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MES TERRES SUR LE NET

09/06/2005 - Campagne ne rime pas forcément avec isolement. Bien au contraire ! Les agriculteurs sont des grands fans de high-tech.

Des cultures surveillées par satellite, un logiciel modélisant la croissance des plants et de leurs mauvaises herbes, un robot nettoyeur de salle de traite se repérant au moyen de bornes relais, des caméras Wi-Fi pour surveiller une étable pendant le velage, etc. La dernière édition des Trophées agricoles des nouvelles technologies, organisée par la lettre professionnelleL'Internet agricole et nouvelles technologies,réfute à elle seule tous les clichés sur l'obscurantisme des paysans français en matière de technologie. Le rédacteur en chef de cette lettre mensuelle, Jean-Paul Hébrard, réfléchit même à un futur salon dans le Salon de l'agriculture. Reste à déterminer son lieu : à Villepinte, consacré au machinisme, ou à la porte de Versailles, plus grand public ?

« Les agriculteurs ont toujours eu faim d'information. Ils sont les plus gros lecteurs de journaux en France. Par obligation et par passion. Ils ont été les premiers à s'équiper du Minitel. Si plus d'un quart des 600 000 exploitations françaises sont connectées à Internet, ce n'est pas seulement pour communiquer en hiver lorsque l'activité se relâche. Outre la recherche de matériel au meilleur prix ou les obligations, pour certains, de leurs mandats syndicaux, il ne faut pas oublier que le culte du progrès est "culturel"chez les paysans »,insiste Jean-Paul Hébrard quand son interlocuteur s'étonne de cette passion supposée des agriculteurs pour la techno. Avant de reprendre :« L'évolution de la politique agricole commune (PAC) et des législations européenne et française renforce cette obligation de se perfectionner sans cesse. Et ce pour relever trois défis : économique, sanitaire, car les normes alimentaires sont de plus en plus draconiennes, et environnemental. »

Mais l'appétence des agriculteurs pour les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) varie selon leur activité. Et l'on retrouve le vieux clivage entre cultivateurs et éleveurs. Ce sont les premiers, et plus particulièrement les céréaliers, qui se sont rués les premiers sur les NTIC. Les producteurs de lait et de viande, disposant de moyens moindres, rattrapent leur retard. Et cette dichotomie se retrouve dans le palmarès des derniers trophées deL'Internet agricole,où furent récompensées en majorité des réalisations autour du traitement des sols, de la préparation et du suivi des cultures. Des poids lourds de l'industrie s'associent aux céréaliers. Ainsi, EADS et Arvalis ont créé le programme Farmstar, qui propose un abonnement à des photos satellite de l'état des champs au fil des saisons.

Pourtant, les éleveurs n'ont pas dit leur dernier mot, grâce à un centralien de moins de trente ans, Renaud Vaillant. Son entreprise Cryolog, spécialisée dans la traçabilité alimentaire, a mis au point le système Traceo, récompensé à plusieurs reprises pour son concept innovant. Il repose sur une idée simple, mais qui a demandé plus de trois ans de mise au point : une étiquette dans laquelle sont injectés des micro-organismes dormants qui se réveillent lorsque la température s'élève au-delà d'une certaine limite. Quand la viande ou le fromage ne sont plus consommables, l'étiquette s'assombrit, le code-barres devient illisible... Imparable !

En image
... un concours distinguant les innovations technologiques. Qui a dit que les paysans vivaient loin du monde moderne ?
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