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« Un partenariat n'est pas seulement financier »

24/03/2005

Championne du monde du relais 4x100 mètres, Christine Arron estime que le sponsoring est un passage obligé pour les sportifs. Elle en attend plus qu'une simple dimension financière.

À la signature de votre partenariat avec Asics, vous avez indiqué que vous quittiez Reebok car ils ne vous avaient pas assez« utilisée ». Que vouliez-vous dire ?

Christine Arron.Quand on est en partenariat avec un sponsor, on attend de lui qu'il nous mette en avant à travers sa communication. C'est une façon de nous utiliser. Un rapport doit exister entre les deux parties. Un sportif ne signe pas ce type de contrat uniquement pour porter une marque. C'est aussi dans l'objectif de participer à son évolution et de mettre en avant sa propre image.

Reebok n'a donc pas suffisamment communiqué avec vous ?

C.A.Il n'y a pas eu que cela, mais je ne veux pas entrer dans les détails. Un partenariat, c'est une communication entre un sponsor et un sportif. Nous devons bien comprendre les attentes des annonceurs, mais nous attendons aussi certains services en retour.

Faites-vous une différence entre un sponsor et un partenaire ?

C.A.Selon moi, un partenaire, c'est un soutien. Il doit me suivre de près et nous devons avoir des relations un peu plus fines, dans les bons comme dans les mauvais moments. Dans le mot « partenaire », j'inclus une dimension humaine. Enfin, un partenariat c'est aussi une relation sur le long terme. Il est impossible d'établir de vraies relations en un an ou deux.

Pour vous, l'aspect humain est donc plus important que le volet financier ?

C.A.Même si, au départ, un soutien est toujours financier, la dimension humaine est primordiale.

C'est-à-dire que vous ne voulez pas être considérée comme un simple support publicitaire ?

C.A.De toute façon, et malheureusement, nous sommes des produits. Il faut essayer d'ajouter une dimension humaine. Dans le principe, on associe notre marque à d'autres, Asics et Minute Maid en ce qui me concerne.

Comment choisissez-vous d'accepter ou non des marques ?

C.A.En athlétisme, ce n'est pas aussi facile que cela ! Il y a des sports plus demandés, comme le football. Certains annonceurs s'adressent quand même à nous, grâce au travail de notre agent, Souad Rochdi, chez France athlétisme communication. Mais honnêtement, je ne peux pas dire qu'il y a une multitude d'offres ! C'est sûr qu'avec un titre mondial ou olympique individuel, cela serait différent.

Vous voulez dire que vous pensez à vos futurs contrats publicitaires quand vous courez ?

C.A.Non, je n'y pense pas au moment de la course ! Mais, d'un autre côté, c'est mon travail. Je vis grâce aux sponsors. Ainsi, quand je ne marche pas pendant une saison, j'estime qu'il y a aussi un manque à gagner. Si j'avais été championne olympique du 100 mètres, j'aurais certainement eu plus de sponsors. C'est évident.

Pourriez-vous accepter de travailler avec n'importe quel annonceur ?

C.A.Cela dépend de son secteur d'activité. Il doit être en adéquation avec ce que je suis. Il me serait difficile de faire de la publicité pour des matériaux de construction, par exemple. En revanche, c'est vrai, j'aimerais bien avoir un partenaire dans le domaine des cosmétiques ou de la beauté.

Quelles sont les limites de l'utilisation de votre image ?

C.A.J'ai eu des propositions de photos disons... suggestives ! J'ai trouvé que par rapport au type de sponsor qui le demandait, cela n'avait pas lieu d'être. Et ne me correspondait pas du tout.

Les annonceurs sont friands d'opérations de relations publiques avec les sportifs qu'ils parrainent. N'en demandent-ils pas trop ?

C.A.Non, généralement ils comprennent que nous ne pouvons pas toujours être libres. Ils savent que l'objectif final, c'est tout de même le résultat sportif. Et, si je suis trop sollicitée, les performances ne suivent pas.

Vous voyagez beaucoup. La France vous semble-t-elle en retard en matière de sponsoring sportif ?

C.A.Non, rien ne m'a laissé entrevoir que nous puissions être en retard. À l'époque où je m'entraînais aux États-Unis, mis à part Maurice Greene qui faisait des publicités pour des céréales, aucun autre athlète ne semblait avoir des sponsors à côté.

Le sponsoring est-il aujourd'hui un passage obligé pour un sportif ?

C.A.Oui. Mais, je le répète, c'est aussi une façon de se faire connaître, d'augmenter sa notoriété... et aussi de vivre.

Quand avez-vous pris conscience du business qui entourait le sport professionnel ?

C.A.Rapidement. J'ai aussi la chance d'avoir fait un peu de marketing à l'école. Cela m'est utile, notamment dans les relations avec les journalistes. J'ai su piocher des petites choses dans tout ce que j'ai appris. Cela se concrétise dans ma vie d'athlète de haut niveau.

Connaissez-vous votre « valeur commerciale » ?

C.A.Non (rires). Elle varie en fonction du contrat demandé, du secteur de l'annonceur ou de la durée. En fait, avec l'habitude, j'arrive quand même à l'estimer un peu.

Pensez-vous être également ambassadrice de l'athlétisme ?

C.A.Oui, et c'est important de mettre son sport en avant grâce à ses sponsors. Mais l'athlétisme reste un sport amateur. Personnellement, je n'ai pas le statut de sportif professionnel : je suis travailleur indépendant. Cela pose quelques problèmes administratifs, notamment au niveau du chômage et de la retraite.

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