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ART

UNE GALERIE SOUS SON TOIT

02/09/2004

Par amour de l'art ou pour arrondir les fins de mois, des particuliers transforment leur logement en galerie, le temps d'une exposition. Ces initiatives de soutien à l'art contemporain ne bénéficient d'aucun soutien public.

Berndt Richter et Martine Camillieri, les propriétaires de La Périphérie, ont réussi leur pari : promouvoir de jeunes artistes sans quitter leur maison. Leur domicile est en effet devenu l'un des lieux phares de l'art contemporain en Île-de-France. Pour vivre de leur passion, ces deux anciens publicitaires (Eurocom pour lui et Lintas pour elle) ont créé une association, La Périphérie, alimentée par les cotisations de ses membres et une commission sur chaque oeuvre vendue. Et quand leurs murs n'accueillent pas des toiles, ils sont loués pour des séances de photos. Lorsqu'un magazine culinaire investit la cuisine pour photographier des recettes, c'est l'occasion rêvée de régaler des amis !

Se donner les moyens

« Nous avons toujours été entourés d'artistes. À la fin des années quatre-vingt, nous pensions même ouvrir une galerie d'art, mais la guerre du Golfe nous en a dissuadés »,explique Berndt. De fait, le succès de La Périphérie démarre sur un coup de coeur pour un ancien atelier de maroquinerie à Malakoff, en 1998.« Pour la pendaison de crémaillère, nous avons invité une bande de copains à admirer les tableaux de peintres que nous aimions. Ce fut une soirée très amusante : trois cents personnes ont répondu à l'appel. »Un succès qui incite à recommencer.« Dès le départ, nous avions décidé de ne pas faire comme les galeries traditionnelles. Nous voulions des expositions moins grandes, moins froides. Nous avons donc adopté une démarche sociale : recevoir des copains et passer un moment agréable avec eux. En novembre 1998, La Périphérie accueillait une centaine de personnes - apportant chacune une bouteille de vin - qui se sont livrées à un troc avec une demi-douzaine d'artistes ! »,s'amuse-t-il. Après quelques happenings autour de la création théâtrale ou vidéo, La Périphérie s'est recentrée sur son coeur de métier : le soutien à la peinture contemporaine.

Le succès de La Périphérie ne doit pas cacher les difficultés que rencontre cette forme d'art à domicile à Paris. En province, ces galeries temporaires connaissent un engouement certain. En revanche, toutes ou presque souffrent d'un manque de visibilité et de moyens. D'autant que le ministère de la Culture refuse d'aider ces initiatives entièrement privées, hormis en les référençant sur son site Web. Et même si des fonds régionaux d'art contemporain ou des entreprises acceptent de donner un coup de pouce, les possibilités de fonctionner en réseau se comptent sur les doigts d'une main. À Paris, seuls deux guides recensent ces initiatives de soutien à l'art contemporain :Itinéraire BisetParis-art.

Beaucoup de chefs d'entreprise ou de cadres supérieurs accueillent ainsi de jeunes artistes. Seulement, afin de ne pas éveiller la curiosité du fisc, et pour rester « entre soi », ils veillent avec la plus grande rigueur à ce que cela ne s'ébruite pas. Pour exposer heureux, exposons cachés ?

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