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« Des passerelles entre les métiers »

14/07/2005

Benoît Roger-Vasselin, DRH de Publicis Groupe et président de la commission sociale de l'Association des agences-conseils en communication (AACC), explique l'impact de la réforme pour les agences et leurs salariés.

Pourquoi dit-on que les publicitaires sont les parents pauvres de la formation continue ?

Benoît Roger-Vasselin.Les politiques de formation des agences ne font pas encore le poids face à celles des grands annonceurs, comme Danone ou P&G. D'autant que l'activité fluctuante du marché publicitaire en fonction des budgets gagnés ne facilite pas les départs en formation. Mais les choses évoluent. Pour répondre à la hausse du niveau d'exigence de leurs clients, les agences sont plus soucieuses de développer leurs talents. Même si les managers ont souvent l'impression de former leurs créatifs pour la concurrence dans un secteur où le turn-over reste élevé.

La loi du 4 mai 2004 sur la formation tout au long de la vie change-t-elle la donne ?

B.R.-V.Elle fait passer d'une gestion globale des formations à une logique d'individualisation des parcours. La loi élargit aussi les publics visés, notamment les chefs de publicité seniors, un peu oubliés. Surtout, le nouveau droit individuel de formation (DIF) étend le contenu des stages au développement de compétences au sens large, comme les langues, l'expression orale ou les relations aux autres. Au souci d'optimiser les savoir-faire s'ajoute ainsi celui de développer les « savoir-être ». Enfin, les contrats de professionnalisation ouvrent réellement des perspectives nouvelles.

Comment les patrons d'agence abordent-ils cette réforme ?

B.R.-V.Malgré la complexité des textes, sur le fond, la plupart s'en félicitent. Renforcer l'employabilité et le dialogue avec les salariés améliore à terme les performances de l'agence. D'autant que ce rapport « gagnant-gagnant » améliore aussi le climat social. Pour preuve, les négociations entre les organisations patronales et syndicales se sont déroulées dans une ambiance très consensuelle.

Quelles sont les spécificités de l'accord de branche de la publicité, signé le 29 novembre ?

B.R.-V.L'accord anticipe l'application du DIF au 1er janvier 2005 et précise quatre contenus prioritaires éligibles : le perfectionnement en français, l'expression orale, la bureautique et les langues étrangères. Ce DIF est de 14 heures cette année et de 20 heures dès 2006, le tout cumulable et plafonné à hauteur de 120 heures. Alors que la loi dispose que ces stages se déroulent en dehors du temps de travail, l'accord de branche laisse aux agences la liberté de trancher la question. Bref, une véritable souplesse d'application, selon les besoins de chacun. En outre, l'accord a prévu la mise en place d'un Observatoire des métiers dans notre profession.

Cet accord est entré en vigueur le 1er janvier. Quelle stratégie avez-vous adopté chez Publicis ?

B.R.-V.Un dispositif sur mesure. Les salariés peuvent prendre leur DIF en dehors ou pendant le temps de travail, selon l'intensité de l'activité. Notre catalogue interne a aussi été élargi à une quinzaine de formations courtes et fragmentées pour intégrer les spécificités du DIF. Et nous venons de renforcer notre équipe RH en vue d'épauler les cadres dans leur nouveau rôle : échanger avec leurs collaborateurs sur le contenu des formations souhaitées pour anticiper et prévenir d'éventuels malentendus ou frustrations.

Comment seront formés demain les concepteurs-rédacteurs ou les médiaplanneurs, par exemple ?

B.R.-V.Chacun devient plus responsable de son parcours. Plusieurs dispositifs sont dorénavant mis en place. Le plan de formation perdure pour des stages plus axés « métiers » liés à la stratégie de l'entreprise. Quant au DIF, à l'initiative du salarié donc, nous nous situons davantage sur le développement individuel des compétences. Par exemple, un créatif a récemment demandé une formation en langue japonaise. Enfin, la période de professionnalisation vise à accompagner durablement l'évolution professionnelle de chacun, tel ce médiaplanneur désirant évoluer vers la fonction commerciale.

Avez-vous déjà reçu des demandes de DIF ?

B.R.-V.Assez peu. Depuis janvier, 80 demandes sur 4 200 salariés dans le groupe France. Jusqu'à présent, ils ont quasiment tous reçu une réponse positive.

Pourquoi les salariés sont-ils aussi frileux, alors que le texte leur est plutôt favorable ?

B.R.-V.Ils ne se sont pas encore approprié la loi. Leur employabilité présente et à venir n'est pas leur priorité. D'ailleurs, le taux d'absentéisme lors des formations s'élève à 20 %. Changer les mentalités prendra sans doute plusieurs années.

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