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« La faculté d'innover est la clé du succès »

28/04/2005

Les soixante-huit maisons de luxe et de création du Comité Colbert vont participer au Printemps de l'innovation, du 21 au 29 mai. Car l'innovation est un élément constitutif du luxe, comme l'explique Élisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert.

Pourquoi le Comité Colbert a-t-il souhaité rejoindre le Printemps de l'innovation ?

Élisabeth Ponsolle des Portes.Lorsqu'on évoque l'innovation, on ne pense pas spontanément au luxe. Cela nous a paru injuste ! Elle est très valorisée dans le secteur technologique, mais on oublie un peu ce que l'OCDE appelle l'innovation non technologique, celle qui n'est pas liée au lancement d'un bien ou d'un service technologiquement nouveau. Autrement dit, nous la concevons comme l'ensemble des outils techniques et méthodologiques liés à la conception des produits, à l'organisation des entreprises, à la prise en compte du facteur humain, à une création « anthropocentrée ».

Et en quoi cela concerne-t-il le luxe ?

É.-P. des P.Historiquement, les entreprises du luxe sont des PME qui se sont créées autour d'une innovation. Aujourd'hui encore, le luxe n'est pas un conservatoire du savoir-faire mais un processus d'innovation continuelle transmis via les jeunes générations. Dans le luxe, il faut sans cesse surprendre, anticiper, se renouveler, trouver de nouveaux matériaux, de nouveaux usages. Et cette capacité est la clé du succès et de la pérennité.

Vous avez des exemples ?

É.-P. des P.L'aventure de la cristallerie Saint-Louis, qui commence plus de deux siècles après la création de la maison en tant que verrerie, parce qu'elle a mis au point pour la première fois en France la fabrication du cristal au plomb. Ou mademoiselle Chanel, qui a révolutionné la mode féminine en ayant l'idée d'utiliser du jersey. Ou encore Émile Hermès, au départ spécialisé dans la sellerie et le harnachement des chevaux, qui importe en France les fermetures à glissière utilisées au Canada pour les capotes de voitures et les applique aux sacs.

L'innovation est-elle possible dans tous les secteurs ?

É.-P. des P.En tout cas, elle survient souvent là où on ne l'attend pas. Après un an de recherches, Louis Vuitton a imaginé les premières lunettes qui flottent dans l'eau grâce à un composant gardé secret. Hermès a créé sa mallette Espace avec de la fibre de carbone directement issue de l'aéronautique et de la recherche spatiale. Le directeur du bar du Plaza Athénée, Thierry Hernandez, a inventé un procédé permettant de geler l'alcool pour créer des cocktails solides et translucides, des « Fashion's Ice », à déguster comme des bâtonnets glacés. Le joaillier Mellerio va lancer une nouvelle taille de diamant. Et le créateur de tissus d'ameublement Pierre Frey a repris une fibre polyester antifeu autrefois utilisée dans l'aviation et maintenant diffusée dans l'hôtellerie et les hôpitaux.

Aujourd'hui, les innovations technologiques ne sont-elles pas d'abord motivées par la volonté de se développer à l'international ?

É.-P. des P.Le luxe français a un taux d'exportation de 82 %. Ce qui implique d'innover pour s'adapter à d'autres besoins. C'est par exemple le cas de Chanel, qui a mis au point dans son centre de recherche de Tokyo la gamme Blanc extrême vendue en Asie, où la blancheur du teint est signe de noblesse et de luxe. Ou de Lacoste, qui a créé le polo piqué stretch spécialement pour les États-Unis. Ou encore de Lenôtre, qui a revisité sa recette du Paris-Brest en Paris-Doha au Qatar et Paris-Riyad en Arabie saoudite...

Vous dites que, dans le luxe, être précurseur passe aussi par le développement durable...

É.-P. des P.Absolument. Hermès, par exemple, a développé pour l'impression textile un logiciel destiné à économiser les couleurs et diminuer les rejets dans l'environnement. Les maisons du groupe LVMH ont désormais un cahier de tendances, lui-même « éco-conçu », qui présente des matériaux comme le chanvre, le coton biologique ou les teintures naturelles. Et, dans le domaine du vin, Lafitte-Rothschild a été le premier grand château à créer un poste d'ingénieur recherche et développement pour supprimer les traitements insecticides et permettre le recyclage des marcs de raisin.

Tout cela reste peu connu du grand public...

É.-P. des P.C'est parce que l'on touche à des secrets de fabrication dans un univers très concurrentiel. C'est précisément pour cela que nous espérons que, grâce au Printemps de l'innovation, nos maisons pourront faire mieux connaître cet aspect de leur industrie.

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