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L'e-commerce arrive à l'âge de raison

14/10/2004 - Oublié, ses débuts chaotiques et l'explosion de la bulle Internet ! Le commerce électronique fait aujourd'hui exploser les compteurs. Décryptage d'une authentique révolution.

Elles sont trois à cinq fois moins développées en France qu'aux États-Unis ou en Allemagne, mais, dopées par le haut débit, elles rattrapent leur retard : en quatre ans, les ventes en ligne ont vu leur chiffre d'affaires dans l'Hexagone multiplié par six. Cap historique, elles ont franchi la barre des 10 milliards d'euros en 2003. Cap psychologique, aussi : tous les indicateurs sont au vert, la clientèle se démocratise et le modèle économique est de plus en plus souvent validé par le franchissement du seuil de rentabilité. Un petit signe qui ne trompe pas : l'arobase du logo de la Fédération des entreprises de vente à distance (Fevad) qui entourait le « a » depuis quelques années enveloppe désormais les cinq lettres du sigle.

Le méfiance est tombée

Sept ans après sa timide arrivée dans les chaumières, Internet s'impose donc comme le média d'avenir. La population internaute compte 25 millions de connectés (contre 15 millions d'adeptes du Minitel avant l'arrivée de la Toile), dont 6,5 % en haut débit et 8 millions d'acheteurs en ligne.« Sept ans, c'est l'âge de raison,rappelle Henri de Maublanc, fondateur d'aquarelle.com, spécialiste de la vente de fleurs sur Internet, et président de l'Association pour le commerce et les services en ligne (Acsel).Le commerce en ligne représente déjà 3 à 3,5 % du commerce de détail. Et comme le nombre de cyberacheteurs augmente trois fois plus vite que le nombre d'internautes, l'e-commerce pourrait représenter 15 % du commerce global d'ici à quinze ans. »

Aux États-Unis, où la société d'études Emarketers table sur près de 70 % de cyberacheteurs en 2007, le chiffre d'affaires en ligne (hors enchères, voyages et billetteries) devrait passer de 72,5 à 121 milliards de dollars (soit de 58,6 à 97,8 milliards d'euros) à la même date. Les spécialistes du secteur y suivent à la loupe les développements de l'e-commerce. Redcats, numéro trois mondial de la vente à distance (PPR), qui réalise déjà 18 % de son chiffre d'affaires sur Internet, en a fait son laboratoire :« La plupart de nos idées sont testées aux États-Unis »,indique-t-on dans le groupe.

Moteurs de recherche plus performants, navigation plus aisée et adaptée à une cible jeune ou senior : les sites des pionniers n'en sont plus à leur première ébauche. Celui de voyages-sncf.com sortira sa onzième version d'ici à la fin du mois.« Trois ou quatre nouvelles versions sortent des cartons chaque année »,rappelle Rachel Picard, directrice marketing et ventes du leader du commerce en ligne en France. Très en pointe, la filiale de la SNCF ne cesse de travailler à l'amélioration des temps de réponse aux courriels entrants ou à l'ergonomie du « cheminement transactionnel », qui accompagne l'internaute depuis la détermination de son voyage jusqu'au paiement sécurisé en ligne. Sur ce point, la méfiance tombe. D'après le Journal du Net, le nombre de paiements réalisés par carte bancaire auprès des commerçants en ligne aurait ainsi

En savoir +

www.fevad.com

www.acsel.asso.fr

La déferlante gagne le textile, l'auto et les PA

Le décollage de l'e-commerce n'étant plus à confirmer, les efforts des professionnels se portent sur la valorisation d'une offre qui ne cesse de s'étoffer. Outre les secteurs pionniers du voyage, des produits culturels et du high-tech, la déferlante gagne le textile, l'automobile (3 % des cyberacheteurs déclarent ainsi avoir acheté une voiture neuve ou d'occasion sur Internet) et les petites annonces. Le merchandising en ligne est partout en plein essor. Issue des jeux vidéo, la 3D en temps réel fait par exemple son apparition dans les catalogues en ligne. « Les barrières psychologiques tombent, explique Bruno Vanhove, fondateur de VB2S, une agence basée à Roubaix qui fournit notamment des solutions 3D à La Redoute. Aujourd'hui abordable, ce genre de technique se généralise pour devenir un vrai outil d'aide à la décision. » Les magasins virtuels deviennent enfin une réalité.

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