Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Bourse: ces analystes qui vous jugent

02/10/1998

Les analystes font la pluie et le beau temps sur les marchés financiers. Comment travaillent-ils?

Record battu. En perdant 38% en une séance, le jeudi 17septembre, le titre Alcatel a inscrit un triste record dans l'histoire de la Bourse de Paris. Cette fois, c'est au président lui-même que l'on doit cette désaffection des investisseurs. Plus souvent, c'est aux analystes financiers que revient la responsabilité d'influencer les flux des capitaux. Les valeurs de la communication n'échappent d'ailleurs pas à la règle: le secteur est l'objet d'une attention croissante de la part des bureaux de recherche. Rares sont les banques, sociétés de Bourse ou assureurs à ne pas disposer d'analyses spécialisées. La Sfaf (Société française des analystes financiers) en recense une cinquantaine dans ses rangs. Logique: la communication occupe une place désormais primordiale dans l'industrie française et étrangère. Spécialistes du câble, du satellite, des logiciels, mais aussi des médias «classiques» et des groupes publicitaires... La part de la communication dans le PIB ne cesse de croître. Leur présence en Bourse a suivi la même trajectoire, comme en témoigne la composition du CAC 40. S'ajoute à cela la présence au capital de ces sociétés de groupes industriels puissants. Les noms de Vivendi, LVMH ou Suez Lyonnaise des eaux viennent d'emblée à l'esprit. D'où les analystes financiers sont-ils issus ? Leur principal vivier, la Société française des analystes financiers, compte 1200membres. Un tiers exerce une profession d'analyste financier pur - on parle de travail de recherche; un tiers a des activités de gestion, et le dernier tiers a une profession qui s'apparente à la finance. La profession est véritablement structurée autour de la Sfaf.«Les analystes parisiens qui ne sont pas membres de la Sfaf sont au plus 80», explique Martine d'Herbécourt, secrétaire générale de la Sfaf.

Un cercle fermé

D'abord, la Sfaf assure la formation de la profession. Son Centre de formation à l'analyse financière délivre un diplôme européen après deux années: la première est axée exclusivement sur l'analyse financière, la deuxième est davantage orientée vers la gestion pour compte de tiers (portefeuilles, outils de placement collectifs en valeurs mobilières, etc.).«Les promotions sont en moyenne d'une centaine, avec une accélération ces dernières années», précise Mar- tine d'Herbécourt. Cette année, 250élèves vont suivre les cours de première et deuxième année. Les élèves sont tous diplômés de l'enseignement supérieur (bac + 5) et ont intégré depuis au moins dix-huit mois des équipes d'analyse financière, de gestion de portefeuilles ou des métiers très proches. Le diplôme ouvre les portes de membre de la Sfaf. Le Comité de l'association statue après un parrainage de deux membres, dont l'un est obligatoirement un supérieur hiérarchique du candidat. Celui-ci doit à cette occasion rédiger un mémoire sous forme d'étude financière d'une société cotée, comportant au moins une évaluation. La Sfaf admet d'un autre côté des membres non diplômés en fonction de leur expérience (on exige qu'elle soit de cinq ans au moins). L'autre grand attrait de la Sfaf pour les analystes, c'est l'organisation de l'information financière des sociétés. Les fameuses «réunions d'analystes» sont l'occasion pour toute la communauté de faire le point - annuellement ou bisanuellement - sur les sociétés cotées. La Sfaf a organisé 750réunions entre septembre 1997 et juillet 1998. Et 140 ont été convoquées en septembre 1998. Tenir le calendrier de ces réunions explique le passage obligé que constitue l'organisation. Pour les grandes réunions annuelles d'analystes, les entreprises bénéficient parallèlement d'une aide intellectuelle de la Sfaf. Cette dernière est surtout incontournable pour les groupes cotés en raison de l'assistance qu'elle draine à chacune de ses réunions: les analystes financiers, certes, mais aussi les analystes financiers devenus eux-mêmes gérants pour compte de tiers. Le métier d'analyste peut lui-même se scinder en deux. Les analystes qui font partie intégrante des équipes de gestion, les analystes «buy-side», se situent aux côtés des acheteurs d'actions. L'analyste buy-side bénéficie du travail des sociétés qui vendent du papier (les brokers ou, en France, les entreprises de marché, héritières des agents de change). Il réalise un travail d'ordre fondamental, et ce en liaison avec les gérants, qui décident de mettre un titre en portefeuille ou simplement de le vendre. L'analyste qui travaille pour un broker est dans une position tout à fait différente: il est là pour convaincre des clients de passer des ordres. Presque intégré dans les équipes de ventes de titres des brokers, c'est l'analyste «sell-side». Il doit à la fois assurer un suivi des valeurs de son secteur au jour le jour, en révisant le cas échéant ses opinions sur les valeurs, et présenter ses recommandations dans des études documentées. Il est directement en contact avec les clients les plus importants. Il peut aussi organiser des réunions de ses clients investisseurs avec des responsables de sociétés cotées. Les plus écoutés des analystes sell-side sont ceux qui provoquent les écarts de cours sur la seule publication d'un changement d'opinion sur une valeur.

Un indicateur fort attendu

Se situant pour certains dans le haut des fourchettes des rémunérations de la finance, ils ont des emplois du temps insensés. Ils doivent être capables d'assurer chaque matin entre 8h30 et 9heures une réunion avec les vendeurs («morning meeting»), après avoir rédigé un fax qui sera adressé à tous les clients et donnant leur réaction à chaud sur l'actualité des dernières vingt-quatre heures. Et ils doivent souvent être présents en fin de soirée après les réunions d'analystes qui, pour la plupart, se tiennent après la fermeture des cotations à Paris (17heures). L'avis des analystes financiers - sell-side et buy-side - est déterminant pour la valorisation des actions, d'autant que la majorité des gestionnaires appartiennent à la communauté des analystes financiers. De ce fait, l'indicateur publié chaque trimestre parAnalyse financière, la revue de la Sfaf, est très suivi, même s'il est très différent des moyennes d'estimation de bénéfices établies par des cabinets spécialisés (ce que l'on appelle un consensus de marché). Le panel est composé de 40membres de la Sfaf, choisis pour moitié parmi les responsables de bureaux d'études et pour moitié parmi les gérants pour compte de tiers, OPCVM et gestion directe. La liste a été établie en veillant à assurer l'équilibre entre les groupes intervenant dans les métiers de gestion, d'analyse et d'intermédiation d'une part, et entre les différentes tailles d'établissements de l'autre. Pour chacune des valeurs composant l'indice CAC 40, 40membres de la Sfaf sont sondés et attribuent une note sur dix suivant quatre critères: appréciation globale sur la société, adéquation entre la prévision et la réalisation, capacité de réaction à la conjoncture et qualité de l'information financière. Le classement obtenu en faisant la moyenne des critères permet d'établir un palmarès qui représente l'opinion subjective des analystes financiers de la place.

Envoyer par mail un article

Bourse: ces analystes qui vous jugent

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.