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LA MODE SE MET À LA PAGE NUMÉRIQUE

09/06/2005 - De la conception des vêtements à l'impression des textiles, le numérique permet de simplifier les processus industriels.

En septembre dernier, au salon Première Vision, à Paris, a été présentée la première collection virtuelle entièrement conçue grâce aux outils numériques. Matières, patrons, mannequins... tout était virtuel. Fruit d'une collaboration entre dix industriels, le cabinet de tendances Nelly Rodi et le Centre national du numérique et de l'innovation pour le textile et l'habillement (CNNITH), cette application virtuelle de la conception des vêtements marque un virage industriel dans un processus de fabrication long, que la mode impose de raccourcir.

Un magasin virtuel pour les clients

Ses objectifs : associer plusieurs partenaires pour la conception d'un produit, gagner du temps dans la phase de prototypage et travailler mieux avec les clients et fournisseurs. Pour le CNNITH, il s'agit d'une« révolution qui bouleverse toutes les habitudes, depuis la conception et la réalisation des produits jusqu'au marketing et la vente ».Cette première collection conçue sans échantillonnage physique de tissus, ni coupe, ni confection de prototypes, a confirmé une diminution des coûts de conception- développement et l'efficacité ainsi que la rapidité de sa mise en oeuvre. Pour Christophe Bocquet, responsable développement et innovation de la marque de lingerie Lejaby,« le numérique permet aux stylistes de travailler avec des fournisseurs éloignés, comme un fabricant de noeuds qui produit en Asie ».Progrès majeur aussi : la possibilité pour les commerciaux de présenter à leurs clients un magasin virtuel qui facilite grandement la communication. Même s'il faut encore peaufiner la visualisation du relief et de la brillance des dentelles. Une seconde révolution numérique est en train de bouleverser les techniques d'impression. Pour François Litti, directeur de l'Institut français du textile et de l'habillement de Mulhouse,« l'impression traditionnelle sur textile est condamnée à terme, à cause de ses multiples contraintes ».Il faut un cylindre d'un coût de 600 euros par couleur, d'où un nombre limité de couleurs. La dimension des impressions est réduite par la taille du cylindre. Le tout est lent et coûteux, a fortiori pour un prototype.

Un outil d'une grande souplesse

À l'inverse, le passage direct de l'écran d'ordinateur à l'impression a l'avantage d'être très souple. Il offre des délais ultrarapides, permet de travailler avec un nombre de couleurs qui se chiffre en millions et supprime les limites de taille, ou presque. Mieux, il repousse les limites créatives, permet de concevoir des échantillons et de réaliser toutes sortes de motifs, dégradés de couleurs, reproductions de photos, etc. Restent deux points noirs, qui vont de pair : le coût et la lenteur de l'impression numérique pour les grandes séries. Elle travaille au rythme de 200 mètres à l'heure contre 1 200 dans l'impression traditionnelle, mais sa vitesse double chaque année. Du coup, elle est pour l'instant utilisée par des PME et pour des petites séries. Ainsi, l'entreprise alsacienne De fil en aiguille, spécialisée dans les vêtements de sport d'équipe imprimés personnalisés, a pu, grâce au numérique, conquérir des marchés de petites séries dans la publicité et l'événementiel.

En image
Au salon Première Vision, en septembre 2004, était présentée la première collection de vêtements entièrement virtuelle (matières, patrons et même mannequins...), conçue grâce aux outils numériques.
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