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Télé la rentrée

Un vrai coup de foudre ! Cinq femmes ont séduit la quasi-totalité des acheteurs télévision dans les agences médias parisiennes. Les héroïnes de la série américaine Desperate Housewives, diffusée depuis le 8 septembre par Canal +, sont les grandes gagnantes du sondage réalisé par Stratégies auprès des spécialistes de l'achat d'espace à la télévision. Au total, quarante directeurs de département, chefs de groupe ou acheteurs ont répondu à notre enquête. « Desperate Housewives, c'est la série phénomène », clament en choeur les répondants, rassurés par les scores réalisés dans d'autres pays. Avec une note moyenne de 4,5 sur 5, le pouvoir de séduction de la série s'est déjà exercé auprès du marché publicitaire (lire le tableau ci-contre).

Globalement, les téléfilms, fictions et séries font une bonne impression aux acheteurs TV. C'est le cas des fameuses fictions du réel de TF1, comme Landru (diffusée le 19 septembre dernier) ou Mesrine (en tournage actuellement). « Les sujets fascinent et sont toujours d'actualité », explique un expert de KR Media. « Les thèmes sont originaux et la diffusion bénéficie d'une grosse promotion », ajoute un confrère d'Initiative. Dans un autre style, Les Rois maudits, qui seront diffusés sur France2 fin octobre-début novembre, sont également plébiscités. Selon un acheteur de MPG, il s'agit d'un « vrai feuilleton historique et romanesque » qui a l'avantage de « toucher un public CSP + ».

Deux autres nouveautés de TF1 ne laissent pas le marché insensible. C'est le cas de la fiction d'angoisse Les Rats. D'après un expert, elle devrait bénéficier d'un « effet de curiosité ». Mais attention, « M6 s'est déjà brûlé les ailes sur ce thème, qui apparaît anxiogène et improbable », pointe un acheteur. Perplexité aussi pour RIS, la série autour de la police scientifique, à venir cette fin d'hiver. « Cela peut fonctionner sur une cible de ménagères », commente un chef de groupe. « Mais je crains que ce style, de la série américaine en version française, ne trouve pas son public », ajoute un de ses confrères de MPG. La Une pourra se rattraper avec Le Royaume, un jeu de télé-réalité plutôt bien accueilli. « Les guéguerres et coups bas pour obtenir le pouvoir, c'est mesquin, pas très moral, mais le téléspectateur se reconnaît et cela fonctionne », confie un spécialiste de KR Media.

Fort intéressés par les séries et les fictions, les experts TV sont, en revanche, plus réservés sur les changements de têtes à la présentation des journaux d'information de France 2 (Élise Lucet à 13 heures), et France 3 (Audrey Pulvar au 19/20, et Marie Drucker à Soir 3). Les commentaires, presque unanimes, se résument ainsi : il ne s'agit pas d'un problème de présentateurs ! « Ce n'est pas Élise Lucet qui parviendra à redresser la barre », estime ainsi une acheteuse de Mindshare, confortée par son confrère d'Initiative : « Le public de Soir 3 n'est pas très volatil. » Par ailleurs, les nouvelles productions de M6 dans le domaine de la télé-réalité sont loin de faire l'unanimité. Par exemple, pour ce patron de département TV, l'émission En voilà des manières est un concept « archi- caricatural ». Pas sûr pour autant qu'il soit inefficace : « Je le note 4, à contrecoeur. »

M6 jugée la plus innovante

En queue de peloton du classement se retrouvent deux divertissements. D'une part, Les ­Poules ont des dents, un talk-show animé par quatre femmes, qui a débuté samedi 10 septembre sur France 2. « C'est un nouveau Frou-frou avec des animatrices pas très emblématiques », considère une acheteuse de Mindshare. D'autre part, Starting over, titre provisoire de la nouvelle émission de TF1 animée par Évelyne Thomas autour du thème du coaching, dont la date de diffusion n'est pas encore connue. « Évelyne Thomas n'inspire plus confiance et le thème de l'émission n'apporte pas de valeur ajoutée », commente un expert d'Initiative. Les deux émissions souffrent aussi sans doute d'un mal commun : le manque d'information.

Le marché publicitaire est également inquiet quant aux chances de réussite du magazine de TF1 Comment dormir mieux, consacré aux problèmes de sommeil. « Du déjà-vu », juge un acheteur chez KR Media. « Le sujet n'est pas racoleur, mais il s'agit d'un réel problème de société », rétorque l'une de ses collègues. « J'espère que les téléspectateurs n'iront pas se coucher avant la fin », conclut un troisième. Avec une note sous la moyenne également, Vénus et Apollon, la nouvelle série d'Arte, qui débutera le 3 octobre, pâtit manifestement d'un manque de notoriété auprès de ceux qui ont répondu à notre enquête. À une très large majorité, les acheteurs TV considèrent que la chaîne ayant présenté le plus de programmes innovants cette saison est M6. « Elle renouvelle bien son stock de séries et ajoute de nouvelles fictions ainsi que de nouveaux concepts, comme Blog 6», affirme un acheteur de Carat. « M6 prend le plus de risques avec des docu-fictions comme alternative à la télé-réalité ou les séries », renchérit un confrère de MPG. « TF1 se remobilise depuis les audiences décevantes du début 2005, mais attention à M6 qui garde souvent dans ses cartons certaines émissions sans les présenter », croit savoir cet expert de KR Media. Plusieurs acheteurs saluent « la politique de fictions très offensive » de TF1 mais pointent un manque d'innovation. « TF1 et M6 se disputent sur la cible des ménagères, ce qui n'est pas nouveau, et France Télévisions est bloqué par le changement de présidence », se plaint un autre.

Une question de notre enquête portait également sur les conférences organisées par les chaînes à l'occasion de cette rentrée. Au-delà de l'anecdote, les réponses sont à prendre en considération dans un milieu professionnel où le paraître compte tant... Comme tous les goûts sont dans la nature, les observations, positives et négatives, à propos de la qualité... des buffets proposés, par exemple, sont très divergentes. Néanmoins, les personnes interrogées se rejoignent sur certains points. C'est le cas concernant TF1. Les acheteurs regrettent ainsi « un long monologue d'Étienne Mougeotte », le vice-président de TF1. « L'intervention d'autres personnes, notamment les animateurs et les présentateurs de la chaîne, aurait été un réel plus », estime une acheteuse de MPG. Par ailleurs, le lieu choisi pour la conférence de la Une - les plateaux de tournage de la porte d'Aubervilliers, au nord de Paris - n'a pas fait l'unanimité. « Pas pratique » et « contraignant », lâchent les acheteurs. Le site était, en effet, éloigné des quartiers ouest de la capitale, où sont concentrés les sièges des principales agences médias.

Ce n'était pas le cas pour M6, qui avait choisi la porte Maillot, mais où les prestations de Nicolas de Tavernost, président du directoire, et de Thomas Valentin, vice-président en charge des programmes, ont été jugées « distantes », avec « un peu d'auto- satisfaction ». Au contraire, la présentation de Canal + est généralement qualifiée de « chaleureuse », grâce à l'intervention humoristique de Jules-Édouard Moustic, le présentateur du Journal de Groland. Quand à France Télévisions, la plupart des acheteurs critiquent un seul point : beaucoup n'y étaient pas invités !

Un vrai coup de foudre ! Cinq femmes ont séduit la quasi-totalité des acheteurs télévision dans les agences médias parisiennes. Les héroïnes de la série américaine Desperate Housewives, diffusée depuis le 8 septembre par Canal +, sont les grandes gagnantes du sondage réalisé par Stratégies auprès des spécialistes de l'achat d'espace à la télévision. Au total, quarante directeurs de département, chefs de groupe ou acheteurs ont répondu à notre enquête. « Desperate Housewives, c'est la série phénomène », clament en choeur les répondants, rassurés par les scores réalisés dans d'autres pays. Avec une note moyenne de 4,5 sur 5, le pouvoir de séduction de la série s'est déjà exercé auprès du marché publicitaire (lire le tableau ci-contre).

Globalement, les téléfilms, fictions et séries font une bonne impression aux acheteurs TV. C'est le cas des fameuses fictions du réel de TF1, comme Landru (diffusée le 19 septembre dernier) ou Mesrine (en tournage actuellement). « Les sujets fascinent et sont toujours d'actualité », explique un expert de KR Media. « Les thèmes sont originaux et la diffusion bénéficie d'une grosse promotion », ajoute un confrère d'Initiative. Dans un autre style, Les Rois maudits, qui seront diffusés sur France2 fin octobre-début novembre, sont également plébiscités. Selon un acheteur de MPG, il s'agit d'un « vrai feuilleton historique et romanesque » qui a l'avantage de « toucher un public CSP + ».

Deux autres nouveautés de TF1 ne laissent pas le marché insensible. C'est le cas de la fiction d'angoisse Les Rats. D'après un expert, elle devrait bénéficier d'un « effet de curiosité ». Mais attention, « M6 s'est déjà brûlé les ailes sur ce thème, qui apparaît anxiogène et improbable », pointe un acheteur. Perplexité aussi pour RIS, la série autour de la police scientifique, à venir cette fin d'hiver. « Cela peut fonctionner sur une cible de ménagères », commente un chef de groupe. « Mais je crains que ce style, de la série américaine en version française, ne trouve pas son public », ajoute un de ses confrères de MPG. La Une pourra se rattraper avec Le Royaume, un jeu de télé-réalité plutôt bien accueilli. « Les guéguerres et coups bas pour obtenir le pouvoir, c'est mesquin, pas très moral, mais le téléspectateur se reconnaît et cela fonctionne », confie un spécialiste de KR Media.

Fort intéressés par les séries et les fictions, les experts TV sont, en revanche, plus réservés sur les changements de têtes à la présentation des journaux d'information de France 2 (Élise Lucet à 13 heures), et France 3 (Audrey Pulvar au 19/20, et Marie Drucker à Soir 3). Les commentaires, presque unanimes, se résument ainsi : il ne s'agit pas d'un problème de présentateurs ! « Ce n'est pas Élise Lucet qui parviendra à redresser la barre », estime ainsi une acheteuse de Mindshare, confortée par son confrère d'Initiative : « Le public de Soir 3 n'est pas très volatil. » Par ailleurs, les nouvelles productions de M6 dans le domaine de la télé-réalité sont loin de faire l'unanimité. Par exemple, pour ce patron de département TV, l'émission En voilà des manières est un concept « archi- caricatural ». Pas sûr pour autant qu'il soit inefficace : « Je le note 4, à contrecoeur. »

M6 jugée la plus innovante

En queue de peloton du classement se retrouvent deux divertissements. D'une part, Les ­Poules ont des dents, un talk-show animé par quatre femmes, qui a débuté samedi 10 septembre sur France 2. « C'est un nouveau Frou-frou avec des animatrices pas très emblématiques », considère une acheteuse de Mindshare. D'autre part, Starting over, titre provisoire de la nouvelle émission de TF1 animée par Évelyne Thomas autour du thème du coaching, dont la date de diffusion n'est pas encore connue. « Évelyne Thomas n'inspire plus confiance et le thème de l'émission n'apporte pas de valeur ajoutée », commente un expert d'Initiative. Les deux émissions souffrent aussi sans doute d'un mal commun : le manque d'information.

Le marché publicitaire est également inquiet quant aux chances de réussite du magazine de TF1 Comment dormir mieux, consacré aux problèmes de sommeil. « Du déjà-vu », juge un acheteur chez KR Media. « Le sujet n'est pas racoleur, mais il s'agit d'un réel problème de société », rétorque l'une de ses collègues. « J'espère que les téléspectateurs n'iront pas se coucher avant la fin », conclut un troisième. Avec une note sous la moyenne également, Vénus et Apollon, la nouvelle série d'Arte, qui débutera le 3 octobre, pâtit manifestement d'un manque de notoriété auprès de ceux qui ont répondu à notre enquête. À une très large majorité, les acheteurs TV considèrent que la chaîne ayant présenté le plus de programmes innovants cette saison est M6. « Elle renouvelle bien son stock de séries et ajoute de nouvelles fictions ainsi que de nouveaux concepts, comme Blog 6», affirme un acheteur de Carat. « M6 prend le plus de risques avec des docu-fictions comme alternative à la télé-réalité ou les séries », renchérit un confrère de MPG. « TF1 se remobilise depuis les audiences décevantes du début 2005, mais attention à M6 qui garde souvent dans ses cartons certaines émissions sans les présenter », croit savoir cet expert de KR Media. Plusieurs acheteurs saluent « la politique de fictions très offensive » de TF1 mais pointent un manque d'innovation. « TF1 et M6 se disputent sur la cible des ménagères, ce qui n'est pas nouveau, et France Télévisions est bloqué par le changement de présidence », se plaint un autre.

Une question de notre enquête portait également sur les conférences organisées par les chaînes à l'occasion de cette rentrée. Au-delà de l'anecdote, les réponses sont à prendre en considération dans un milieu professionnel où le paraître compte tant... Comme tous les goûts sont dans la nature, les observations, positives et négatives, à propos de la qualité... des buffets proposés, par exemple, sont très divergentes. Néanmoins, les personnes interrogées se rejoignent sur certains points. C'est le cas concernant TF1. Les acheteurs regrettent ainsi « un long monologue d'Étienne Mougeotte », le vice-président de TF1. « L'intervention d'autres personnes, notamment les animateurs et les présentateurs de la chaîne, aurait été un réel plus », estime une acheteuse de MPG. Par ailleurs, le lieu choisi pour la conférence de la Une - les plateaux de tournage de la porte d'Aubervilliers, au nord de Paris - n'a pas fait l'unanimité. « Pas pratique » et « contraignant », lâchent les acheteurs. Le site était, en effet, éloigné des quartiers ouest de la capitale, où sont concentrés les sièges des principales agences médias.

Ce n'était pas le cas pour M6, qui avait choisi la porte Maillot, mais où les prestations de Nicolas de Tavernost, président du directoire, et de Thomas Valentin, vice-président en charge des programmes, ont été jugées « distantes », avec « un peu d'auto- satisfaction ». Au contraire, la présentation de Canal + est généralement qualifiée de « chaleureuse », grâce à l'intervention humoristique de Jules-Édouard Moustic, le présentateur du Journal de Groland. Quand à France Télévisions, la plupart des acheteurs critiquent un seul point : beaucoup n'y étaient pas invités !