

24/11/2006 - On peut lire l'heure partout, et plus seulement sur les montres. Celles-ci continuent pourtant à très bien se vendre.
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Les riches, cible en diamant
Le livre s'habille en Prada
Paris cultive ses palaces
Gym sélecte
Un faste d'options
Tornade jeune
Grand Prix Stratégies Condé Nast
Parfums d'empires
Monsieur en quête d'éternelle jeunesse
« La communication à 360° est particulièrement bien adaptée aux marques du luxe »
Évolution des ventes en valeur de montres en France par gamme de prix
Les riches,une clientèle de moins en moins exclusive
L'Inde, nouvel eldorado des marques
Le luxe du luxe
Catalogue Story
Écrin total
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Les couverts des chefs
Quand impertinence rime avec opulence
Place aux hommes
Il est loin, le temps où les montres se cachaient au fond d'une poche. L'époque cultive le paradoxe. Tandis que l'heure s'affiche partout, dans la voiture, sur votre téléphone portable ou sur n'importe quel appareil domestique, la montre s'exhibe plus que jamais, de préférence en grand format. « Plus la valeur utilitaire de la montre décline, plus sa valeur symbolique augmente », observe Stanislas de Quercize, président et Chef Executive Officer de Van Cleef&Arpels, une marque du groupe Richemont. L'accessoire pourrait paraître superflu et pourtant, il ne cesse de monter en gamme. Les montres à plus de 1 000 euros tirent le marché français, avec une progression des ventes en valeur de 17 % au premier semestre 2006, contre 5 % pour l'ensemble du secteur, tous prix confondus. Même tendance à l'étranger. La palme des exportations horlogères suisses (+12,4% au premier semestre 2006) revient aux montres supérieures à 2 000 euros, dont la hausse est 13 fois plus soutenue que celle des autres catégories. À l'inverse de la joaillerie, où 90 % des achats ne sont pas griffés, l'horlogerie est un marché de marques. « L'essor des suppléments "Spécial montres" dans les magazines et dans les quotidiens depuis cinq ans a favorisé la pédagogie et décloisonné ce monde d'initiés », reconnaît Stanislas de Quercize. L'accélération des innovations a fait le reste, bousculant l'esthétique des produits. Prenez la J12 de Chanel, lancée en 2000. « L'un des plus gros succès de ces dernières années », commente Fabienne Reybaud, journaliste au Figaro et auteur d'un ouvrage, Montres, le guide de l'amateur, aux éditions Assouline. Cette montre à quartz, fruit des recherches les plus pointues, mélange de façon inattendue la céramique high-tech, l'or, l'onyx, le diamant et l'acier.
Les montres à complications n'échappent pas à ce courant de modernité. En 2001, Richard Mille, un ancien de la maison Mauboussin, conçoit sa RM001 Tourbillon avec des matériaux d'avant-garde, un design révolutionnaire et des procédés de fabrication inspirés de la Formule 1. Un pavé dans l'univers classique de l'horlogerie. Les fortunes de la planète s'arrachent ses neuf modèles, dont les prix oscillent entre 2 800 et 500 000 euros. Le même engouement s'empare de la Big Bang, lancée par Hublot au printemps 2005. Des matériaux improbables comme le titane ou le Kevlar donnent un look futuriste à cette montre massive qui a décroché une pluie de prix, dont celui du « meilleur design » décerné par la ville de Genève. « Les amateurs veulent être surpris. Ils craquent pour une pièce qui les fascine », observe Laurent Picciotto, fondateur du magasin Chronopassion à Paris, qui se définit comme « un marchand de jouets », même si ces jouets ne sont pas à la portée de tous...
Les femmes ne sont pas non plus insensibles aux montres d'exception. Les 100exem-plaires de la Lady Arpels, conçue pour célébrer le centenaire de la maison Van Cleef&Arpels, sont déjà tous prévendus. Sur cette poétique montre à complications défilent les motifs émaillés et peints à la main d'un jardin, au gré des quatre saisons. Du grand art pour gens très riches. ¦

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