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LA PUBLICITÉ SOUS CONTRÔLE

31/03/2005

La pression des autorités algériennes sur les journaux d'opposition a encore monté d'un cran. Il y a quelques mois, le gouvernement d'Abdelaziz Bouteflika a en effet accordé un monopole à l'Agence nationale d'édition et de publicité (Anep) pour gérer les budgets presse des administrations et entreprises publiques. Autrement dit, ces dernières ne peuvent plus choisir librement le support dans lequel diffuser leurs messages. Surtout, les journaux un tant soit peu contestataires, à l'instar d'« El Watan » ou de « Liberté », sont privés de la manne financière que représentent ces gros annonceurs locaux. « Ce retour au monopole du marché publicitaire public vise clairement à asphyxier les médias qui refusent de porter la bonne parole du Président et de ses acolytes. Car il ne faut pas se leurrer. Dans un pays comme l'Algérie, l'État reste l'un des plus gros annonceurs », déplore un journaliste soucieux de conserver l'anonymat.

Heureusement, la bonne santé économique du pays, qui affiche une croissance de 5,5 % du PIB en 2004, attire les investisseurs étrangers. Dans un numéro d'« El Watan », l'un des principaux quotidiens francophones du pays, qui tire à près de 100 000 exemplaires, il est fréquent de trouver des publicités signées du français Aston, « architecte de la relation Internet », ou du constructeur automobile japonais Mitsubishi. Le groupe d'hôtellerie Accor ne tardera sans doute pas à vanter dans la presse le confort des trente-six hôtels Ibis qu'il envisage de construire prochainement...

« Depuis deux ans, on assiste en Algérie à une explosion des annonceurs étrangers. Les multinationales, telles que Danone ou Nestlé, sont très présentes dans la presse nationale, confirme Sofia Djama, chef de publicité pour l'agence Mc Cann. C'est en partie grâce à elles que les journaux parviennent à tirer leur épingle du jeu. Le seul problème est que la stratégie médias de ces grands groupes est définie par zone. Ainsi, elle sera identique pour le Maroc, la Tunisie et l'Algérie, alors que chacun de ces pays connaît des modes de consommation spécifiques. »

En attendant que les entreprises étrangères peaufinent leur communication locale, les journaux algériens peuvent se réjouir d'avoir encore les moyens de sortir en kiosque. À moins que l'État ne continue à user d'une autre arme imparable : la répression des journalistes... Alexandra Rey

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