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10 groupes de presse au crible

18/05/2006 - par D.L.G.

Sur fond de recomposition du paysage (rachats, lancements et relancements, nouvelles formules), l'année 2005 a révélé l'intérêt des principaux groupes de presse pour d'autres supports : sites Internet, chaînes de télévision, journaux gratuits...

HFM : du people et des nouveautés

Pour Hachette Filipacchi Médias, dont les activités en France pèsent 882 millions d'euros en 2005, soit 46 % du groupe, Public est un motif de satisfaction. Cet hebdo people est un succès de diffusion : il a mieux que résisté au lancement de Closer (Emap) en réalisant l'une des plus fortes hausses de l'année (+31,4 %), à 346 012 ex. payés en France. Petite déprime en revanche dans la famille des masculins, avec des baisses de 10,65 % pour Entrevue et de 4,09 % pour Maximal. « Le marché s'est contracté : il a grandi rapidement, puis atteint un palier. On a assisté cette année à l'installation de nouveaux concepts, tel Choc, pour les jeunes, mais aussi à des disparitions, comme Men's Health ou Robin », remarque Anne-Marie Couderc, directrice générale de la presse magazine France de HFM. Nouveau-né masculin du groupe, le quinzomadaire Guts, lancé en mars par Gérard Ponson et l'animateur Cauet, a rempli les objectifs de vente sur ses premiers numéros : autour de 300 000 exemplaires. Côté PQR, le groupe devrait conclure en juin son accord de rapprochement avec le groupe Le Monde sur son pôle Sud (Nice matin, La Provence, Var matin et Corse matin). Toutefois, la nouveauté pour HFM en 2005 est le développement par Hachette Distribution Service (HDS), filiale de distribution du groupe Lagardère, des kiosques de presse numérique via son entité HDS Digital. Gérald de Roquemaurel, PDG de HFM, prévoit 20 % d'abonnés en ligne d'ici à dix ans au niveau mondial.

Ouest France : le géant breton tient bon

Après plusieurs mois d'attente, le groupe Ouest France a finalement été autorisé par Bercy, en novembre dernier, à mettre la main sur le pôle Ouest de la Socpresse (Le Maine libre, Presse Océan, Le Courrier de l'Ouest), pour un montant tenu secret. Il lui faut à présent digérer ce rachat et mettre en place les restructurations nécessaires. À commencer par la fermeture de l'imprimerie de Presse Océan, qui va se solder par un plan social affectant un peu plus de 70 personnes. Une trentaine de salariés du Courrier de l'Ouest devraient subir le même sort. En attendant, Ouest France, premier quotidien régional de l'Hexagone, dont la diffusion reste stable avec 760 367 ex. payés, enregistre une progression de son chiffre d'affaires de 2,4 %, à 344 millions d'euros, grâce notamment à de bonnes recettes publicitaires (154 millions d'euros, en hausse de 5,4 %). Autre sujet de satisfaction pour le groupe : sa filiale multimédia, dont les sites Internet ouest-france.fr et maville.com ont enregistré 3,6 millions de visites en moyenne par mois, soit une progression de 41 % par rapport à 2004.

Le Monde : la relance sans Plenel

Les efforts commencent à payer. L'endettement du groupe Le Monde s'est résorbé en 2005, pour passer à 65 millions d'euros, contre 105 millions en 2004, et la perte nette a été réduite de moitié (moins de 30 millions), le résultat d'exploitation étant, lui, à l'équilibre. S'agissant du seul quotidien, les pertes nettes ont été ramenées de 11 à 7 millions d'euros. Pour se relancer, Le Monde a misé sur le départ de près de 200 salariés, la démission en septembre d'Edwy Plenel, ex-directeur de la rédaction, et, surtout, une nouvelle formule, sortie en kiosques le 7 novembre, concoctée par Gérard Courtois et Éric Fottorino, lequel vient de reprendre les rênes de la rédaction. La recapitalisation du Monde SA, bouclée à la fin de l'année, a permis à Lagardère de prendre 17 % du capital tandis que 15 % sont détenus par Prisa et 3 % par La Stampa, l'actionnaire majoritaire restant Le Monde Partenaires et Associés (LMPA). L'année 2005 a donc bel et bien été celle de la transition vers le nouveau modèle économique évoqué par Jean-Marie Colombani, PDG du groupe. Elle devrait se poursuivre en 2006 avec l'expansion du groupe, qui a annoncé en début d'année la constitution d'un pôle de presse régionale dans la PQR du Sud, aux côtés d'Hachette Filipacchi Médias. Au total, le groupe, qui comptera 5 000 salariés contre 3 300 actuellement, envisage d'étendre son périmètre à 900 millions d'euros de chiffre d'affaires, contre 650 millions en 2005.

Éditions Amaury : objectif diversification

L'année 2005 a été en demi-teinte pour Amaury. Les chiffres de diffusion de L'Équipe, qui reste le premier quotidien français, traduisent une chute de 3,97 % par rapport à 2004, année il est vrai spectaculaire (+8,69 %) grâce aux JO. Pour se diversifier, le groupe L'Équipe, dont le chiffre d'affaires avoisine 250 millions d'euros, a continué à décliner sa marque dans les magazines (après Sport&Style avec Condé Nast), en lançant en octobre 2005 le premier numéro de L'Équipe féminine, un supplément réalisé en collaboration avec Elle, et en mettant le pied en ovalie début 2006 avec l'hebdomadaire Rugby. L'ensemble comprend aussi L'Équipe TV et le site lequipe.fr. Du côté du Parisien (-2,06 %, à 339 556 ex.), l'érosion n'a pas pu être enrayée par la nouvelle équipe dirigeante menée par Jean Hornain, nommé directeur général en décembre 2004. Par ailleurs, le groupe s'intéresse à la télévision locale à Paris, dont l'appel à candidature devrait être probablement lancé avant cet été. Dans ce contexte plutôt morose, Aujourd'hui en France continue son inexorable ascension en affichant une progression de 3,5 % de sa diffusion payée en France.

Sud-Ouest : les gratuits,voilà l'avenir

Le groupe Sud-Ouest, qui a réalisé en 2005 un chiffre d'affaire de 311,3 millions d'euros, a bouclé dans la douleur les négociations sur la modernisation du système d'édition du quotidien, aboutissant à un accord au printemps 2005. Bilan : huit jours de non-parution du journal, soit un coût de 2,5 millions d'euros, ainsi que la suppression d'une soixantaine de postes en 2006. Au milieu de ces turbulences, le quotidien a continué à investir, notamment dans les plus-produits et dans le mensuel de Michel Hommel, Tout Réussir, qui a donné des résultats satisfaisants tant en termes de diffusion que de recettes publicitaires. Du côté des gratuits, le pôle S3G, qui a axé son développement sur les gratuits thématiques avec Reflex immobilier (lancé en France et en Espagne), a finalisé un accord avec Spir Communication début 2006. Quant à Bordeaux 7, il a plutôt bien survécu à sa première année pleine en concurrence avec Metro et 20 Minutes, lequel s'est installé dans la ville girondine fin 2004. Mais un accord avec l'un des deux protagonistes de la presse gratuite n'est pas à exclure.

Prisma : passage de témoin

L'année 2005 a sonné la fin d'une époque. Après quinze ans passés à la tête d'un groupe qui a réalisé 582,4 millions d'euros en 2005, Axel Ganz en a quitté la présidence pour créer, toujours au sein de Gruner + Jahr, sa structure, AG + J, dans laquelle il concocte un féminin haut de gamme qui devrait voir le jour avant l'été. À la tête du deuxième groupe de presse français, Ganz a placé Fabrice Boé, un ancien directeur général de L'Oréal France. Le chiffre d'affaires du groupe est en hausse de 3 % grâce à une hausse de la diffusion (+0,2 %), des abonnements (+ 5,3 %) et des rentrées publicitaires avec 10 000 pages vendues. La nouvelle formule de VSD a fonctionné puisque sa diffusion augmente de 10 % et ses recettes publicitaires de 9 %. Si le quinzomadaire TV grandes chaînes cartonne encore, à 1 087 769 ex. (+ 25 %), son jumeau Télé 2 semaines est en chute (- 11,9 %), mais reste l'un des millionnaires de la presse en diffusion. Les titres économiques sont florissants, comme Capital, qui poursuit sa progression (+ 3,15 %, à 364 293 ex.) et Management, qui a revu sa copie et renoue avecla croissance (+ 10,57 %, à 86 063 ex.). Aujourd'hui, on attend le nouveau-né du groupe Prisma, un féminin haut de gamme actuellement à l'étude, et pour lequel Marie-Claire Pauwels (ex-Figaro madame) a été recrutée.

Socpresse : recentrage sur Le Figaro

Le groupe de Serge Dassault a profité de l'année 2005 pour redessiner la carte de l'ex-empire Hersant (dont le chiffre d'affaires était estimé à 1,5 milliard d'euros). Après la cession de Paris Turf au fonds d'investissement Montaigu, les journaux de l'Ouest (Le Courrier de l'Ouest, Presse Océan et Le Maine libre) ont été vendus à Ouest France tandis que le belge Rossel a repris La Voix du Nord et Nord éclair. Quant au pôle Rhône-Alpes (Le Progrès, Le Dauphiné, Le Bien public et Le Journal de Saône-et-Loire), il est tombé dans l'escarcelle de L'Est républicain, appuyé par Le Crédit mutuel. Reste donc le groupe Express-Expansion, que Dassault semble prêt à vendre totalement, après la présidentielle de 2007, à Roularta, qui en détient déjà 30 %. Au final ne subsistera que le groupe Figaro, revenu aux bénéfices en 2005 avec un chiffre d'affaires de 550 millions d'euros, sur lequel sont concentrés tous les efforts. La relance du quotidien, en novembre, a permis d'enrayer la chute de la diffusion, selon son directeur général Francis Morel. Reste à valider l'objectif de rajeunissement du lectorat et à maintenir, au minimum, la diffusion (en baisse en 2005) en portant de 30 à 50 % la part des abonnés d'ici à 2008. Les nouvelles formules du Figaro magazine et de Madame Figaro sont un succès publicitaire (+ 5 et + 8 % de recettes) et de nouveaux suppléments, tel le cahier sport, doivent aider à renouveler le lectorat.

Bayard : Internet, on y croit

L'année a été bonne pour les fleurons de Bayard Presse comme La Croix. Il faut dire que l'actualité s'y prêtait : la mort de Jean-Paul II, l'arrivée de Benoît XVI ou la disparition du fondateur de Taizé, frère Roger... Au final, le groupe, qui est devenu le premier éditeur religieux aux États-Unis, réalise une progression (+1,4 % sur un an) de son chiffre d'affaires, à 433 millions d'euros. Après la recomposition du directoire de Bayard, désormais présidé par Bruno Frappat, c'est une femme qui a été nommée à la rédaction en chef de La Croix, en l'occurrence Dominique Quinio. Le groupe se développe sur le Web, notamment avec le site croire.com. Sur le secteur de la presse jeunesse, Bayard a connu un revers avec le relancement d'Eurêka, un mensuel pour les 12-25 ans qui n'a pas convaincu et va devenir trimestriel. Sur les seniors, le groupe a lancé le 15 mai la nouvelle formule de Notre Temps (906 362 exemplaires, -7,88 %).

France Antilles : cap sur la télévisioc

Avec un chiffre d'affaires de 650 millions d'euros (+5 %), le groupe de Philippe Hersant a accru sa profitabilité en 2005 : un excédent brut d'exploitation de 10 % (+5 points), un résultat net en croissance de 39 % et un résultat d'exploitation de 42 millions d'euros (+4%). La Comareg (Paru Vendu) voit ses recettes croître de 8 %, à 348 millions d'euros, après avoir vendu sa filiale d'annonces légales OSP. Côté presse payante, le chiffre d'affaires n'augmente que de 2,4 %, à 302 millions. Le pôle d'outre-mer voit sa diffusion gagner 1,4 %, tandis que le pôle Normandie-Champagne-Ardennes affiche une baisse de sa diffusion de 1,5 %. Le pôle normand est désormais repris en mains par Michel Lépinay, qui a pour mission de lancer une nouvelle formule de Paris Normandie, après l'échec des négociations entamées, fin 2005, avec Le Télégramme. Le groupe mise désormais sur la télévision locale, à Grenoble et à Troyes, et prévoit de lancer une chaîne sur le câble à Paris à la rentrée.

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