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Journal

24 heures dans la blogosphère

10/06/2004

Les blogs sont partout, parlent de tout et provoquent une petite révolution dans les modes de consommation des contenus en ligne, sur le fond comme sur la forme. Tour d'horizon.

Qui es-tu, Belle de Jour ? Posté le 30.04.04 à 06:50

« Les gens que l'on a pris pour moi ne sont pas moi, et à tous ceux qui ont pâti d'une attention non désirée, je fais mes excuses. Quant aux autres, ceux qui l'on fait exprès : vous êtes devenus fous ? »Mais qu'est ce qu'elle raconte sur son site Web aujourd'hui ? On lui en veut, on la menace, que se passe-t-il ? Je m'inquiète, car comme une centaine de milliers d'autres avant moi, je suis devenu un inconditionnel de la prose électronique de cette jeune Anglaise de vingt-huit ans, trilingue et call-girl à plein temps. Depuis deux ans, elle raconte, décrit, détaille avec malice ses « aventures » professionnelles aux badauds du Réseau. Son truc à elle, c'est l'exhibitionnisme littéraire et ça plaît. À tel point que le quotidienThe Guardiana consacré son weblog meilleur blog 2003. Du coup, l'éditeur Weidenfeld et Nicholson s'est empressé de commander à l'auteur un recueil de ses frasques professionnelles, à paraître en décembre prochain. Évidemment, la presse a voulu savoir qui se cachait derrière le surnom de la mystérieuse diariste, Belle de Jour (belledejour-uk.blogspot.com). Mais l'auteur ne lèvera pas le masque, elle a prévenu, son éditeur restera muet. Alors, le quotidienThe Timesa engagé un détective littéraire pour dévoiler son identité. Une grosse pointure, le professeur Don Foster, qui a notamment travaillé sur les affaires Lewinsky et Unabomber. Il « google » tous azimuts, compare le style de Belle de Jour à celui d'un maximum d'autres e-auteurs. Puis il livre ses conclusions. D'après l'usage injustifié et répété de parenthèses et d'autres signes de ponctuation caractéristiques, il établit que la présumée prostituée britannique vivrait en fait à San Francisco, où elle exerce le métier de journaliste. Coup de théâtre le jour de la publication de l'enquête, l'éditeur du livre dément catégoriquement tout rapport entre la journaliste américaine et la « blogueuse » à succès. Mais la polémique enfle. Qui se cache donc derrière Belle de Jour ? Chacun y va de son avis, dans la presse écrite comme sur le Web. Les suspects sont nombreux, mais l'intéressée s'en amuse. Elle ouvre un second blog, sorte d'appel à témoignage où tout le monde peut confesser être la véritable Belle de Jour (iambelledejour.com). Et les candidats qui « débloguent » et souffrent de dédoublement de personnalité, à l'instar de la belle de Buñuel, sont légion. Quelques centaines.« Vous êtes devenus fous ? »On s'interroge...

What's a blog ? Posté le 30.04.04 à 12:30

Un blog (contraction de weblog) ou, pour sa version francisée, « joueb » (journal Web) n'est autre qu'une page Internet sur laquelle défilent billets d'information, commentaires personnels et chroniques du quotidien. Autrement dit, des sites Web au design simpliste voire austère qui, à l'usage (création, hébergement, mise à jour), ne requièrent aucune compétence technique, si ce n'est la maîtrise d'un logiciel de traitement de texte. Ce sont les successeurs des pages personnelles dont les outils et l'hébergement sont la plupart du temps gratuits. Le succès, qui fut immédiat il y a quatre ans aux États-Unis, commence à gagner l'Europe. Pour les experts, il y aurait à ce jour entre 2 millions (nitle.org) et 5 millions (perseusdevelopment.com) de blogs à travers le monde, dont 340 000 français (mediatic.blogspot.com). Il s'en crée un par minute. Des moteurs spécialisés, tels Daypop.com et Blogolist.com, les référencent et Google, vu l'ampleur du phénomène, prévoit une déclinaison de son moteur pour les identifier. À chaque sujet son blog. Des plus pragmatiques - comme Blogjob.net, qui recense les annonces d'emploi dans les secteurs médias et communication - aux plus renseignés, tel Drudgereport.com, à qui l'on doit les révélations sur l'affaire Monica Lewinsky. Le Forum économique mondial a également adopté ce format de communication (wef.typepad.com) pour rendre compte de son actualité. Il en est de même des médias traditionnels - duWall Street Journal(opinionjournal.com/best) àLibération(liberationwashington.type pad.com), en passant parLa Repubblica(repubblica.it/indici/rubriche/ blog.htm) - qui offrent à certains de leurs journalistes, souvent correspondants à l'étranger ou chroniqueurs renommés, un blog pour distiller scoops, bruits de couloirs et revues de presse du « meilleur du Web ». Le ton est plus familier que d'ordinaire et l'usage du « je », rarissime chez les journalistes, est ici de rigueur. Ils quittent le terrain pour jouer les aiguilleurs du Net, les trieurs d'information, les documentalistes publics à la manière duZappingde Canal + ou deBlobsur la RAI 3, le blog télévisuel du service public italien.

Blogger plumitif cherche mécènes. Posté le 30.04.04 à 15:36

Tiens, un confrère qui a trouvé un moyen d'exercer son métier en toute indépendance. Je vous le livre tel quel :« Je suis Christopher Allbritton, ancien reporter d'Associated Press et duNew York Daily News.En 2002, je suis allé au Kurdistan irakien, la partie nord en dehors du contrôle direct de Saddam, pour chercher des histoires (certains diront chercher des ennuis). En mars 2003, je suis revenu à temps pour la guerre [...] avec l'appui de milliers de lecteurs, j'ai réuni presque 15 000 dollars [...]».Aujourd'hui, le reporter-blogger indépendant, le premier à avoir couvert de l'intérieur le conflit irakien grâce au financement des internautes, fait de nouveau appel à la générosité des lecteurs. Il dispose déjà de 11 000 dollars pour financer son départ pour le Moyen-Orient le 16 mai prochain. Pour remercier ses « mécènes », le journaliste leur enverra par e-mail tous les rapports, articles et photographies qu'il réalisera sur place. Un service « premium » en quelque sorte, tandis que la version gratuite de son blog (back-to-iraq.com) ne proposera qu'une sélection réduite de reportages et de chroniques, à la manière de l'AFP ou de Reuters sur Yahoo. Une petite entreprise individuelle de presse où les lecteurs sont actionnaires et les frais structurels réduits à leur minimum : un seul employé, pas de frais d'impression, pas de supérieur hiérarchique. À méditer...

De blog en blog. Posté le 30.04.04 à 19:37

La semaine dernière, une directrice d'agence de communication et néanmoins amie me demandait comment faire pour effectuer une veille stratégique sur les blogs pour le compte d'un client.« S'il faut que je les épluche un par un tous les jours, c'est l'enfer. »À moins d'utiliser les outils appropriés : des agrégateurs de news. Souvent gratuits, comme RSSOwl (rssowl.org), ou en shareware (avec une période d'essai), comme NewsGator (newsgator.com), qui s'intègre directement à la messagerie Outlook, ces logiciels servent d'outil de veille. Ils vérifient à la demande la mise à jour d'une liste de blogs préalablement définie. Ils rapatrient le cas échéant les nouveautés sur le poste de l'utilisateur pour les visualiser d'un seul coup d'oeil. Ainsi, consulter des blogs devient aussi simple que de relever ses e-mails. Avec ce système, appelé « fil RSS », plus besoin de laisser ses coordonnées sur un site Web pour être tenu informé des nouveautés par mailing-list ou newsletter. On récupère anonymement et directement le contenu mis à jour. On se protège d'un double fléau, le marketing direct et son corollaire, le spam. Mais le fil RSS n'est pas réservé aux seuls blogs. Les éditeurs de presse en ligne, à l'instar de Cnet (cnet.com), de Yahoo (news.yahoo.com/rss) ou encore duMonde diplomatique(monde-diplomatique.fr/recents.xml), empruntent cette technologie pour distribuer leurs articles. On ne va plus à l'actualité, c'est l'actualité qui vient à nous. Le logiciel de lecture du fil RSS récupère les dépêches au fur et à mesure de leur publication. Un gain de temps évident et un bouleversement dans l'économie traditionnelle de l'édition en ligne, fondée jusqu'à présent sur le schéma : contenu contre adresse e-mail. Mécaniquement, la fréquentation des sites Web (blogs ou non) est donc destinée à se réduire et avec elle l'exposition des internautes à la publicité. La « bannière » perdra encore un peu plus de son efficacité. Reste donc à « réinventer la roue » pour rentabiliser les contenus électroniques distribués par fil RSS. Pas simple...

Blog et rentabilité. Posté le 30.04.04 à 23:29

Internet oblige, les portails d'hébergement de weblogs offraient jusqu'à présent aux internautes des solutions clés en main et surtout gratuites pour réaliser leurs carnets de route électroniques. Mais il est temps pour eux d'inverser la tendance et de rentabiliser un peu l'opération. Ainsi, des sociétés comme U-blog.net, qui héberge bon nombre de blogs français gratuitement, proposent aussi, moyennant paiement cette fois, un certain nombre de « services à valeur ajoutée ». Des services « tendance » : habillages colorés, outils d'archivage évolués, insertion de photos, webradio ou mise à jour à distance via un téléphone portable. Autrement dit, le blog première génération mute en « fotoblog », en « radioblog » (radioblogclub.com) ou encore en « moblog » pour les heureux possesseurs de téléphones MMS. Grâce à cette panoplie de services tous plus sophistiqués les uns que les autres, les éditeurs de « blog-iciels » espèrent trouver le chemin de la rentabilité. Car là comme ailleurs, la publicité ne nourrit pas son blogger. Les « bannières » cèdent la place au sponsoring de liens ou de contenu, mais sans grande efficacité. Quant à commercialiser les contenus eux-mêmes - qui sont après tout la matière première des blogs -, les intéressés refusent l'idée. En revanche, elle est en gestation dans l'esprit des « professionnels » de la presse, dont l'avenir pourrait passer par la vente de fils d'information au grand public. On s'abonnerait, par exemple, aux fils thématiques du quotidienLe Monde(Europe, Société, etc.) de la même manière queLe Mondes'abonne aujourd'hui aux fils professionnels de l'Agence France Presse. Aux États-Unis, où la presse plébiscite largement ce type de diffusion, Microsoft suit les tendances des cyberlecteurs. Son prochain système d'exploitation, Longhorn, intégrera donc un lecteur ad hoc (comprenez RSS) de série. L'avenir donnera alors peut-être raison aux auteurs d'un article - visionnaire ? - publié en 1997 dans la bible de la nouvelle économie, le mensuel américainWired,concernant l'avenir de la distribution des contenus sur Internet :« On dit qu'on surfe sur le Web. Nous ne faisons en réalité que jouer à la marelle en sautant d'un site à l'autre ou pire, nous nous perdons dans un dédale de documents sans rapport avec l'objet de notre recherche initiale. On ne pourra réellement parler de surf que lorsque l'information arrivera jusqu'à nous en déferlant sur nos écrans. »Et de conclure qu'il est grand temps pour les lecteurs du Web de dire« au revoir aux navigateurs Internet comme intermédiaire principal de consultation de l'information ».À bon entendeur...

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