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CINÉMA

LE FILM QUI VALAIT DEUX CENTS DOLLARS

10/06/2004

C'est l'histoire d'un film monté pour 218,32 dollars. Tarnation, présenté le mois dernier à Cannes dans la Quinzaine des réalisateurs, pose les jalons de l'autoproduction.

Mon espoir, c'est qu'avec ces nouvelles petites caméras vidéo huit millimètres, des gens qui n'auraient pas pensé à faire du cinéma s'y mettent... Une petite fille boulotte de l'Ohio deviendra le nouveau Mozart... et tournera un chef-d'oeuvre avec la caméra de son père. Le " professionnalisme " du cinéma en sera détruit à jamais, et le cinéma deviendra un art. »Presque vingt-cinq ans après, la vision quasi prophétique de Francis Ford Coppola se réalise. Et c'est à la Mecque du cinéma d'art et d'essai, au festival hivernal de Sundance, en janvier dernier, que la critique américaine a pu s'enflammer pour le jeune réalisateur Jonathan Caouette. L'auteur-acteur, avec son film autobiographiqueTarnation,a relevé un double défi : tourner et monter un long métrage pour 218,32 dollars et se faire remarquer par Gus Van Sant. Pour le lauréat du dernier Festival de Cannes (avecElephant),« les gens ont supposé qu'un jour tourner un film serait aussi peu coûteux que d'écrire, et c'est aujourd'hui le cas. Pour le prix d'une machine à écrire, vous pouvez en faire un avec du son et le graver sur DVD. Les réalisateurs peuvent se mettre au travail maintenant. Plus d'excuse pour créer des films. »Et d'ajouter que celui de Jonathan Caouette représente ce qu'il rêvait de voir depuis les années soixante-dix. Emballés, Gus Van Sant mais aussi John Cameron Mitchell (Hedwig And The Angry Inch) ont proposé expressément au cinéaste new-yorkais de produire son film.

Monté avec un iMac

Tarnationrelève plus du documentaire que de la fiction. Tout commence en 2003, lorsque Jonathan apprend que sa mère Renée a fait une overdose de lithium. Il quitte alors l'appartement new-yorkais qu'il partage avec son petit ami David pour retourner dans l'enfer de son enfance, au Texas. Mais ce retour a un effet dévastateur. Le passé remonte à la surface : les électrochocs subis par sa mère, la drogue, le viol, la schizophrénie, les hôpitaux psychiatriques, mais aussi les idylles de sa jeunesse difficile. Le spectateur suit ainsi le cheminement douloureux de ce jeune homme qui lutte pour récupérer sa mère. Et pour cela, il livre son carnet intime, un collage de cent soixante heures de vidéo d'archives « home made » (Hi8, VHS) et de deux cents photos de famille. Pour la partie technique, le réalisateur trentenaire est allé au plus simple en utilisant ce qu'il avait« à portée de main ».Il s'est fait prêter un iMac et a utilisé, pour le montage vidéo, le logiciel installé par défaut sur l'ordinateur. Le documentaire ne se cantonnera pas à une diffusion « underground » puisqu'il a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes et que les droits mondiaux d'exploitation viennent d'être acquis par Wellsprings, distributeur notamment desÉgarésd'André Téchiné ou dePère, filsd'Alexander Sokurov.Tarnationpose ainsi les jalons de l'autoproduction. Outre le talent de l'auteur, il témoigne des possibilités infinies offertes par les outils numériques proposés au grand public et fera, à n'en pas douter, des émules. À vos caméras.

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