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Profession manageuse

17/03/2005

Plus à l'écoute et moins en recherche de pouvoir que leurs homologues masculins, les femmes cadres gagnent leurs lettres de noblesse dans l'entreprise. Pourtant, la misogynie a la vie dure.

Entre réussite professionnelle et vie de famille, Sandrine Agostino, trente ans, ne choisit pas. Cette mère d'un garçon de quinze mois est la seule femme parmi les chefs des ventes de la division marketing de la société Ajilon.« Pas question de singer mes homologues masculins. Plus affective, j'ai simplement dû faire mes preuves. Aujourd'hui, le directeur commercial me présente comme un modèle à suivre »,raconte cette manageuse, qui affiche les meilleures ventes depuis trois ans. D'autres femmes avaient ouvert la voie dans le marketing ou la communication. Comme Mercedes Erra, présidente d'Euro RSCG France et de l'agence Euro RSCG BETC, mère de cinq enfants dont elle s'occupe avec l'appui de son compagnon. Un zeste d'intuition, une pincée de sensibilité et une bonne dose d'écoute, le management au féminin fait recette. Encore faut-il pouvoir l'exprimer dans l'entreprise, bastion du pouvoir masculin.

« La différence entre les sexes se retrouve forcément dans la manière d'encadrer les équipes »,observe Constance Benqué, ex-assistante parlementaire passée à la direction de la publicité deL'Expansion,deCapital,puis duNouvel Observateuravant de prendre les commandes de Lagardère Active Publicité.« Au début, j'ai imité les hommes pour me rendre plus dure. L'expérience et la confiance aidant, j'ai adouci mon leadership. Je manage comme une mère défend ses petits »,confie cette femme de quarante-quatre ans qui gère trois cent cinquante salariés et élève deux filles, de 12 et 14 ans. Pour Sylvia Vitale Rotta, cinquante ans, patronne de l'agence de design Team créatif, qui jongle entre deux filles, un mari et un effectif de cent sept salariés (dont deux tiers de femmes),« une femme opte davantage pour les projets communs et a tendance à moins tirer la couverture à elle ».L'enquête réalisée début 2005 par l'association Grandes Écoles au féminin (GEF) l'atteste : 78 % des deux mille sept cents femmes cadres supérieures et dirigeantes interrogées privilégient la passion du métier et la qualité des relations professionnelles à la reconnaissance de la hiérarchie. Si l'on en croit l'institut américain Catalyst, les entreprises ont tout à gagner à confier des responsabilités aux femmes. Une étude récente avance en effet que parmi les trois cent cinquante-trois entreprises du Fortune 500, celles où les femmes sont nombreuses dans le top management affichent un retour sur investissement de 35 % supérieur aux autres. Les actionnaires du groupe HP, qui viennent de « virer » Carly Fiorina de son poste de PDG, n'en sont sans doute pas convaincus...

Des cycles de carrière différents

Dans l'Hexagone, la touche féminine peine à s'affirmer. Depuis 1990, la part des femmes dans l'encadrement des entreprises privées n'a décollé que de 19 % à 24 % environ, selon l'Insee (30 % secteur public inclus, selon une récente étude de l'Apec). Leur salaire reste en moyenne inférieur d'un tiers à celui des hommes, alors que leur niveau d'étude est similaire. Même dans le milieu très féminisé de la publicité, les « patronnes » se comptent sur les doigts d'une main.« Les entreprises sont régies par les règles implicites des hommes »,pointe Catherine Michaud, quarante-deux ans, présidente du pôle Communication du groupe HighCo. Mère de trois enfants, elle n'a jamais pris de congé maternité. Difficile aussi d'afficher son autorité face aux hommes.« Une femme en colère est une hystérique alors qu'un homme énervé est un chef courageux »,rappelle Fabienne Servan-Schreiber, patronne de Ciné-tévé. La misogynie a la vie dure ! Les manageuses sont-elles, en revanche, moins disponibles et mobiles que les hommes ? Selon l'étude de GEF, 88 % travaillent à plein temps et 71 % effectuent régulièrement des déplacements professionnels.« Elles ont des cycles de carrière différents. À trente ans, elles prennent du recul pour avoir leur premier enfant. Mais, après, le schéma traditionnel les pénalise puisqu'il exige une progression permanente et linéaire »,souligne Marie-Claude Peyrache, cinquante-six ans, ancienne directrice de la communication de France Télécom et mère de trois enfants. D'autant que, selon la coach Annie Cattan,« elles attendent souvent que la hiérarchie leur propose une promotion, face à des hommes bien plus stratèges. Une femme qui accepte d'être le seul cadre à ne bénéficier ni d'une voiture de fonction ni d'une secrétaire se dévalorise aux yeux de ses homologues masculins, qui n'accepteraient jamais de rogner sur leurs signes extérieurs de pouvoir. »La solution ?« Apprendre à gérer son image »,conseille cette directrice du cabinet Pragmaty. Pas facile pourtant de faire entendre sa voix quand seulement 6 % des membres des comités de direction français sont des femmes. D'ailleurs, aucune société du CAC 40 ne compte de pédégère. L'été prochain, l'entrée en Bourse d'Areva, dont Anne Lauvergeon tient les rênes, devrait laver l'affront.

En savoir +

>www.apec.fr

>www.catalystwomen.org

>www.grandesecolesaufeminin.net

>www.insee.fr

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