Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Fabrice Hyber

26/10/2006

Le rapport art-entreprise est au coeur de mon travail depuis mes débuts, dans les années quatre-vingt. Pour ma première toile, en 1981, 1 m2 de rouge à lèvres, j'avais besoin de produits, que j'ai obtenus grâce à un partenariat avec une entreprise. En 1991, lorsque j'ai mis au point le plus gros savon du monde (22 tonnes de savon moulées dans une benne de camion), il en a été de même. En poursuivant toujours la même idée, j'ai créé UR en 1994, Unlimited Responsibility, une structure destinée à valoriser et à permettre la production et les échanges de projets entre les artistes et les entreprises. Son objectif : traverser et rapprocher des territoires divers et, surtout, agir. En ce moment, d'ailleurs, je travaille avec des agences de communication au Japon sur différents travaux qui mêlent ces multiples intervenants.

Il faut savoir que les entreprises jouent un rôle au moins aussi important que les institutions en matière de production artistique : elles sont, contrairement aux idées reçues, un gigantesque espace de liberté pour les artistes. Cette articulation de ma pratique artistique avec le champ de l'entreprise a, par exemple, été la base du Phantom Pommery, une oeuvre présentée dans les caves de la maison de champagne, à Reims. J'ai imaginé un fantôme de verre et de lumière éclairé seulement de l'intérieur, en hommage à Louise Pommery, fondatrice du domaine à la fin du XIXe siècle. Cette femme de voyages et de curiosités acquit un jour, dans une vente aux enchères, Les Glaneuses de Millet (dont elle fit immédiatement don au Louvre) uniquement pour rassurer ses ouvriers sur ses capacités financières ! Un geste magnifique qui marque le début de cette histoire.

Paul-François et Nathalie Vranken, aujourd'hui propriétaires du domaine, ont dès le début souhaité inscrire l'image de la marque dans un rapport étroit avec l'art d'aujourd'hui. Plusieurs expositions collectives ont été organisées au domaine, des commandes d'oeuvres in situ passées et des ateliers d'artiste mis en place. Le champagne est, d'une certaine manière, un medium de convivialité et de partage. Mais il est aussi, comme l'art, un artifice, un produit fabriqué qui éveille et révèle notre capacité d'invention. Le champagne se boit lors de moments particuliers. L'art est également un moment d'exception, puisque l'artiste fabrique des univers avec son esprit et sa sensibilité. D'ailleurs, les artistes ne sont pas seulement des découvreurs de nouveaux territoires, ils les inventent ! Ces territoires vierges sont des espaces d'expérimentations de nouveaux comportements.

Aujourd'hui, Pommery doit continuer à travailler dans le droit fil de cette exigence artistique, quitte d'ailleurs à resserrer son action autour d'un nombre plus restreint d'artistes. D'une certaine manière, la passion de Pommery pour l'art actuel est un tremplin d'énergie qui motive l'artiste. Le champagne pétille, il est festif, riche en bulles et pourrait correspondre à l'image de l'artiste en pleine ébullition créative ! Le champagne permet de mobiliser cette passion sur le mode d'un véritable état d'esprit. Plus qu'un produit de consommation, le champagne est un comportement. Autour de Pommery se noue ainsi un dialogue qui réunit artistes, artisans, amateurs d'art, entrepreneurs et tous ceux qui, plus largement, souhaitent partager, découvrir, se passionner et, surtout, faire. Plus qu'une marque, Pommery est un comportement.

Envoyer par mail un article

Fabrice Hyber

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.