
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Hôtels non standards
EXTRÊMEMENT VERT
Mon salon est une star
VASES COMMUNICANTS
Grandeurs et servitudes des maisons d'hôtes
UNE GALERIE SOUS SON TOIT
Lover story
MEUBLES POLYMORPHES
Vous avez un motif ?
Le monde enchanteur des catalogues
Esprit de contradiction
Au bohneur de la maison
LE PLASTIQUE REFAIT SURFACE
LES BONNES ODEURS DE LA MAISON
PRODUCTEUR AMBITIEUX
N'OUBLIEZ PAS LE SERVICE !
GRAPHISTE ÉPANOUIE
ESCALE TECHNIQUE
COMMERCIAL INSPIRÉ
02/09/2004 - Les sols en plastique vont-ils détrôner les sacro-saints parquets, moquettes ou carrelages ? La question n'est pas si bête. Ceux qui furent considérés comme des ersatz pour pièces humides regagnent leurs lettres de noblesse.
Alors que la moquette tombe en disgrâce, les revêtements de sol en plastique reviennent sous les feux de la rampe. Le bon vieux linoléum de nos grands-mères ou de la cantine a vécu. Métamorphosé, il refait surface.« On note un regain d'intérêt pour ces " matériaux de mémés " encore qualifiés de ringards il y a peu. Le consommateur redécouvre ce produit »,constate Vincent Grégoire, à la tête de la création du département art de vivre de l'agence Nelly Rodi. La quête d'un sol facile à entretenir et l'hygiénisme actuel expliquent en partie cette évolution. Mais c'est surtout à la créativité, notamment de jeunes designers, et aux progrès technologiques qu'il faut attribuer ce renouveau.
Fini le « Versailles du pauvre », avec son lot de pâles imitations, place aux choses sérieuses. Pas si sérieuses d'ailleurs : la création s'amuse en s'appuyant sur de nouveaux matériaux performants, tant aux niveaux acoustique et thermique qu'en termes de confort, d'épaisseur et de pose. Dans ce contexte, la création s'engouffre dans le train de la mode.« Auparavant, c'était la qualité du produit qui segmentait l'offre. Aujourd'hui, celle-ci s'organise autour des grands courants de la mode pour la maison. Le naturel, l'ethnique et le métissage en forment les grands axes »,souligne Yves Peltyn, directeur artistique chez Gerflor. Et les ténors du marché que sont Tarkett et Gerflor imitent sans complexe le matériau naturel.« La collection Optic, lancée cette année, met en scène un gaufrage reprenant l'apparence du bois. C'est à s'y méprendre. Une fois posé, l'effet trompe-l'oeil est fantastique »,explique Paul Salmon, directeur produit chez Tarkett.
La marque pousse même l'humour jusqu'à représenter sur ses sols, certes de façon plus originale que réaliste, de l'herbe, des galets ou bien encore le ciel. Dans ce domaine, Gerflor n'est pas en reste avec, entre autres, ses imitations de bois africains.« Nous privilégions les aspects matière, les effets de grainage, de sable ou de paille. Certains vernis un peu rugueux nous servent à imiter le carrelage. Et d'autres effets métalliques permettent de donner un aspect de béton ciré »,souligne Yves Peltyn.
Ces imitations n'excluent pas cependant les décors purement créatifs. Tarkett propose des designs issus du prêt-à-porter (collection Milan-Paris), tandis que Gerflor lance la collection Pop Art, aux coloris toniques et éclatants inspirés des années soixante, façon Andy Warhol. Bref, technique et création font preuve d'une complicité des plus sereines. Même Vénilia, le roi du rouleau adhésif, s'y met. Sa nouvelle collection, Softmétal, arbore effets métalliques et reliefs.
In fine, cette créativité rafraîchit l'image du produit. Surtout, elle décomplexe les jeunes générations, qui choisissent ces revêtements de sol délibérément et non plus parce qu'ils sont nettement moins chers que les parquets, carrelages et autres moquettes.