
SOMMAIRE DU DOSSIER :
MES TERRES SUR LE NET
GARE À LA PUCE POLICIÈRE !
LA MODE SE MET À LA PAGE NUMÉRIQUE
L'ART DE S'ENDUIRE
Surf in Africa
COMMENT FAIRE DU VIEUX AVEC DU NEUF
La guerre des effets
L'art de créer du lien
La fabuleuse histoire du téléphone
Les modes d'emploi, comment ça marche ?
* GRAPHISTE POST-SOIXANTE-HUITARD
Mutants, mutins ou moutons ?
TENDANCEUR CASANIER
MP3 : TOUT POUR LA MUSIQUE ?
ILLUSTRATRICE SONORE SURBOOKÉE
LES EMBALLAGES SE METTENT À L'ALLÉGÉ
net
LA VENGEANCE DU STYLO SANS PLUME
immersion
computer
Tout un art !
09/06/2005 - La mode « vintage » oblige les fabricants à réaliser des prouesses techniques pour donner au jean l'apparence d'un vêtement qui a beaucoup vécu.
Le consommateur a l'esprit de contradiction. Non content d'obliger chaque saison les créateurs à conjuguer l'art de faire du neuf avec du vieux, voici que, depuis quelques années, il force les industriels à faire du vieux avec du neuf ! C'est la singularité du « vintage ». Plus le temps d'attendre que le temps fasse son travail, c'est aux marques de proposer des modèles à la fois au top de la tendance, mais avec le confort d'un vêtement qui a vécu. Trop heureux d'agir sur le premier marché du monde, celui du jean - le plus gros utilisateur de coton de la planète, avide d'innovations de surcroît - les industriels appellent la technologie à la rescousse pour simuler l'usure du genou ou du postérieur par la selle sur le denim des cow-boys urbains d'aujourd'hui.« L'appropriation du vêtement par son aspect vieilli qui rassure est un mouvement de fond, avec chaque saison des rebondissements très créatifs dont le marché est demandeur »,observe Pascaline Wilhem, directrice de la mode du salon Première Vision, où sont présentées deux fois par an les innovations des tisseurs. Du coup, l'industrie a développé des machines et des procédés de plus en plus élaborés pour simuler l'aspect usé ou travailler les propriétés du tissu. « La demande booste les innovations et la recherche de performance pour l'hiver 2006-2007 », confirme Vincent Le Crosnier, du bureau de tendances Promostyl. D'où une course aux brevets des « jeanners », qui proposent des déclinaisons sans fin pour renouveler ce produit de masse, le customiser et faire de chaque jean une pièce vivante unique. Cette créativité débridée inspire les tisseurs, qui manipulent la matière de telle sorte que les fabricants de denim puissent à leur tour la retravailler.
« L'indigo n'aime pas le coton,explique Rinze Koopman, directeur marketing de Uco Sportswear, l'un des derniers tisseurs européens de denim, qui a pour clients les couturiers et les grandes marques de jeans.Il est collé autour du fil de façon assez superficielle, ce qui permet de le transformer par lavages et frottements en donnant une impression de traces d'usure, le blanc du fil réapparaissant par endroits ».
Détails délirants et « artisanaux »
La technologie se met ainsi au service du design. Elle permet par exemple des détails délirants comme un dessin au laser de moustaches autour d'une braguette. L'application de résines, enduits et colorants plus ou moins concentrés et traités à différentes températures, donne des résultats apparemment très artisanaux : un reflet subtil, un effet glossy ou ciré à la manière d'un glaçage de gâteau, des mixages de pigments...
Les innovations se mesurent dans l'originalité mais aussi dans confort. La nouvelle fibre élastique PET T400 de Dow Chemical résiste aux traitements par forte chaleur et permet, par exemple, de préformer un genou. Pour cet été, la marque haut de gamme Notify a lancé le jean poids plume qui a le look d'un jean, mais le poids ultralight d'une seconde peau : moins de 300 grammes. Et pour dévaler les pentes neigeuses l'hiver prochain, un alliage spécial rend imperméable l'aquadenim du modèle Snowpant de Lee Cooper. Décidément, le jean est fait pour résister à l'usure du temps.

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