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Tamagoshi

PDA's party

10/06/2004

L'assistant personnel, ou PDA (pour Personal Digital Assistant), a ses vrais accros, des mordus de nouvelles technologies. Enquête.

Loloc est à l'heure. Pour rien au monde, il ne manquerait la « Fanny's party », organisée tous les mois en un lieu convivial à Paris. Le maître de cérémonie de cette sixième édition n'est autre que PDA France, un site Internet qui rassemble des passionnés d'assistants personnels sur des forums de discussion thématiques : nouveautés, tests, news, logiciels, mobilité, « sujets autres que les PDA »... Des pages et des pages de dialogues entre curieux et technophiles qui recherchent des astuces d'utilisation ou simplement une communauté qui leur ressemble. Internet permet de rapprocher les passions et les centres d'intérêts. Et il existe donc des passionnés des assistants personnels, ces machines froides, fonctionnelles, mais de plus en plus intelligentes, agréables à regarder et conviviales au point de tenir aujourd'hui davantage de l'ordinateur portable que du simple agenda électronique.

Ce soir, une centaine d'invités est attendue. Tous ont préparé leur soirée sur le forum. Cent pages de dialogues pour plaisanter, demander un covoiturage ou profiter de l'aubaine pour actualiser son matériel. Extrait :« Quelqu'un vient à la FP avec un laptop équipé d'un lecteur de carte MMC ? J'ai besoin de réparer une MMC à l'aide de ce programme : http://numea.com/free/mmcmedic.exe. Je sais, un lecteur de carte multi-formats, ça vaut 10 euros, mais ça n'est pour l'utiliser qu'une fois. Donc si vous venez avec un laptop, mettez-y ce petit logiciel et faites-moi un coucou. »Réponse immédiate :« J'aurai le TR2 avec un lecteur de cartes PCMCIA pour ta MMC ».Incompréhensible ? Normal. Moua, qui veut réparer sa « MMC », tout comme Pierre, qui l'aidera, sont des « geeks » (maniaques d'Internet), des mordus de PDA et de technologies, par opposition aux « newbe », les débutants qui en sont encore à remplir benoîtement un carnet d'adresses et à noter leurs rendez-vous. Soit une part infime de ce que l'on peut faire avec un assistant personnel.

Loloc, un fidèle, est arrivé dans les premiers. Parmi les geeks, il est au sommet. Look soigné, costume noir, petites lunettes rectangulaires posées sur un nez fin, il est venu avec plus de deux kilos de matériel entassé dans deux sacs à dos : un « Aibo », le chien robot « intelligent » de Sony, acheté plus de 1 500 euros il y a quelques jours seulement -« Il en existe deux cents en Europe »,précise-t-il -, sa Sony Ericsson Car-100 (100 euros), une voiture miniature que l'on peut piloter à partir de son téléphone Bluethooth Sony. Sans compter un Tablet PC, ses téléphones mobiles et ses deux PDA, l'un plus confortable pour regarder des photos ou des vidéos, l'autre plus ergonomique pour aller sur Internet. Il en change toutes les semaines, au gré de ses envies et des nouveautés. Très vite, Loloc est rejoint par Jaffar, un mordu lui aussi. Jaffar a également apporté son Aibo, plus récent et plus cher. Yaouank se faufile à son tour, puis Yeahman et Starseb, qui vient exprès de Marseille... Tous se sont déjà rencontrés lors d'une Fanny's party ou d'une autre réunion de ce type. Car il en existe partout en France, suivant un modèle importé des États-Unis : des fous de technologie qui commencent par faire connaissance sur Internet et qui, peu à peu, forment une communauté. Dans les soirées, tout le monde se reconnaît grâce à un badge où est inscrit le pseudonyme utilisé sur le forum. « Loloc », Loïc Acher de son vrai nom, a vingt-huit ans et est cadre supérieur chez IBM où il officie comme expert en sécurité informatique. Il se définit lui-même comme un malade, un « addict » tombé dans l'informatique tout petit. Son père, son frère, toute la famille se dope au binaire. Aujourd'hui, sa fille de trois ans commence à jouer avec l'Aibo. Surdoué (il avait trois ans d'avance à l'école), il consacre ses nuits et son argent aux dernières nouveautés, aux machines ou aux logiciels qui remplissent toujours plus de fonctions. Son budget ? 10 000 euros, en argent ou en matériel, qu'il ramène parfois du Japon où son métier le conduit plusieurs fois par an. Dans la communauté PDA, en effet, on troque et on recycle.

Les geeks comme Loloc et Jaffar sont quelques centaines en France à se disputer les dernières nouveautés et à débattre des grandes tendances du moment. Comme dans le monde informatique, il y a les inconditionnels de Windows, du géant Microsoft, qui a débarqué tardivement avec son propre système d'exploitation - la partie logicielle qui fait fonctionner la machine et ses différentes fonctionnalités - et les fans de Palm OS, l'un des précurseurs. Pocket PC contre Palm, un remake de Microsoft contre Apple. Les passionnés sont les véritables animateurs de ce marché, évalué à quelque 300 000 à 400 000 nouvelles pièces par an. Le parc de PDA serait compris entre 1 et 1,5 million d'unités. C'est peu, comparé aux secteurs de la téléphonie mobile ou de la micro-informatique.

Grands de l'électronique et petits nouveaux convoitent les lauriers du Palm

Les constructeurs et les revendeurs se branchent sur les forums avec les plus avertis des utilisateurs pour repérer les qualités et les défauts des appareils, et surtout anticiper les tendances qui feront basculer les PDA dans un marché de masse. D'ailleurs, régulièrement, quelques uns de ces fabricants sont invités aux Fanny's parties. Le must aujourd'hui : un PDA doté d'une connexion Bluetooth et qui peut également être relié à Internet via un réseau Wifi. Ce petit bijou communicant est réservé aux plus fortunés. Ou aux plus mordus.

Dans le grand public, les premiers PDA ont débarqué entre 1998 et 1999. Il était alors de bon ton d'afficher sa « branchitude ». Mais les ventes de PDA ont véritablement démarré en France début 2000. Après le pionnier Apple et son Newton en 1993, Psion et Palm ont ouvert la voie commerciale. Seule cette dernière marque américaine est passée à la postérité, puisqu'elle est devenue un nom commun comme Frigidaire. Les grands de l'électronique grand public, Toshiba, Hewlett Packard, Sony, Samsung, aux côtés des nouveaux comme Asus ou BlackBerry, veulent aujourd'hui leur part du gâteau. Les PDA, pensent-ils, se vendront un jour en millions d'unités. Mais pour l'heure, contrairement aux téléphones portables ou aux PC, qui touchent toutes les couches de la population et qui font partie de notre environnement quotidien, les assistants personnels sont encore très largement cantonnés à un usage professionnel. D'ailleurs, la moitié du marché est le fait d'entreprises qui équipent leurs armées de commerciaux ou de cadres. Ceux-ci peuvent ainsi agir et être informés en temps réel. Mais le quidam du métro, pour sa part, joue plus volontiers sur son mobile qu'avec son PDA. Et pour cause : le prix médian de ce type de matériel se situe autour de 300 euros. En d'autres termes, la moitié des appareils est vendue à un prix supérieur. Un peu cher pour le commun des mortels déjà connecté.

Qui sont donc les heureux veinards qui peuvent afficher un certain standing et surtout gérer leur vie numérique privée et professionnelle ? Ils sont représentatifs des habitués des Fanny's parties. Alors que l'on s'attendrait plutôt à rencontrer des jeunes gens ébouriffés, les yeux cernés par des nuits passées à bidouiller leurs machines, on retrouve une population de cadres de vingt-cinq à trente-cinq ans, voire plus, aux revenus déjà confortables, pères de famille pour certains. Ou alors des étudiants soutenus financièrement par leurs parents. Un micro-échantillon qui corrobore une enquête réalisée pour le compte d'un fabricant japonais. Ainsi, le détenteur d'un PDA est bel et bien majoritairement un homme âgé de vingt-cinq à trente-cinq ans, qui travaille dans l'univers de l'informatique, de la banque-assurance ou médical. Il est aussi étudiant. Son revenu mensuel net s'élève à 2 200 euros et ses centres d'intérêt tournent autour de la musique, du voyage et du tourisme en général. « C'est encore un marché de niche »,confirme avec une pointe de regret Sam Habbar, patron de la chaîne de distribution PalmShop, qui changera bientôt de nom pour devenir Technomad.« Le PDA,ajoute-t-il,est clairement un objet d'identification sociale que l'on achète encore rarement pour un seul usage privé. »En clair, l'acquisition d'un assistant personnel relève encore d'un achat informatique. Pourtant, tous les espoirs économiques sont permis pour cet objet intelligent et fonctionnel. Fanny, directrice artistique, s'est piquée au jeu de la techno au point de devenir l'une des animatrices de PDA France. C'est elle qui a donné leur nom aux soirées organisées par le site. Au départ, elle recherchait un appareil contenant des données personnelles et pouvant être transporté dans une poche. Le côté pratique de cet appareil et le design sont d'ailleurs les premiers critères d'achat. Mais le prix l'est aussi. Un obstacle que les constructeurs devront lever pour élargir la base de leur clientèle. Car aux quelque 300 euros à débourser pour obtenir un PDA confortable, il faut encore ajouter les nombreuses options qui l'accompagnent si l'on veut cerner au plus près ses besoins : ajout de mémoire, de carte graphique, de logiciels...

Premiers concurrents, les téléphones mobiles

De fait, les possibilités d'usage, privé ou professionnel, sont infinies. D'abord, cet appareil permet d'organiser sa vie pratique : prise de rendez-vous et notes que l'on peut griffonner rapidement pour les classer ensuite par dossiers, tâches à remplir... Un vrai métronome, doté d'une imposante mémoire. Ensuite, puisqu'il peut être synchronisé avec un ordinateur, il permet d'emporter son nécessaire de travail : des données (texte et tableur), mais également des mails avec pièces jointes. Des éditeurs sont entrés dans la partie en créant, par exemple, des méthodes d'apprentissage de langue adaptées aux PDA. L'assistant personnel communicant - ils le deviendront tous - permet de se connecter à Internet via un téléphone mobile ou un réseau Wifi et donc d'actualiser un ensemble de données. Les plus évolués sont même dotés d'un système de guidage par satellite GPS pour trouver son chemin dans n'importe quelle ville de France. Les plus ludiques joueront, permettront de visionner des photos prises avec le PDA ou un appareil numérique, ou encore des vidéos, avec une qualité d'image qui ne cesse de progresser.

Malgré ces atouts, les ventes de PDA progressent moins vite que prévu. Ceux-ci subissent en effet une concurrence inattendue, celle des fabricants de téléphones mobiles, qui lancent sur le marché les « smartphones », ces portables qui reprennent une grande partie des fonctionnalités de l'assistant personnel. Mais, jouant à la fois sur la communication vocale et les données, leur puissance est encore limitée. En tout cas, le débat est ouvert parmi les fabricants et au sein de la communauté. Smartphone ou PDA ? Pour Loloc, Jaffar et les autres, la question est déjà tranchée : ils auront les deux et plus encore si l'innovation est suffisante. Rendez-vous à la prochaine party, chez « Gégé », cette fois, en lointaine banlieue parisienne. Gégé travaille dans un McDo équipé d'un réseau Wifi.

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