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Presse professionnelle

La presse professionnelle a longtemps bénéficié d'une heureuse réputation de rentabilité et de stabilité contre vents et marées. Mais les nuages s'accumulent ces dernières années au-dessus des fleurons de cette famille de presse, confrontée à la nécessité d'une profonde remise en cause. Après la restructuration du Groupe Tests en 2002 et 2003, c'est au tour du Groupe Industrie service info (Gisi), éditeur deL'Usine nouvelleet deLSA, d'annoncer le licenciement du quart de ses effectifs. En cinq ans, quarante titres inscrits à l'OJD ont disparu. Des magazines anciens commeCharpente métallique,Bâtiment,Mines et CarrièresouL'Agent automobileont jeté l'éponge pour cause de difficultés financières persistantes, ont été rachetés ou ont fusionné. Les cessions se multiplient. Le puissant Groupe Moniteur a été vendu, tout comme le groupe de presse médicale CMP Medica France (Le Quotidien du médecin) ou le groupe France agricole.

Ces grands holdings de presse ont pourtant la réputation d'être rentables. Que s'est-il passé ? Simplement, la presse professionnelle est devenue en quelques années le terrain de jeu des fonds d'investissements. Cinven, Carlyle et Apax Partners, propriétaires d'Aprovia (l'ex-CEP Communication), ont vendu successivement Le Moniteur et La France agricole à d'autres fonds d'investissements : Pragma Capital pour La France agricole, Sagard pour Le Moniteur. Et c'est encore un fonds, United Business Media, qui a mis la main sur la presse médicale de CMP Medica France. Une vraie razzia ! Fidèles à une stratégie bien éprouvée, les fonds d'investissements prennent position sur ce secteur en bas de cycle pour tenter de réaliser, sur quelques années, une plus-value à la revente.

Mais, à ce jeu, il faut savoir faire preuve de patience. Pour l'instant, le cycle ne s'est pas inversé et le bon millier de titres de presse professionnelle continue de souffrir. Selon TNS Media Intelligence, la pagination publicitaire de la presse professionnelle a cédé 7,3 % en 2000 et 2001, 9,8 % l'année suivante, 11,1 % en 2002 et 2003, avant de se stabiliser en 2003 et 2004 à - 0,2 %. Le bout du tunnel ? Pas sûr. Entre janvier et mai 2005, la pagination publicitaire de la famille a encore reculé de 4,1 % par rapport à la même période de l'année précédente.« 2004 fait figure de rémission dans un mouvement d'orientation à la baisse »,commente Éric Trousset, directeur marketing de TNS Media Intelligence. À cette érosion continue, il faut ajouter la réduction drastique des revenus liés aux annonces de recrutement qui, pour l'essentiel, se sont tournées vers Internet. Tous les acteurs de la presse professionnelle, cependant, ne sont pas logés à la même enseigne.« Les évolutions sont très disparates. C'est même l'une des caractéristiques de ce secteur »,poursuit Éric Trousset. La baisse ne touche ainsi que vingt-quatre titres sur les cinquante pigés par l'institut d'études.

Le tourisme en hausse de 16 %

Face à la crise, les éditeurs se diversifient dans l'édition de livres, d'annuaires, de guides, ou encore dans la formation. Car ils n'ont guère de quoi se consoler avec leurs diffusions, qui ne cessent de fondre depuis 1996. La diffusion France payée de la presse technique et professionnelle a chuté de 6,3 % entre 2001 et 2002, et de 4,8 % l'année suivante, avant de se stabiliser (+ 0,6 %) entre 2003 et 2004. Presque toutes les familles de presse professionnelle sont touchées. Les ventes de la presse automobile chutent de 30 %, celles de la presse informatique de 25 %, la presse bâtiment et la presse médicale cèdent 22 %. Le tourisme seul enregistre une hausse de 16 %, surtout grâce au dynamiqueQuotidien du tourismeet à son poids dans les statistiques.

« Beaucoup de titres, bien installés sur leur créneau, n'ont pas vu venir la concurrence d'Internet,explique Patrick Bartement, directeur général de l'OJD.La transformation s'est accélérée de manière prodigieuse en 2003 et 2004. »À la question du magazine américainForbes« Quelle est votre principale source d'information pour les affaires ? », posée en septembre 2004, la moitié des cadres de différents pays interrogés ont répondu : Internet, loin devant les quotidiens (20 %) et les magazines (9 %).« L'étude révèle cependant que pour une lecture approfondie, les cadres préfèrent toujours la presse écrite »,nuance Roger Darashah, directeur de l'agence de relations presse Hotwire, spécialisée dans les nouvelles technologies de l'information. Pour lui,« l'avènement de l'information en ligne fait que l'information est à présent diffusée en quelques minutes, ce qui intensifie la concurrence entre la presse écrite et la presse en ligne ». La presse professionnelle, qui n'a pas été la dernière à s'intéresser à Internet, a devant elle un beau défi : réussir son adaptation.

En savoir +

>Fédération nationale de la presse d'information spécialisée : www.fnps.fr

La presse professionnelle a longtemps bénéficié d'une heureuse réputation de rentabilité et de stabilité contre vents et marées. Mais les nuages s'accumulent ces dernières années au-dessus des fleurons de cette famille de presse, confrontée à la nécessité d'une profonde remise en cause. Après la restructuration du Groupe Tests en 2002 et 2003, c'est au tour du Groupe Industrie service info (Gisi), éditeur deL'Usine nouvelleet deLSA, d'annoncer le licenciement du quart de ses effectifs. En cinq ans, quarante titres inscrits à l'OJD ont disparu. Des magazines anciens commeCharpente métallique,Bâtiment,Mines et CarrièresouL'Agent automobileont jeté l'éponge pour cause de difficultés financières persistantes, ont été rachetés ou ont fusionné. Les cessions se multiplient. Le puissant Groupe Moniteur a été vendu, tout comme le groupe de presse médicale CMP Medica France (Le Quotidien du médecin) ou le groupe France agricole.

Ces grands holdings de presse ont pourtant la réputation d'être rentables. Que s'est-il passé ? Simplement, la presse professionnelle est devenue en quelques années le terrain de jeu des fonds d'investissements. Cinven, Carlyle et Apax Partners, propriétaires d'Aprovia (l'ex-CEP Communication), ont vendu successivement Le Moniteur et La France agricole à d'autres fonds d'investissements : Pragma Capital pour La France agricole, Sagard pour Le Moniteur. Et c'est encore un fonds, United Business Media, qui a mis la main sur la presse médicale de CMP Medica France. Une vraie razzia ! Fidèles à une stratégie bien éprouvée, les fonds d'investissements prennent position sur ce secteur en bas de cycle pour tenter de réaliser, sur quelques années, une plus-value à la revente.

Mais, à ce jeu, il faut savoir faire preuve de patience. Pour l'instant, le cycle ne s'est pas inversé et le bon millier de titres de presse professionnelle continue de souffrir. Selon TNS Media Intelligence, la pagination publicitaire de la presse professionnelle a cédé 7,3 % en 2000 et 2001, 9,8 % l'année suivante, 11,1 % en 2002 et 2003, avant de se stabiliser en 2003 et 2004 à - 0,2 %. Le bout du tunnel ? Pas sûr. Entre janvier et mai 2005, la pagination publicitaire de la famille a encore reculé de 4,1 % par rapport à la même période de l'année précédente.« 2004 fait figure de rémission dans un mouvement d'orientation à la baisse »,commente Éric Trousset, directeur marketing de TNS Media Intelligence. À cette érosion continue, il faut ajouter la réduction drastique des revenus liés aux annonces de recrutement qui, pour l'essentiel, se sont tournées vers Internet. Tous les acteurs de la presse professionnelle, cependant, ne sont pas logés à la même enseigne.« Les évolutions sont très disparates. C'est même l'une des caractéristiques de ce secteur »,poursuit Éric Trousset. La baisse ne touche ainsi que vingt-quatre titres sur les cinquante pigés par l'institut d'études.

Le tourisme en hausse de 16 %

Face à la crise, les éditeurs se diversifient dans l'édition de livres, d'annuaires, de guides, ou encore dans la formation. Car ils n'ont guère de quoi se consoler avec leurs diffusions, qui ne cessent de fondre depuis 1996. La diffusion France payée de la presse technique et professionnelle a chuté de 6,3 % entre 2001 et 2002, et de 4,8 % l'année suivante, avant de se stabiliser (+ 0,6 %) entre 2003 et 2004. Presque toutes les familles de presse professionnelle sont touchées. Les ventes de la presse automobile chutent de 30 %, celles de la presse informatique de 25 %, la presse bâtiment et la presse médicale cèdent 22 %. Le tourisme seul enregistre une hausse de 16 %, surtout grâce au dynamiqueQuotidien du tourismeet à son poids dans les statistiques.

« Beaucoup de titres, bien installés sur leur créneau, n'ont pas vu venir la concurrence d'Internet,explique Patrick Bartement, directeur général de l'OJD.La transformation s'est accélérée de manière prodigieuse en 2003 et 2004. »À la question du magazine américainForbes« Quelle est votre principale source d'information pour les affaires ? », posée en septembre 2004, la moitié des cadres de différents pays interrogés ont répondu : Internet, loin devant les quotidiens (20 %) et les magazines (9 %).« L'étude révèle cependant que pour une lecture approfondie, les cadres préfèrent toujours la presse écrite »,nuance Roger Darashah, directeur de l'agence de relations presse Hotwire, spécialisée dans les nouvelles technologies de l'information. Pour lui,« l'avènement de l'information en ligne fait que l'information est à présent diffusée en quelques minutes, ce qui intensifie la concurrence entre la presse écrite et la presse en ligne ». La presse professionnelle, qui n'a pas été la dernière à s'intéresser à Internet, a devant elle un beau défi : réussir son adaptation.

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>Fédération nationale de la presse d'information spécialisée : www.fnps.fr