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TÉLÉCHARGEMENT

MUSIQUE:QUI A PEUR DES NOUVELLES TECHNOLOGIES?

10/06/2004

À en croire les articles de plus en plus alarmistes qui fleurissent dans la presse depuis quelque temps, les progrès technologiques seraient en train de détruire l'industrie musicale. Mais à malin, malin et demi...

L'histoire d'amour entre la musique et la technologie - commencée au début du vingtième siècle, et qui a connu sa période la plus intense ces vingt dernières années - toucherait-elle à sa fin ? Pas selon David Guetta, longtemps visage des nuits parisiennes et aujourd'hui chantre d'une « house » qui fait des ravages dans les charts européens. Son deuxième album,Guetta Blaster,puise son inspiration dans les disques new wave et synthé-pop du début des années quatre-vingt.« C'est l'utilisation des dernières technologies de création et d'enregistrement qui fait toute la différence,explique-t-il dans son studio d'enregistrement plutôt dépouillé de la rue de Rivoli, à Paris.Sinon, ce serait simplement de la musique des années quatre-vingts. »

Au début des années quatre-vingt-dix, son comparse musical Joachim Garraud fut le premier en France à obtenir une licence pour l'utilisation de la « workstation » numérique Pro Tools de Digidesign, un logiciel d'enregistrement devenu depuis incontournable.« Généralement,poursuit David Guetta,ce sont les nouvelles technologies qui font évoluer la musique. Surtout dans la " dance music ". S'il n'y a pas le son, les gens ne dansent pas. »Même remarque de James Murphy, la moitié de DFA, les producteurs new-yorkais du moment :« Lorsque nous enregistrons nos groupes, nous tentons d'obtenir un son qui soit aussi moderne que possible. »Il suffit d'entendre une seule fois la chansonDance to the Undergroundde leurs poulains Radio 4 dans les publicités Coca-Cola pour apprécier à quel point une telle approche peut être efficace.

Pourtant, si les nouvelles technologies ont beaucoup apporté à la musique d'aujourd'hui, elles pourraient aussi signer son arrêt de mort. Car en musique, qui dit technologie dit surtout possibilités de diffusion non contrôlée par l'industrie. Si les ventes de disques ont chuté de 15 % en volume en 2003 (et de 20,3 % pour le premier trimestre de cette année), le téléchargement n'y est pas pour rien. Quand on sait que les Français téléchargent, grâce aux réseaux peer-to-peer (P2P), 16,4 millions de fichiers audio par jour, il y a de quoi se faire du souci, surtout si l'on compare à l'achat, sur la même période, de 400 000 disques, albums et singles confondus. Sans parler des déclarations récentes de David Bowie, suffisamment riche pour ne plus souffrir de l'érosion de la vente de ses disques, dansLibération-« Tirer un trait sur mes droits d'auteur ne me dérange pas »-, ou de celles de George Michael, qui dit vouloir distribuer ses prochaines oeuvres gratuitement sur Internet...

L'idole convertie au marketing

L'industrie réagit comme elle peut. Selon la campagne de communication actuelle du Syndicat national de l'édition phonographique (Snep), le téléchargeur risquerait jusqu'à trois ans de prison et 300 000 euros d'amende. Le message est clair : télécharger, c'est faire la nique à ses idoles.

Mais certains des intéressés se montrent plus doués que d'autres lorsqu'il s'agit de transformer les épines créées par les nouvelles technologies en opportunités marketing. David Bowie, encore lui, a décidé de profiter d'une nouvelle mode qui suscite des craintes chez les majors : le « mashing ». Cette pratique consiste à mélanger deux chansons qui n'ont a priori rien à voir l'une avec l'autre, et à distribuer ensuite le nouveau morceau librement sur Internet. L'exemple le plus connu est The GreyAlbum, du DJ Danger Mouse, un mélange audacieux du fameuxWhite Albumdes Beatles avec le plus récentBlack Albumdu rappeur Jay-Z. Encore un défi aux lois du copyright de l'industrie du disque ! David Bowie, devenu au fil des années un expert ès marketing, propose à ses fans un concours. Le gagnant sera celui qui mélangera avec le plus de talent deux chansons de son propre catalogue. Il gagnera une voiture de sport (une Audi TT Coupé 2004), offerte par le constructeur automobile allemand. Belle publicité en perspective !

Approche rétro-futuriste

Quelques acteurs de l'industrie musicale tentent d'être tout aussi malins. Les avancées technologiques ont beau faciliter le piratage, elles permettent également pour certains de brillants progrès en termes de distribution. Le label français Tigersushi s'est ainsi fait connaître en proposant des bizarreries musicales sur son site Web avant de sortir ses propres disques via les circuits de distribution classiques. Le dernier en date illustre parfaitement son approche « rétro-futuriste » :So young but so coldrassemble des enregistrements new wave et méconnus - mais annonciateurs de ce qui se fait aujourd'hui - de l'underground français des années 1977 à 1983.« Ce qui nous intéresse, ce n'est pas tant de savoir quand ou avec quel matériel un artiste a composé sa musique, mais si la musique et les sons qu'il a créés sont intéressants »,explique Charles Hagelsteen, manager du label. Le site, qui propose une mine d'informations sur divers courants pop et electro, ainsi qu'une « radio », demeure un salutaire exemple de la manière dont les nouvelles technologies peuvent être utilisées dans la création musicale et dans la diffusion.« Nous évoluons dans une économie mixte, entre le webzine et la maison de disques »,précise-t-il. Tigersushi expérimente actuellement un nouveau système de téléchargement, plus évolué et inspiré de celui du label anglais Warp Records - une référence - aussi bien dans la facilité d'utilisation que dans l'étendue de ce qui est proposé.« Des fichiers MP3 complets seront disponibles,poursuit notre label manager.L'internaute aura la possibilité d'en acheter certains. D'autres, en revanche, seront gratuits. »Un exemple à suivre ?

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