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Ventes sur l'Internet: retard à l'allumage

23/01/1998

Les pouvoirs publics sonnent la mobilisation générale en matière de commerce électronique. Mercredi 7janvier, Francis Lorentz, ancien président de Bull, remettait un rapport sur le commerce électronique au ministre de l'Économie et des Finances. Ce texte, qui insiste sur le rôle moteur de l'État dans ce domaine, sera au centre d'un débat public mené jusqu'au 15février. Selon l'institut d'études IDC France, le commerce électronique devrait peser 57milliards de francs en 2001, soit 48milliards de francs pour le trafic d'entreprise à entreprise et 9milliards de francs pour le détail. Pour l'heure, la réalité est tout autre.«En matière de vente à distance, L'Internet n'est pas l'eldorado que l'on pouvait imaginer»,observe Leïla Tafat, consultante en commerce électronique du Syndicat des entreprises de vente par correspondance. Aiguillonnés par les Américains qui ont déjà plusieurs années d'avance, les Français ne se réveillent que depuis la rentrée 1997. Parmi ses deux cent cinquante membres, le syndicat de la VPC ne répertorie que quarante sites vendant des articles aux consommateurs branchés. Actuellement, les transactions ne s'élèvent qu'à 73MF.

La désaffection du Minitel ne sert pas toujours l'Internet

Pionnier en matière de télématique, la France s'est longtemps reposée sur ses lauriers. Avec 37,5milliards de francs, le Minitel totalise 12,1% des commandes à distance, soit 125,4millions d'actes d'achat par an. Mais l'âge d'or de la télématique française semble révolu, puisqu'en 1991, elle totalisait encore 14,5% des facturations par correspondance. Sans compter que le parc de Minitel plafonne à 7,6millions d'appareils. Enfin, les tarifs pratiqués seraient trop élevés selon les professionnels de l'Aftel, l'Association française de la télématique multimédia, qui rassemble deux cents entreprises.«Si les prix étaient révisés à la baisse, le chiffre d'affaires des vépécistes augmenterait de 10% et les appels doubleraient»,assure Marie-Agnès Giroud, chargée de mission à l'association. Cette désaffection progressive du Minitel ne se fait pas au profit de l'Internet. Ce qui n'empêche pas les entreprises de s'engager dans ce média. Ainsi France Télécom propose Télécommerce en partenariat avec le Crédit agricole et la BNP. Il s'agit d'une offre de services complète destinée aux entreprises souhaitant se lancer dans la vente à distance via l'Internet. Contre un droit d'entrée d'un montant de 10000francs, Télécommerce gère la prise de commandes, le paiement et les réclamations. Les sociétés intéressées devront débourser 1000F de frais mensuels et reverser 3% du chiffre d'affaires généré par l'Internet à France Télécom. En la matière, les vépécistes ne sont pas les derniers à s'être intéressés à ce nouveau mode de vente à distance. La Redoute, qui réalise 17% de ses commandes par Minitel, ne néglige pas non plus l'Internet. Le leader français du secteur a lancé le 8janvier un service avec des promotions réactualisées en direct. Au programme, six cents produits démarqués mis en valeur par une animation originale susceptible d'accrocher les consommateurs potentiels que sont les internautes.«Sur l'Internet, nous avons trente commandes par jour sur deux mille connexions, soit moins de 1% des commandes totales! Sur le Minitel, le nombre d'achats est de vingt-cinq mille par jour»,tempère cependant Jean-Pierre Caby, responsable du commerce électronique à la Redoute.«Mais je crois au devenir de l'Internet,ajoute-t-il aussitôt.D'ailleurs, il est depuis deux ans déjà possible de commander des produits en ligne. Nous faisons basculer notre service Minitel sur notre site web.»Quant à la sécurisation des modes de paiement, le vépéciste a tout fait pour rassurer ses clients.«Nous avons passé un contrat avec la société Atos. Grâce au système qu'elle propose, les numéros de comptes des clients ne peuvent pas être interceptés.»Persévérant, le groupe de Roubaix projette de lancer en 1999 un site commercial international afin de donner plus d'ampleur à un support jugé encore confidentiel. Il y a toutefois encore loin de la coupe aux lèvres.«Les Français ont accumulé du retard et les offres marketing et commerciales sont sous-développées par rapport aux Etats-Unis»,poursuit Leïla Tafat.«C'est une erreur, car pour de nombreuses PME positionnées sur une niche, c'est un média bon marché qui peut avoir un effet de levier impressionnant.»La multiplication des boutiques et centres commerciaux virtuels devrait permettre aux entreprises encore récalcitrantes, mais aussi aux PME-PMI aux moyens plus modestes, de se lancer dans l'aventure de la vente sur le Net.

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