffre d'affaires), réputé pour sa politique de croissance externe agressive.« Nous sommes dans une phase de transition »,admet Cyril Gouyette.

Difficile gestion des droits

Mais loin de se soucier de l'avenir des prestataires, les entreprises s'inquiètent plutôt des questions juridiques relatives aux services auxquels elles souscrivent.« Le client préfère le numérique mais veut être en accord avec la loi,explique Antoine Pressard.Or il nous est pour l'instant impossible de lui offrir une garantie totale au niveau juridique. »Car là où il existe une loi pour les revues de presse papier, il n'y en a aucune pour leur version électronique. Le durcissement de la législation date de juin 2002, lorsque le Groupement des éditeurs de services en ligne (Geste), qui regroupe neuf éditeurs parmi lesquelsLe Monde,La Tribune,Libération,Les Échosou encore l'Agefi, a décidé de confier au Centre français d'exploitation du droit de copie (CFC) la gestion de ses droits numériques.

Aujourd'hui, le CFC travaille pour le compte de trois cents publications. Un portefeuille qui représente 40 à 60 % d'une revue de presse quotidienne. Mais, pour les éditeurs n'ayant pas confié leurs droits au CFC ou n'ayant pas exprimé officiellement leur souhait de ne pas voir leurs publications numérisées, les choses se compliquent. A priori, chaque entreprise ou prestataire devrait contacter individuellement tous les journaux cités n'ayant pas conclu d'accord avec le CFC. Ce qui, bien entendu, est loin d'être le cas.« Pour l'instant, tout le monde est plus ou moins dans l'illégalité »,admet Jean Lissarague, président de l'organisme. Les prestataires qui ont signé un contrat avec le CFC ont préféré opter pour la suppression pure et simple des publications non autorisées dans leurs panoramas électroniques. Des alertes ou des résumés se contentent de signaler la parution d'un article intéressant.« Il faut que les entreprises comprennent que mettre en place une revue de presse implique des contraintes techniques, mais aussi juridiques et financières »,insiste Thierry Delahaye (Presse+). Pour un panorama type diffusé quotidiennement, accessible sur cinq cents postes, il faut ainsi compter environ 30 000 euros par an pour les droits d'auteur. Et si les prestataires paient la première copie, il est difficile de contrôler les éventuelles reproductions réalisées au sein de l'entreprise ou en agence. De nombreux services de presse interrogés n'ont pas souhaité s'exprimer sur le sujet et admettent ne pas bien connaître leurs droits en la matière. Peut-être serait-il temps de s'y mettre : pour le délit de contrefaçon, le Code de la propriété intellectuelle prévoit des sanctions pouvant aller jusqu'à 150 000 euros d'amende et deux ans d'emprisonnement !

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