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Dix groupes de presse à la loupe

19/05/2005

Lancements, cessions, restructurations... 2004 n'a pas été une année de tout repos pour les dirigeants des principaux groupes de presse hexagonaux. Revue de détail.

Socpresse

1,45 milliard d'euros (1)

L'arrivée de Dassault à 85 % dans le capital de la Socpresse, à l'été 2004, a secoué un navire habitué à voguer entre deux eaux en évitant les coups de barre intempestifs et les coups de vent.« La première chose à faire, c'est de réduire les déficits ou de vendre les journaux qui perdent de l'argent »,affirmait Serge Dassault dès le 18 juin 2004. Cela n'a pas traîné. En mars 2005,La Vie financièrea été vendue à Gérard Blandin, appuyé par le fonds Prado Finance. Dans la foulée, l'avionneur s'est séparé de ses quotidiens hippiquesParis TurfetWeek-end,vendus à un fonds d'investissement, puis des quotidiens de l'ouest,Le Maine libreetLe Courrier de l'Ouest,vendus à Ouest France.Le DauphinéetLe Progrès,accompagnés du supplémentTV Magazine,devraient tomber dans l'escarcelle du fonds Candover. Maintenant, Dassault tente de calmer les rumeurs de vente tous azimuts... La reprise en main ne s'arrête pas là. Cinq mois après son rachat, la Socpresse a perdu 250 journalistes, qui ont fait jouer la clause de cession. Francis Morel, directeur général, Nicolas Beytout, directeur de la rédaction, et Pierre Conte, président de la régie Publiprint, les nouveaux dirigeants du groupe Figaro, ont réorganisé les structures, engagé des nouvelles formules et révisé les contrats avec les fournisseurs. M.B.

(1) Estimation.

Hachette Filipacchi Médias

1,017 milliard d'euros

C'est l'un des succès de 2004. Le magazineChoc,dirigé par Gérard Ponson, l'éditeur d'Entrevueet deMaximal,fait état, au terme de sa première année, d'une diffusion de 382 219 exemplaires. Autre réussite, celle du magazine peoplePublic,qui, avec 263 381 exemplaires, réalise une progression de 52,6 % en un an.« La montée en puissance dePublicconfirme le positionnement du titre, avec lequel nous souhaitions élargir le marché people à une cible plus jeune et plus féminine »,se félicite Anne-Marie Couderc, directrice générale d'HFM. Pendant ce temps,Entrevuea continué à creuser son sillon (+ 3,87 %) etMaximala confirmé sa percée (+ 3,59 %). Les titres phares d'HFM sont stables, à l'instar d'Elle(+ 0,01 %). Mais Anne-Marie Couderc souligne le succès du city guideElle à Paris,testé en 2004, qui vient d'être pérennisé, et précise :« Nous souhaitons continuer à enrichir la marque Elle. » Paris Matchaccuse un recul de sa diffusion en France (-2,91 %),« sans doute à cause d'une actualité moins riche que l'année précédente »,selon Anne-Marie Couderc. Cela n'empêche pas le groupe de presse de lancerMatch du monde.Mais la plus forte baisse enregistrée chez HFM concerneTélé 7 jours,mis à mal par l'arrivée des quinzomadaires de son concurrent Prisma Presse : -14,52 % sur un an.« Sur le marché très perturbé de la presse télévision, c'est l'hebdomadaire qui a le mieux résisté, grâce aux prises de position de sa rédaction et à la puissance de son portefeuille d'abonnés »,plaide Anne-Marie Couderc. D.L.G.

Ouest France

953 millions d'euros

Premier quotidien français, Ouest France prend des couleurs. Le nombre des pages imprimées en quadrichromie passera progressivement cette année de 12 à 20, sur 48 pages au total. L'investissement est de 22 millions d'euros.« Cela nous permettra de développer les recettes publicitaires alors que se prépare, pour 2007, l'ouverture de la publicité télévisée pour la grande distribution »,assure Jean-Paul Boucher, directeur général adjoint d'Ouest France. En attendant, le géant breton montre un appétit féroce. Treize ans après l'acquisition deLa Presse de la Manche,dans le cadre d'une stratégie défensive,Ouest France(762 208 exemplaires payés en France en 2004) s'est lesté des quotidiens de l'Ouest de la Socpresse. Le groupe poursuit aussi son projet de télévisions locales, à Nantes et à Angers. Et dope ses activités Internet avec un nouveau service « en direct de ma commune ». Dans un contexte morose pour la presse, il signe une hausse de 6,35 % de son chiffre d'affaires publicitaires brut en 2004. Une« très bonne année »,selon Jean-Paul Boucher, notamment grâce à la publicité locale. Et le premier trimestre 2005 est assez encourageant (+4%). M.B.

Le Monde

639 millions d'euros

Les pertes se creusent au Monde. En 2004, le groupe a affiché un résultat net déficitaire de 63 millions, pour un chiffre d'affaires de 639 millions d'euros. Le résultat d'exploitation est aussi déficitaire, de 4 millions. Le Monde et son imprimerie représentent pour le groupe une perte d'exploitation de 12 millions, les journaux du Midi un résultat positif de 8 millions, les activités magazines et livres sont à l'équilibre, et les frais financiers pèsent à hauteur de 10 millions d'euros. Enfin, des charges exceptionnelles, pour 33 millions, proviennent essentiellement de mesures de restructuration. En 2004, Le Monde a en effet commencé à réduire ses effectifs sur son imprimerie et le quotidien, avec un plan de départs volontaires portant sur quelque 180 postes au total. Il a également mis fin à cinq contrats de prestations extérieures, réalisant ainsi une économie de 1,2 million d'euros. Pour la rentrée, une petite équipe prépare une nouvelle formule sous la direction de Gérard Courtois, directeur de la rédaction et successeur d'Edwy Plenel. En juin, Hachette et le groupe espagnol Prisa (El País) doivent injecter 50 à 60 millions d'euros et prendre chacun environ 15 % du capital. A.d.R.

Éditions Amaury

620 millions d'euros

Le groupe Amaury retrouve une situation qu'il connaît bien : son quotidien sportifL'Équipemanifeste une forme éclatante, après quelques années difficiles, au moment même oùLe Parisienreplonge dans les crises de management. Avec une hausse de 8,69 % de sa diffusion (355 135 exemplaires) en 2004,L'Équipesigne le meilleur score de l'année parmi la famille morose des quotidiens nationaux. Rien de commun avec la situation duParisien(346 686 exemplaires), en baisse de 2,50 % en 2004, où la valse des « régents » a repris. Depuis fin 2003 se sont succédé à la direction générale Jacques Guérin, Hervé Pinet puis Jean Hornain, créateur de L'Équipe TV et de lequipe.fr, précédemment en charge des produits de diversification et des activités médias. Toujours en 2004, le projet de quotidien gratuit parisien tout comme le projet de supplément magazine du week-end ont été abandonnés. Et le licenciement du directeur adjoint de la rédaction, Jacques Espérandieu, a récemment donné lieu à un mouvement des journalistes. Jean Hornain a du pain sur la planche. M.B.

France Antilles

618 millions d'euros

Contrôlé par la famille Hersant, le groupe France Antilles a engrangé en 2004 les fruits de la relance des deux cent quarante éditions du gratuit d'annoncesBonjour,sous la marqueParu Vendu.Cette activité, qui représente environ 300 millions d'euros de chiffre d'affaires, est aujourd'hui profitable. À périmètre constant, compte tenu des éditions cédées à la demande de Bruxelles, l'activité a gagné 9,7 % en 2004. Reste à réussir, dans la presse quotidienne régionale, les nouvelles formules deParis Normandie,deL'Union-L'Ardennaisou encore deL'Est éclair.Parallèlement, le groupe se porte candidat à la télévision locale et vient d'obtenir une fréquence à Grenoble, via Antennes locales. A.d.R.

Prisma Presse

567,2 millions d'euros

Axel Ganz a une fois encore bousculé la presse magazine en 2004. La création des quinzomadairesTélé 2 semainesetTV grandes chaînesa changé la donne de la presse télévision, dans une année prospère pour le groupe, dont le chiffre d'affaires à gagné 5 %.« L'année n'a pas seulement été bonne pour nous du fait des quinzos, qui ont chacun dépassé le million d'exemplaires »,souligne Loïc Guilloux, directeur commercial diffusion et marketing. Il se réjouit également de la bonne tenue des autres titres maison, dont certains, commeCapital,ont enrayé la chute de leur diffusion (+ 0,4 %). Parmi les progressions les plus significatives,Ça m'intéresse(+ 6,75 %),Géo ado(+ 14,06 %) etPrima(+ 1,76 %). En revanche, les quinzos ont porté un rude coup àTélé loisirs,qui a perdu 22,48 % en un an. Cannibalisme ?«Télé loisirsest le titre qui avait le plus progressé ces dernières années, en devenant notamment double millionnaire en diffusion il y a deux ans »,rappelle Loïc Guilloux.Gala,enfin, est légèrement orienté à la baisse (- 0,23 %). Mais l'arrêt d'Oh La !par HFM devrait lui donner de l'air... Dans les semaines à venir, des valeurs sûres de Prisma Presse procéderont à un lifting, notammentFemme actuelleetVoici.Ce dernier a subi la concurrence dePublic(HFM) : sa diffusion a plongé de 7,1 %. En chantier également, une nouvelle formule deManagementet une « amélioration » de celle deVSD,le 23 mai. D.L.G.

Emap France

437,6 millions d'euros (1)

Pour Emap, 2004 a été l'année de la digestion du groupe Excelsior, racheté en avril 2003. Cent cinquante salariés sont partis et une grève a été déclenchée en avril 2004 pour protester contre la baisse des rémunérations. Le groupe de presse avait d'autres chantiers : les nouvelles formules de20 ans, MaxetBiba,anciennes publications d'Excelsior. Résultat :20 Ansest en progression, avec 120 245 exemplaires (+ 4,25 %), tandis queBibamarque le pas (à 181 504 ex., soit - 4,91 %) et queMaxrecule légèrement (- 3,54 %, à 81 306 ex.). Mais pour ces deux derniers, il faudra attendre l'OJD 2005 : leur formule revisitée a été lancée au cours du deuxième semestre 2004. Par ailleurs, dans un marché qui a le vent en poupe, celui de la presse masculine,FHMaffiche une progression de 4,16 %, avec 175 125 exemplaires. En revanche, coup dur pourTélé star,loin d'être sorti indemne de la déferlante des quinzomadaires : il accuse une forte baisse, -18,03 %, à 1 353 733 exemplaires... L'hebdomadaire a réagi en octobre 2004 avec une nouvelle formule, dans un format élargi, un contenu plus « décryptages » et un ton qui se veut plus glamour et plus féminin. La mise en place de cette version reliftée permettra-t-elle d'enrayer la chute du titre ? Réponse avec les chiffres 2005, dans un marché qui vient d'être encore une fois chamboulé par l'arrivée de la TNT. D.L.G.

(1) 299,5 millions de livres sterling, chiffre d'affaires estimé sur l'exercice clos le 31 mars 2005.

Bayard

338,5 millions d'euros

Après avoir fait passer les enfants et les seniors d'abord, Bayard s'est essayé, en 2004, aux femmes avec la relance deCôté femme.La diffusion de l'ex-Bonne Soirées'établit à 162 891exemplaires (+ 4,33 %) pour l'année en question. Décevant, car le titre, hebdomadaire au départ, a redémarré en mars, sur un rythme mensuel, à 250 000 exemplaires... Le groupe se donne jusqu'à la fin juin pour établir un premier bilan. Sur ses fondamentaux, Bayard affiche des résultats contrastés :Phosphoregagne 0,99 % etI Love English0,5 %, tandis qu'Okapirecule de 3,86 %,Enfant magazinede 0,2 % etNotre Tempsde 3,53 %. Par ailleurs, les derniers mois ont été marqués par la nomination d'un nouveau président du directoire, Bruno Frappat, directeur deLa Croixet directeur général de Bayard, succédant à Alain Cordier, nommé inspecteur général des Finances. Le chiffre d'affaires du groupe sera dévoilé lors de la prochaine assemblée générale, le 21 juin, au terme de laquelle sera nommé un nouveau conseil de surveillance. D.L.G.

Sud-Ouest

300 millions d'euros

Le groupe Sud-Ouest vit une période agitée. La famille Lemoine a finalement décidé de racheter les 24 % du holding familial Socibog, mis en vente par deux de ses membres. Reste à mener à bien le projet de modernisation du quotidien. La suppression de quelque 70 postes, proposée par la direction, déplaît fortement au Syndicat du Livre, à l'origine de douze jours de non-parution du journal en 2004 et 2005. C'est dans ce contexte que le quotidien bordelais doit faire face à l'apparition des quotidiens gratuitsMetroet20 Minutes,sans compter son propre titre,Bordeaux7.Rénové en 2002,Sud-Ouesta enregistré une diffusion de 317 728 exemplaires payés en France en 2004, quasi stable sur un an (- 0,14 %).

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