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Bruxelles : le lent réveil des Français

30/06/2005

C'est une vérité qui fut quelque peu ignorée lors du référendum français sur la Constitution européenne : plus des trois quarts des textes législatifs adoptés en France sont d'origine européenne. On ne s'étonnera donc pas d'apprendre qu'à Bruxelles, plus de quinze mille personnes travaillent dans le lobbying. Soit plus qu'à Washington, le temple des « public affairs ». Avec l'entrée des dix nouveaux pays membres de l'Union, le phénomène va prendre de l'ampleur.« Les Polonais, notamment, sont très actifs et occupent déjà le terrain »,note Jean-Christophe Adler, président du cabinet Affaires publiques Consultants, l'un des quelques acteurs français (avec Apco, Communications&Institutions, Euralia, Euro RSCG C&O, Euro2C, Interel ou Publicis Consultants) à intervenir pour ses clients à Bruxelles.

Dans ce contexte, quel est le poids des entreprises françaises dans la capitale européenne ? De l'avis général, les sociétés, régions et organismes professionnels français ont fait de nets progrès en la matière.« Mais souvent encore, les Français arrivent sur un dossier quand la directive en est au stade de sa transcription dans le droit national. Il est alors trop tard »,regrette Christian Marmain, vice-président d'Edelman PR et directeur des affaires publiques.

Or, le processus d'élaboration des textes européens est beaucoup plus ouvert que celui qui prévaut en France : entre la création d'une commission, l'écriture d'un livre vert, d'un livre blanc, puis la rédaction d'une directive, il se passe souvent trois ou quatre ans. Un laps de temps permettant nombre d'interventions, d'autant que l'administration et les élus européens sont très demandeurs en la matière.

« Le problème est que les responsables des entreprises sur place ne sont souvent pas d'un niveau hiérarchique suffisant pour prendre les décisions qui s'imposent »,constate Jean-Christophe Adler. Globalement, si les secteurs automobile ou agricole sont plutôt bien armés, d'autres ont encore des progrès à faire, comme l'ont montré l'échec de la fusion Schneider-Legrand et, plus récemment, les pénalités infligées par Bruxelles à EDF. A.D.

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