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Jean-François Decaux : Toutes nos filiales étrangères sont profitables

04/09/1998

Jean-François Decaux, directeur général de Decaux International, dresse un panorama des activités du groupe hors de France. Il s'exprime aussi sur le rachat manqué de More Group.

Le groupe Decaux réalise plus de la moitié de son chiffre d'affaires hors de France. Toutes les filiales internationales sont-elles profitables? Jean-François Decaux. Oui. Les cash flows des différentes sociétés du groupe Jean-Claude Decaux à travers le monde sont comparables. Néanmoins, globalement, la marge d'exploitation de nos activités hors de France est moins élevée qu'en France où la plupart des amortissements sont achevés. Ceux qui affirment que Decaux subventionne ses activités internationales par ses profits en France profèrent une contre-vérité. Il est exact que notre position en France nous a permis d'investir beaucoup. Mais ces investissements ont largement bénéficié aux villes françaises(1). Quelles sont vos perspectives de développement dans les prochaines années? J.-F.D. Nous sommes leaders sur le marché du mobilier urbain. Ce n'est pas une raison pour rester inactif! La croissance externe est envisageable sur des marchés matures comme l'Allemagne et la Suisse. Mais à ma connaissance, ni le groupe Wall ni la société SGA ne sont à vendre. La seconde éventualité est celle de la croissance interne. Notamment en Amérique du Sud, en Asie-Pacifique ainsi qu'aux États-Unis où nous sommes implantés depuis 1991 et qui sont une priorité pour nous. Vous avez tenté de racheter le Britannique More Group au printemps dernier. Votre offre a été perçue comme purement défensive face à Clear Channel... J.-F.D. Ce n'était pas tout à fait le cas. Si nous avons pu lancer une contre-OPA très rapidement, c'est que nous étions nous-mêmes en train de préparer une offre sur More Group. J'avais établi dès 1995 un premier contact avec la direction générale de More Group pour lui proposer un partenariat. Mais nous n'étions pas parvenus à nous entendre. Vous avez donc été pris de vitesse? J.-F.D. Absolument. Notre timing était lié à l'appel d'offres en cours à New York pour le marché du mobilier urbain. Nous avions fait le calcul suivant: si les rumeurs se confirmaient, que notre offre était la mieux placée et que nous avions gagné ce contrat, cela aurait un impact négatif sur le cours de Bourse de More Group - candidat, lui aussi, à New York - et donc sur le prix d'achat de cette entreprise. Chez nous, tout était prêt pour cette OPA. Nous avions d'ailleurs déjà eu un certain nombre de discussions informelles avec les autorités de la concurrence anglaises. Quels ont été les résultats de ces conversations? J.-F.D. Elles remontent en réalité à l'année 1994. J'avais déposé une plainte contre des pratiques anti-concurrentielles de More Group sur le marché anglais. Ma plainte a été rejetée. On m'avait expliqué à l'époque que seul le marché de la publicité extérieure dans son ensemble devait être pris en compte, et pas le segment de la publicité sur les abris d'autobus. Cette analyse de l'Office of Fair Trading a été confirmée deux ans plus tard lors du rachat de Bus Pack par le groupe américain TDI. Quand je suis retourné voir l'OFT pour préparer mon offre sur More Group, son analyse n'avait pas changé. Or, l'OFT a finalement pris une position contraire et estimé que l'ensemble Decaux-More Group dépasserait très largement le seuil autorisé. Comment expliquez-vous ce revirement? J.-F.D. Difficile à dire. L'Office of Fair Trading a finalement estimé qu'il existait un marché séparé et spécifique de fourniture de mobilier aux municipalités, financé par la publicité. Celui-ci n'avait été pris en compte dans ses analyses antérieures. Pourtant, en 1995, il existait déjà 25000 faces de 2mètres carrés en Angleterre. Donc, ce fameux marché spécifique, qui est de 35000 faces aujourd'hui, existait déjà! Je pense aussi que l'OFT a été influencé par la campagne de presse orchestrée par Clear Channel et More Group. Par ailleurs, il est clair que Roger Parry préférait être racheté par un Américain que par une entreprise française. En cas de succès de votre offre sur More Group, vous auriez introduit le nouvel ensemble en Bourse. Cet objectif est-il maintenu? J.-F.D. L'introduction en Bourse reste une option pour nous, mais elle est un peu moins d'actualité et moins pressante aujourd'hui car notre endettement est très faible. Une société à 100% familiale présente des avantages. Cela évite d'être soumis à la pression des investisseurs qui ont une optique de court terme. Cela peut aussi nous permettre de passer des accords avec des partenaires. Notre marge de manoeuvre est très grande. On peut imaginer ouvrir notre capital à hauteur de 49% sans céder le contrôle de l'entreprise. (1) Dans une décision en date du 7juillet 1998, le Conseil de la concurrence a enjoint au groupe Decaux de renoncer à certaines clauses dans les contrats conclus avec les collectivités. L'instance estime que les pratiques de Decaux caractérisent «une exploitation abusive» de la «position dominante» qu'occupe le groupe sur le marché du mobilier urbain.

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