Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Les formations, c'est pas du luxe !

28/04/2005

Depuis cinq ans, les troisièmes cycles universitaires spécialisés dans le luxe se sont multipliés. Mais gare aux déconvenues : les recrutements se font au compte-gouttes.

Célia Clarisse, vingt-cinq ans, a toujours rêvé de travailler dans le secteur du luxe. Sa maîtrise de droit en poche, cette brune aux yeux verts a déjà le look de l'emploi, mais pas les contacts nécessaires pour percer dans un milieu où la cooptation est reine. Pour gonfler son carnet d'adresses et son CV, elle s'inscrit à l'Institut supérieur de marketing du luxe (ISML). Opération réussie : aujourd'hui, Célia est assistante marketing des boutiques Sonia Rykiel. Faut-il, comme elle, suivre une formation ad hoc pour pénétrer l'univers feutré du luxe ? Les évolutions du secteur portent à le croire.« Depuis une dizaine d'années, le marché s'est concentré autour de géants mondiaux comme LVMH, Richemont ou PPR. Sans compter un fort développement à l'international,souligne Élisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert.Mais le luxe reste un secteur à part. La relation client y est plus pointue, les techniques marketing plus poussées, l'innovation permanente. »

Ouverture à l'international

De quoi expliquer la prolifération des formations spécialisées, souvent d'ailleurs à l'initiative des firmes elles-mêmes. Cartier a ouvert le bal en 1990 avec l'ISML, plus communément appelé Sup de luxe. Un an plus tard, LVMH lui a emboîté le pas avec une chaire à l'École supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec) qui, forte de son succès, a conçu en 1995 un MBA consacré aux métiers du luxe. Depuis, une dizaine de troisièmes cycles publics ou privés ont vu le jour, comme celui de l'École supérieure de gestion ou de l'université de Marne-la-Vallée.

Sup de luxe et l'Essec restent les formations les plus prisées, selon le classement 2005 de SMBG, cabinet-conseil en formation (lire l'encadré). Chaque année, Sup de luxe sélectionne 70candidats bac + 4 ou + 5 pour des cours du soir qui laissent une grande place aux stages.« Huit étudiants sur dix transforment leur stage en emploi »,souligne Thibaut de la Rivière, directeur de l'école. Avec ses onze mois de cours exclusivement en anglais, le MBA de l'Essec s'adresse quant à lui davantage aux managers en poste.« L'ouverture sur l'international est essentielle quand on sait que plus de 80 % du marché se situe à l'étranger »,explique Françoise Jollant, coordonnatrice du pôle luxe à l'Essec. Son programme de « mentoring » et son réseau de plus de 600 anciens élèves propulsent vite la trentaine d'étudiants vers des postes de direction.

Ces formations sont onéreuses : 25 000 euros de frais de scolarité à l'Essec, 8 700 euros pour l'Institut français de la mode, 8 500 euros à l'ISML, 6 450 euros à l'École supérieure de gestion (ESG). Le tout payé en partie par l'employeur. Plus abordables, les DESS des universités de Marne-la-Vallée, Versailles-Saint-Quentin ou ParisIII coûtent de 300 à 400 euros. Après deux stages au minimum, leurs 25 à 30 diplômés se placent chaque année dans le marketing ou le commercial. Mais, à la sortie, la concurrence est rude !« Attention à ne pas leurrer les jeunes avec cette multiplication des formations. En France, le secteur compte en moyenne 200nouveaux embauchés par an et recherche tout sauf des clones,avertit Élisabeth Ponsolle des Portes.Mieux vaut disposer d'une bonne formation de base et avoir voyagé deux ans en Chine que de brandir un beau diplôme ! »

En savoir +

>www.luxe.enligne-fr.com

>Donnez-nous notre luxe quotidien, de Valérie Haie, Gualino éditeur, 20 E.

Envoyer par mail un article

Les formations, c'est pas du luxe !

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.