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« Face aux antipub, nous devons réagir »

22/04/2004

Nouvellement élu président de l'AACC, Hervé Brossard, PDG de DDB France, détaille son programme et ses ambitions pour la profession.

La publicité est l'un des rares secteurs économiques à ne pas donner de chiffres détaillés sur son activité. Ne pensez-vous pas que cela nuit à sa crédibilité ?

Hervé Brossard.Il y a deux ans aux États-Unis, suite à l'affaire Enron, la loi Sarbanes-Oxley a voulu donner une chance égale à tous les investisseurs par rapport aux informations financières fournies par les entreprises. Les contrôles qu'implique cette loi sont particulièrement contraignants. Le processus est en cours.

En somme, comparativement aux autres secteurs d'activité, la publicité partait de plus loin en matière de transparence...

H.B.Non. Les sociétés incriminées ces dernières années n'étaient pas vraiment des entreprises publicitaires. Simplement, notre industrie est peut-être un peu plus complexe que d'autres. Cette loi aura le mérite de crédibiliser notre profession. Mais que l'on arrête de nous montrer du doigt pour opacité financière, après nous avoir reproché de polluer le paysage ou de favoriser l'obésité, et je ne sais quoi encore...

Quelle est justement la réponse de la profession au mouvement antipub?

H.B.La mission de l'AACC sera de répondre à deux questions majeures : la reconnaissance et l'attractivité de notre métier. Or, ces dernières ont été mises à mal ces temps-ci, notamment par les récentes actions de bombage dans le métro. Je souhaite que nous menions une étude auprès des leaders d'opinion pour savoir quelle est leur perception de la publicité aujourd'hui. Il faut que nous réagissions. Depuis trop d'années, l'AACC laisse parler ses contradicteurs sans leur opposer son propre point de vue.

Comment va s'organiser la défense de la profession sous votre présidence ?

H.B.À mes côtés, chaque vice-président de l'AACC s'occupera directement d'un dossier précis (lire l'encadré) : la valorisation de notre métier, le retour de la création au sein de l'association, les relations avec les médias et les pouvoirs publics. Entre directives européennes, lois nationales et réglementations diverses, les sujets ne manquent pas. Nous devons être alertés et informés à temps.

Cette action de lobbying n'incombe-t-elle pas à Jacques Bille, vice-président délégué général de l'AACC ?

H.B.Jacques Bille a un travail de coordination à faire dans ce domaine comme dans les autres. Mais je pense que les hommes politiques et les décideurs publics en général ont envie d'avoir en face d'eux les personnes qui font ce métier. C'est vrai pour les affaires publiques, mais aussi pour nos relations avec les médias ou les étudiants. Une population vers laquelle je souhaite que nous nous tournions davantage.

Les étudiants n'ont-ils pas justement une image moins flatteuse de votre profession que par le passé ?

H.B.En période de crise, il est naturel de voir les jeunes diplômés privilégier la sécurité en allant vers de grands groupes, comme L'Oréal ou Procter&Gamble. Mais ce qui est inquiétant, c'est d'imaginer que le contexte actuel, plus critique vis-à-vis de la publicité, puisse nuire à l'attractivité de notre métier. En tant que professionnels de la communication, nous savons combien l'image est importante. Il n'y a qu'en France que l'on doute ainsi de notre métier.

Ce travail de « réhabilitation » de la profession suffira-t-il à permettre une meilleure valorisation de la rémunération des agences ?

H.B.Il est clair qu'après avoir amélioré l'image de la profession, il nous sera plus aisé d'appuyer nos demandes en matière de rémunération. La relation avec les annonceurs est fragilisée. Dans un contexte économique atone où les clients, eux-mêmes sous pression, tendent à faire baisser vos rémunérations alors que vos propres actionnaires vous demandent de faire mieux que l'année passée, vous risquez vite d'avoir de gros soucis. La responsabilité de l'AACC est de prévenir le marché avant qu'il ne soit trop tard.

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