Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Rebecca Bournigault

26/10/2006

Ce qui m'a toujours intéressée, c'est de déterminer comment une marque, en l'occurrence Fauchon, existe dans le monde et comment elle se maintient. Pour Fauchon, j'ai pu constater en 2004, comme beaucoup de gens, le virage et la persévérance de cette marque historique, qui fête cette année ses 120 ans : le ton des campagnes de pub est devenu plus sensuel, plus glamour aussi. Et pourtant, la marque est restée identique à elle-même, comme une marque qui se tient. La résistance de Fauchon est exemplaire parce qu'elle se nourrit d'une identité forte, capable d'avoir en même temps un ancrage traditionnel, patrimonial, parisien et une ouverture créative, engagée et mondiale. Cette identité me séduit parce qu'elle permet de jouer sur des valeurs d'humour, d'impertinence, d'audace, qui ne sont pas habituelles dans le secteur du luxe alimentaire. Mais le plus important, c'est surtout de sentir que les produits sont d'une qualité exceptionnelle. Par exemple, cela m'a fascinée de découvrir une huile d'olive consommable quatre semaines dans l'année. On voit tout de suite qu'il y a un travail permanent qui est fait autour de la recherche et de la qualité. Pour Fauchon, l'équilibre se joue entre le classique et le contemporain, le rassurant et le détonnant.

Pour moi, qui ai eu la chance, à l'occasion de ce projet, de découvrir Fauchon de l'intérieur, j'ai pu constater que le travail de transmission avec le client autour de la qualité du produit, ses saveurs ou ses origines, se faisait d'abord en interne. C'est important, parce que cela témoigne d'une capacité humaine et d'un savoir-faire assez uniques. Chez Fauchon, on n'a pas peur de faire appel à de jeunes talents au profil atypique pour bousculer les idées de la marque : la graphiste a moins de trente ans (Caroline Bénech), la chef de cuisine est une Japonaise qui a un sens très pointu de l'originalité (Fumiko Kono), la personne qui s'occupe des vins est une jeune femme qui vient de Sciences Po (Sandrine Audegond), le chef pâtissier (Christophe Adam) conçoit ses gâteaux comme des architectures, et Jean-Pierre Busson (le directeur de création) a créé les campagnes très glamour de relancement de la marque ! D'ailleurs, des gens comme Pierre Hermé ou Sébastien Gaudard ont d'abord fait leurs armes chez Fauchon. à chaque fois, Fauchon fait un pari : privilégier la passion, le point de vue, l'engagement, plutôt que la simple exhaustivité ou le seul savoir-faire historique. Du point de vue de la communication globale de la marque et de sa visibilité pour le grand public, je pense que ces gens méritent d'être connus, mis en avant. Leur contribution est essentielle à la qualité du produit : il faut le faire savoir et que le plus de monde possible le sache.

Fauchon pourrait, dans une campagne de pub à venir, jouer sur ses ressources humaines étonnantes, qui sont à la fois fortes et originales. Le client découvre, dès son entrée dans le magasin, la passion des différents membres du personnel. Cette qualité de service et cet investissement semblent exister à tous les niveaux de l'entreprise. Du vendeur au chef de produit en passant par le fabricant, on sent qu'il y a là une véritable pépinière de talents. Or, on a envie de le voir, de découvrir ces visages, ces personnalités, de plus près. Car, même si les campagnes de pub sont glamour, elles ne parlent que du goût, du résultat final et pas assez, peut-être, de cet accompagnement essentiel à la découverte du produit. D'ailleurs, moi, c'est exactement ça que j'aurais envie de donner en tant qu'artiste : une série de portraits de ces talents. D'une certaine manière, Fauchon est une marque très pudique sur ce qui fait sa force. Or, j'aimerais communiquer cette surprise qui fut la mienne, en levant le voile sur les coulisses de l'entreprise parce que, contrairement à d'autres marques, il n'est pas question que d'apparence. Autour du produit, c'est toute une chaîne de compétences qui est sollicitée. Il y a une solidarité et un désir partagés par le personnel qui m'ont paru vraiment intéressants à découvrir. Car, si on s'attend en venant chez Fauchon à une qualité de produit, on ne s'attend pas nécessairement à une telle qualité humaine. Ce sont ces véritables portraits de talents qu'il faut réaliser et donner au public !

Envoyer par mail un article

Rebecca Bournigault

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.