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Fin de non-recevoir pour le courriel

07/12/2006 - par Anne-Lise Carlo

Incontournable dans les relations presse, il est pourtant devenu la bête noire de nombreux journalistes. Et oblige les attachés de presse à revoir leur stratégie.

 Si j'ai reçu votre courriel ? Peut-être. C'était à quel sujet ? Non, cela ne me dit rien... » En plein bouclage, Carine Keyvan, journaliste pour la rubrique tendances du nouvel hebdo féminin Jasmin, est excédée. Et avec elle, toute la profession ! Le courriel, cet outil qui a révolutionné les relations presse, semble être devenu la bête noire des journalistes. « C'est du délire ! Aujourd'hui, tout le monde fait circuler nos adresses électroniques. Résultat, spécialiste des sujets économiques, je me retrouve avec des communiqués de presse sur des expositions photos », témoigne Benoist Simmat, rédacteur au Journal du dimanche.

En moyenne, un journaliste reçoit chaque jour plus de 200 courriels. ­Résultat, les messageries explosent, et la bonne volonté des destinataires avec. « Tous les jours, je reçois un signal d'alerte du service informatique pour me dire que ma messagerie est pleine. Du coup, quand je m'absente du bureau pour une demi-journée, c'est la panique ! », raconte Carine Keyvan.

Avant cette charge anticourriel, le support a pourtant connu un état de grâce. « C'est l'outil idéal pour le premier contact : il permet de ne pas être intrusif, de ne pas harceler les journalistes, qui sont par ailleurs difficilement joignables », ­estime Nicolas Lefèvre, consultant chez Lewis PR. « La possibilité d'envoyer en nombre les communiqués de presse a représenté un gain de temps énorme dans notre travail », ajoute Muriel Nicolas, directrice du cabinet Opha. Côté journalistes, on souligne surtout son instantanéité et la possibilité permanente de recevoir une info, même loin du bureau. Sans oublier ses vertus déculpabilisantes : « Quand un sujet ne nous ­intéresse pas, il nous suffit de ne pas répondre. Au téléphone, c'est plus compliqué de rabrouer une attachée de presse », avoue la journaliste de Jasmin.

Trouver l'objet qui accroche

L'usage abusif du courriel lui a fait pourtant vivre ses dernières heures de gloire. Certains lui ont même déclaré la guerre : « Moi, je le dis franchement à tout le monde : ne m'envoyez pas de courriels, cela ne sert à rien, je ne les ouvre pas ! », déclare une journaliste du service économique d'Europe 1. Avec la crainte toutefois de passer à côté d'un sujet. « Dans cette abondance de messages, je suis sûr que je rate des informations importantes », déplore Benoist Simmat, du Journal du dimanche. En effet, qui n'en a jamais mis un directement à la corbeille sans même l'ouvrir ? Les attachés de presse le savent bien. « À qui la faute ?, lance Frédéric Sugnot, journaliste sportif à L'Humanité. Si je lisais tous les messages que je reçois, je ne ferais plus que cela ! »

« C'est le même principe que les publicités déposées dans votre boîte aux lettres. Vous ne prenez même plus la peine de les lire, estime un attaché de presse de TF1. Le courriel est une information froide, qui doit aujourd'hui être systématiquement soutenue par un coup de téléphone si l'on veut qu'elle aboutisse. » Autre parade contre le « clic-corbeille », l'objet du message, cette petite phrase qui va faire que le journaliste décidera ou non de l'ouvrir : « Pour se démarquer de la masse, il faut trouver une formulation sexy, accrocheuse. En revanche, mettre des objets du type "urgent" ou "important" ne sert à rien », poursuit l'attaché de presse de TF1.

Des lourdeurs qui rendraient presque leurs lettres de noblesse aux bonnes vieilles techniques... « De plus en plus de journalistes me demandent de leur envoyer des fax. "Ras-le-bol des courriels", me disent-ils. Ils préfèrent garder une trace écrite des communiqués de presse », confie Muriel Nicolas, chez Opha. Un retour en grâce un peu marginal, selon Benoist Simmat du Journal du dimanche : « À la rédaction, c'est simple, le fax est directement tourné vers la poubelle. On le garde mais il ne nous sert plus du tout. Pour moi, c'est un outil dépassé. » Courriel, quand tu nous tiens...

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