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Nathalie Talec

26/10/2006

La capacité d'interpénétration entre le territoire de l'art et de l'entreprise nourrit ma pratique artistique depuis de nombreuses années. Ma collaboration avec JCDecaux a débuté avec la production d'une oeuvre pour l'exposition « Notre histoire... » au Palais de Tokyo, et se poursuit aujourd'hui sur de nouveaux projets questionnant l'espace public. La marque, en permanente innovation technique, doit faire face à des enjeux stratégiques et économiques et proposer à ses annonceurs des supports irréprochables de visibilité publicitaire.

Dans son slogan « Les vitrines du monde », JCDecaux affirme sa volonté de transformer la planète en sites d'exposition mobiles et éphémères, et s'applique à renouveler son lexique de formes et son vocabulaire technique. D'autres équivalences peuvent encore se dessiner entre cette entreprise et le champ de l'art : l'un comme l'autre inventent des scénarios, multiplient les points de vue, réfléchissent sur le temps et l'espace, questionnent « l'impermanence »,le nomadisme, la synchronisation, l'ubiquité, la fiction et la réalité... Autant de concepts que j'aborde en tant qu'artiste et que JCDecaux met en oeuvre à l'échelle planétaire. Des affinités se retrouvent enfin dans la méthode de travail, qui consiste pour moi, comme pour l'entreprise, à provoquer de multiples collaborations et concertations avec des architectes, sociologues, philosophes, scientifiques ou programmateurs. L'univers de la marque peut ainsi se nourrir de défis implicites qui croisent souvent aujourd'hui le monde de l'art. Par ces défis, la marque invente et innove dans le domaine de l'espace public, en privilégiant le regard, le comportement et l'image. Au-delà du mobilier urbain, de l'affichage grand format et des transports, JCDecaux fait preuve de pouvoirs d'adaptation et d'anticipation exemplaires, et intègre les nouvelles technologies et les dimensions virtuelles qui structurent notre monde.

Je songe par exemple au projet de téléchargement de contenus depuis les mobiliers d'affichage, à la production d'écrans sonores, à la coordination centralisée de campagnes internationales ou encore aux campagnes « show case », où l'affiche disparaît au profit d'objets exposés dans de nouvelles vitrines urbaines.

Dans ce monde à la virtualité croissante, je peux aisément imaginer JCDecaux offrir de nouveaux rôles à l'espace public et tenir compte de son hospitalité sans limites. Il s'agirait alors d'inverser les procédures de communication et de diffusion et de transformer le passant en véritable opérateur. Ainsi, nouvel acteur de l'espace public, l'anonyme ne subit pas mais déclenche, réagit et partage en temps réel. Les affiches et mobiliers deviennent alors des vecteurs de diffusion et des surfaces de réception. Cette exploitation inédite des réseaux physiques et numériques permet de dessiner une nouvelle cartographie et de produire des écrans sensoriels : écran d'information, écran interactif ou écran de rencontres, susceptibles de produire des événements et de générer de nouvelles mises en réseaux.

L'affiche et le mobilier urbain deviennent relationnels. Cela permet de redéfinir le rôle convivial de l'espace public et de revenir à sa vocation de diffuseur de culture. Une culture du sensible, une culture musicale, une culture olfactive, une culture du goût, une culture du toucher... Imaginons un affichage en tissu pour la campagne d'un grand couturier, des diffusions de concerts en exclusivité, une émission de télévision interactive produite spécifiquement pour l'espace de l'Abribus, des interviews ou lectures dans les mobiliers d'aéroports, etc.

Pour accompagner les innovations de JCDecaux, le mobilier et les affiches deviennent de véritables écrans relationnels. L'espace public gagne ainsi en générosité et permet de reconfigurer, selon une géographie particulière, les liens sociaux. Je pourrais presque dire que ces écrans relationnels offrent la possibilité de réunifier autour d'une communauté le moi éclaté par notre société. Le lien public et publicitaire peut alors devenir l'occasion d'une vraie expérience et insister sur les valeurs de la marque : une expérience à partager autour d'écrans relationnels.

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Nathalie Talec

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