
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Hôtels non standards
EXTRÊMEMENT VERT
Mon salon est une star
VASES COMMUNICANTS
Grandeurs et servitudes des maisons d'hôtes
UNE GALERIE SOUS SON TOIT
Lover story
MEUBLES POLYMORPHES
Vous avez un motif ?
Le monde enchanteur des catalogues
Esprit de contradiction
Au bohneur de la maison
LE PLASTIQUE REFAIT SURFACE
LES BONNES ODEURS DE LA MAISON
PRODUCTEUR AMBITIEUX
N'OUBLIEZ PAS LE SERVICE !
GRAPHISTE ÉPANOUIE
ESCALE TECHNIQUE
COMMERCIAL INSPIRÉ
02/09/2004 - Plongée dans l'économie d'une pièce indispensable au confort de la maison, mais injustement laissée dans l'ombre.
Leur surface médiatique est inversement proportionnelle à leur contribution à la langue française. Pour désigner les toilettes, les marins parleront des poulaines, les gens chics évoqueront les wa-wa, quand les jeunes filles demanderont où est le p'tit coin avec un sourire gêné. Mais, pour ce qui est de les mettre en valeur en photo, le problème reste entier. Les WC demeurent tabous. Ils ne mettent pas les créatifs à genoux (sauf en cas de problèmes gastriques). Et pourtant, cette pièce connaît, elle aussi, son lot d'innovations et de tendances.
Oubliée la cabane au fond du jardin ! Aujourd'hui, seuls 10 % des ménages de l'Hexagone ne sont pas équipés de WC à domicile, contre le double en 1992. Ce qui fait dire à Raymond Piquemal qu'« il s'agit essentiellement d'un marché de renouvellement et de rénovation ». Le responsable marketing et communication de Groupe SFA, qui produit des sanibroyeurs, se souvient du jackpot qu'a représenté la rénovation de la métropole lilloise, au début des années quatre-vingt-dix :« À l'époque, la plupart des logements étaient organisés en courées. Il fallait traverser la cour pour se rendre aux toilettes. »
Haut lieu culturel
Les Français commencent seulement à s'intéresser à leurs cabinets.« La grande tendance est aux produits offrant un gain de place. Pour installer un lave-linge, on supprime le bidet. Une idée qui choque les Italiens : ils ne peuvent imaginer des toilettes sans cet instrument indispensable à leur hygiène »,sourit Chantal Michelson, rédactrice en chef deRéponse Bains, le magazine des professionnels des sanitaires. Les industriels ont développé une offre de cuvettes sur bâti support, fixées à l'équerre. L'avantage ? Elles peuvent se loger dans un angle et occupent moins de surface au sol. Seulement, les artisans rechignent encore à les installer, faute d'information suffisante. Enfin, sous l'influence des hôtels et restaurants, le design a investi ce nouveau territoire. Avec comme résultat« des alliances de matières assez étonnantes comme le bois et l'inox »,s'enthousiasme Chantal Michelson. À suivre également : de retour du Japon, des distributeurs français souhaitent convertir leurs compatriotes aux lingettes nipponnes, plus confortables et plus propres que la cellulose proposée au kilo dans les hypermarchés...
Mais le principal gisement d'innovation pour les lieux d'aisance demeure leur consommation en eau. Surtout dans les régions où les nappes phréatiques sont souvent contaminées par des nitrates et autres substances.« Nos sanibroyeurs ne ponctionnent plus que trois à quatre litres d'eau par chasse contre quinze sur les plus vieux modèles. Cette économie se retrouve sur les factures »,insiste Raymond Piquemal.
Quant à savoir quel pays abrite les WC les plus sales et où se trouvent les plus belles, rendez-vous sur baignade-interdite.com, le site Internet qui recense et note toutes les « chiottes » du monde ! Un tour du monde hilarant.