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GARE À LA PUCE POLICIÈRE !

09/06/2005 - Une PME française propose un moyen efficace pour lutter contre la contrefaçon : imprimer dans le produit ou sur son emballage un tatouage numérique, invisible à l'oeil nu.

Distinguer le vrai du faux en un clin d'oeil et suivre à la trace un produit « maquillé comme une voiture volée », c'est possible ! Advanced Track&Trace (ATT), une start-up établie à Rueil-Malmaison, dans la région parisienne, propose des tatouages numériques, invisibles à l'oeil nu, à toutes les entreprises vulnérables à la contrefaçon ou au risque de détournement de leur production par des circuits de distribution parallèles.

Mieux que la RFID

Elles sont plus nombreuses qu'on ne le croit : il y a le luxe, bien sûr, mais aussi l'automobile, l'outillage électrique, la finance, la santé, etc. La liste est loin d'être exhaustive, puisque ce fléau est estimé toucher plus de 5 % du commerce mondial. Soit un marché de plus de 300 milliards d'euros ! Pour piéger les fraudeurs, ATT emploie une méthode toute simple qui a pourtant demandé des années de recherches : insérer au coeur soit du produit lui-même, soit de son emballage, quelle que soit sa matière ou sa forme, soit encore des documents l'accompagnant (garantie, facture, mode d'emploi, etc.) des informations inviolables. Et ce sans altérer la qualité du support de réception. Comment ? En diluant ces codes d'authentification dans l'encre du tatouage. Mieux, ces données peuvent aussi être contenues dans un fichier numérique et sont repérables, là encore, via un scanner, un lecteur spécifique, voire la caméra d'un portable, reliés à un serveur qui identifiera la marchandise.

Chaque produit d'une série pourra ainsi avoir ses propres « gènes » et ce pour une somme plutôt modique, comparée au coût de la technologie d'identification par radiofréquence (RFID), qui consiste à doter chaque pièce protégée d'un implant électronique.« Notre technologie n'implique pas d'intégrer un processus d'insertion de composants dans la chaîne de production.Ce qui la rend 300 fois moins chère que la puce RFID »,assure Jean-Claude Fontanive, vice-président d'ATT.

Tatouage high-tech

Les possibilités de ces tatouages high-tech sont énormes. Et pas seulement dans l'industrie.« Les services comme la santé, la banque ou la finance échangent chaque jour des documents confidentiels, par courrier ou par e-mail. Ces entreprises sont confrontées aux risques de fuites ou de piratage de leurs données. Là encore, il leur faut non seulement établir la réalité du délit, mais surtout remonter à sa source. Nos tatouages numériques constituent une preuve flagrante de la fraude »,

explique Jean-Claude Fontanive. Avant de citer l'exemple d'un fabricant d'appareils électriques dont les transformateurs étaient mis en cause dans une série d'accidents

mortels en Afrique. Une équipe dépêchée sur place a réussi à prouver que les boîtiers incriminés n'étaient jamais passés sur les chaînes de fabrication de l'entreprise. Et à éteindre l'incendie judiciaire en quelques jours.

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