Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

COLLECTION

LA CRÉATION, TRIKITRIXA S'EN FA IT TOUT UN MONDE

08/04/2004

Du Bhoutan au Laos, du Radjastan au Mexique, en passant par Isparta, en Turquie, deux créateurs parcourent le monde comme des Tintin du xxie siècle.

Trikitrixa (prononcer « trikitricha ») est le nom d'une musique populaire basque. C'est aussi le nom de la marque créée par Diana et Georges. Ils se sont rencontrés en 1995. Elle est basque, il est anglais ; elle est styliste, il réalise des documentaires ethnographiques pour la chaîne de télévision Arte. Style et voyage font de suite bon ménage ! Ils décident de créer ensemble une ligne d'espadrilles en travaillant la soie, le velours et le tressage traditionnel. Les voilà partis à la rencontre d'un artisan tresseur de cordes perdu au milieu de La Rioja, en Espagne. Ils travaillent avec lui. Et lorsqu'ils présentent leur première collection, le succès est immédiat. Leur philosophie est alors née : « Débusquer dans des livres des savoir-faire oubliés, se dire qu'ils doivent encore exister et tout faire pour les retrouver, travailler avec ceux qui les possèdent et les faire connaître et reconnaître. » On ne peut que les croire quand ils affirment qu'hédonisme et curiosité sont leurs maîtres mots.

Des chaussons Alep à la rose

Désormais, le couple parcourt le monde, va à la rencontre des ethnies, redécouvre des tissages, des couleurs, des fibres... travaille avec les artisans pour sortir des collections de chaussures, de bijoux, d'écharpes... Lorsqu'on porte leurs créations, on se pare ainsi d'un imaginaire où chaque objet est rempli de magie, d'anecdotes et de récits de voyages...

En 2000, Diana et Georges lancent ainsi une collection de chaussons aromatiques, « La Route des épices ». Ils sont en soie du Bangladesh et leurs semelles renferment des épices ou des essences rapportées des quatre coins de la planète. Chaque paire de chaussons porte un nom se rapportant à l'arôme qu'il contient (Zanzibar et son clou de girofle, Aden et son arôme de café, Mogador et son thé à la menthe...) et possède sa propre histoire. Les chaussons Alep, par exemple, se nomment ainsi en référence à une légende : « La rose de Provins, "rosa damascena", première rose française, a été rapportée d'Alep par un croisé », explique le couple. Aussitôt la légende en main, Diana et Georges n'ont de cesse de retrouver cet arôme si particulier. Direction Isparta, en Turquie, où se trouvent désormais les meilleures productions d'huiles essentielles de rose. Une fois à Istanbul, ils parcourent plus de 1 000 kilomètres, en pleine nuit, sur des routes de montagne, affrontent un tremblement de terre, frôlent la catastrophe et arrivent finalement pour découvrir le spectacle unique des champs de roses au petit matin en plein coeur de l'Anatolie.

Le modèle Kyoto, quant à lui, fait référence au trésor impérial du temple de Nara. Au cours d'un voyage au Japon, Diana et Georges visitent ce temple, près de Kyoto. À l'intérieur, exposé au milieu de pièces en or magnifiques, trône un morceau de bois d'agar. Au-dessous, une inscription : « Offert par l'empereur d'Anam au VIIIe siècle. » Au Japon, cette essence est une aide à la méditation... Il n'en fallait pas moins à nos intrépides pour partir en direction du Laos où un ami les aide dans leur chasse au trésor. Comme par magie, après des recherches minutieuses, ils retrouvent le bois précieux dont la poudre est désormais enfermée dans la semelle de la pantoufle ! On comprend dorénavant qu'on n'enfile plus une simple paire de chaussons...

À la recherche des tisseurs de soie

Un jour, au cours d'un voyage à Florence, Georges découvre le costume d'un général de Gengis Khan dont la doublure en soie est somptueuse. Le rêve presque enfantin de retrouver cette soie germe aussitôt. Il ne tarde pas à faire le rapprochement avec la route de la soie. Au cours de l'été 2001, Diana et Georges partent pour la Chine à la recherche des tisseurs de soie.

Ils débarquent à Wulumuchi (Chine) puis, après 35 heures de bus à travers le désert, arrivent à Khotan. Ils y rencontrent enfin les deux derniers tisserands dont les ancêtres ont très probablement réalisé la doublure en soie vue à Florence. C'est là qu'ils découvrent l'écharpe ouïgoure au motif d'homme grenouille. Ils décident alors de travailler avec les tisserands et élaborent une collection d'écharpes aux dessins chamaniques, vendue à Paris(1).

Deux ans auparavant, Diana et Georges avaient décidé d'aller voir Laura Hernández, peintre mexicaine, à Oaxaca, sans autre idée que de passer des vacances... C'était sans compter sur leur curiosité concernant les différents tissages et teintures mexicains (wipil, murex...). Ils souhaitent alors rencontrer Chip Morris, l'auteur deLiving Maya,livre sur les techniques de tissage maya. Et partent pour San Cristóbal de las Casas où Chip leur montre une collection de tissus en plume de quetzal, brocard de laine, et autres wipil... Diana et Georges poussent plus avant leur recherche. Direction Palenque où ils se retrouvent enfin devant les légendaires Mayas. Cette rencontre n'a toujours pas donné de collection, juste une prise de contact, mais Trikitrixa ne désespère pas de travailler avec les Mayas, notamment pour faire fabriquer les chaussures anciennes que l'on peut voir gravées sur les pyramides.

Des jeans à base d'ortie

Toujours en quête de nouvelles destinations et de nouvelles aventures, Diana et Georges sont revenus en janvier dernier de Corée. Ils sont en train de développer avec Han Song, un créateur coréen, une ligne de jean 100 % rami (tissu à base d'ortie). Auparavant, ils étaient en Thaïlande où ils participent à un projet de collaboration avec des artisans locaux situés à la frontière birmane. La Fondation royale de Thaïlande a en effet racheté un espace de 500 km2 et construit des ateliers de tisserands, de potiers sur cette frontière.

Par les sens qu'ils exaltent, les produits Trikitrixa enchantent, séduisent et apportent à la création d'accessoires ou de design un air novateur. Le salon Maison et Objet ne s'y est d'ailleurs pas trompé puisque Trikitrixa a fait partie des six « jeunes talents » invités à exposer en janvier dernier.

(1) Notamment dans les boutiques Caravane, 6, rue Pavée, 75004 Paris et De vous à moi, 40, rue Dauphine, 75006 Paris.

Envoyer par mail un article

LA CRÉATION, TRIKITRIXA S'EN FA IT TOUT UN MONDE

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies