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Sur la piste du bon candidat

07/12/2006 - par Delphine Masson

Les campagnes électorales sont une période bénie pour les affaires publiques. Rencontre avec quelques lobbyistes surbookés.

Lettre ouverte des présidents d'université aux candidats, livre blanc de l'association Croissance Plus qui milite entre autres pour l'actionnariat salarié, pacte ­écologique de ­Nicolas Hulot qui souhaite que les candidats placent les enjeux ­énergétiques et climatiques au coeur de leurs ­programmes... Pas un jour, depuis quelques semaines, sans ­que les entreprises, associations et ­fondations ne ­fassent entendre leur voix. ­Normal : nous sommes en précampagne électorale, saison bénie pour les affaires publiques.

« Côtoyer les politiques »

« Les candidats sont à la recherche d'idées nouvelles et à l'écoute des entreprises quand ces ­dernières ont besoin de faire passer leurs ­messages auprès des politiques les plus influents », explique Arnaud Dupui-­Castérès, directeur ­général de Leo ­Corporate. « C'est une période où les politiques cherchent à comprendre la France. Ils sont plus réceptifs, plus ­accessibles. Notre travail consiste à les sensibiliser en amont, pour que l'élaboration des programmes et les décisions prises après les élections aillent dans le sens de nos clients », précise Capucine Fandre, directrice de Séance publique.

Les industriels ont d'ailleurs tout intérêt à veiller au grain et à ­s'immiscer dans les idées souvent très généreuses des candidats, mais qui s'avèrent parfois irréalisables, voire contre-­productives.

Sur quoi s'appuie le travail des lobbyistes ? « Des réunions, des recherches documentaires et le développement d'argumentaires adaptés aux spécificités des interlocuteurs », explique Arnaud Dupui-Castérès. Et le déjeuner entre amis, le relationnel ? « Cela ne fait plus la différence », affirme Vincent ­Lamkin, directeur associé de l'agence ­Meanings. « Il faut côtoyer les hommes politiques pour connaître leur jargon, leur mode de fonctionnement, leurs raisonnements, leurs caractéristiques, explique, pour sa part, Capucine ­Fandre. Mais un ami politique vous recevra pour vous faire plaisir, pas forcément pour vous écouter et agir. Mieux vaut approcher le bon spécialiste. » Olivier Picard, fondateur de Communications&Institutions, ajoute : « Tout notre travail consiste à faire passer au bon moment une note bien argumentée au bon interlocuteur. »

Cartographie

Intervenir au bon moment est justement capital en période d'élection ­présidentielle. « Dans un premier temps, les ­candidats hument l'air du temps, recherchent de grandes idées générales, raconte Olivier Picard. Nous sommes à présent entrés dans le débat d'idées à proprement parler. Les équipes de campagne se constituent, les groupes d'intérêt et les associations font du bruit pour se faire remarquer des candidats. On fait passer des notes. On organise des rendez-vous. Puis, à partir de janvier, viendra le moment de repérer qui a le plus de chances d'entrer dans le prochain gouvernement. »

Pour ce faire, le lobbyiste établit une cartographie des acteurs de l'influence. « Il faut connaître les positions politiques de chacun, son degré d'expertise et d'intérêt sur tel sujet, l'historique de sa prise de ­position », confie Vincent ­Lamkin. ­Capucine ­Fandre songe déjà aux élections législatives de juin 2007 et analyse le profil des 575 députés, leurs centres d'intérêt, leurs chances d'être réélus.

Une fois identifiés les influenceurs, comment les contacter à bon escient ? Vincent Lamkin conseille aux ­entreprises de la jouer ­collectif. « Elles ne doivent pas afficher de ­revendication personnelle, mais inscrire leur démarche dans un débat d'intérêt général, de société, explique-t-il. L'intérêt particulier ­n'intéresse pas le politique. » Pour cela, il est ­possible d'utiliser une fédération parlant d'une seule voix en s'appuyant sur des ­messages ­porteurs pour la société. Vincent ­Lamkin rappelle qu'il est aussi important de s'appuyer sur l'opinion publique pour influencer un candidat. « Face à une Assemblée nationale soumise à l'exécutif, la popularité d'une décision se joue dans la caisse de résonance médiatique », explique-t-il. Après l'élection, les lobbyistes devront agir vite et redoubler d'ardeur, pour que les beaux discours débouchent sur des mesures concrètes. Tout un métier.

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