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La presse cinéma revoit sa copie

25/01/2007 - par Anne-Lise Carlo

Studio et Première s'apprêtent à lancer de nouvelles formules sur fond de baisse globale de la diffusion des titres spécialisés.

La trêve des confiseurs n'a pas été de tout repos pour les magazines de cinéma. Première (HFM) a perdu son directeur de la rédaction, Ghislain Loustalot, parti pour Paris Match et une rumeur de fermeture a circulé. « Aucune menace ne pèse sur le magazine », assure néanmoins la rédactrice en chef Sophie Grassin, qui prend la succession de Ghislain Loustalot. « Première est une marque vieille de trente ans, dont nous ne pouvons faire l'économie », renchérit Olivier Meinvielle, directeur général délégué de la régie Interdeco. Parallèlement à cette agitation, Ciné live a été vendu fin décembre par Cyber Press Publishing à Roularta, propriétaire de L'Express-L'Expansion. Le magazine se retrouve ainsi dans le même groupe que son concurrent Studio.

La presse cinéma commence 2007 dans un contexte global de baisse des ventes (- 8,3 %, selon l'OJD 2005-2006), même si Studio enregistre une hausse de 6,8 %. Ce segment de presse est pris en tenailles car, aujourd'hui, le cinéma est partout : de la télévision à la presse généraliste, d'Internet à la presse féminine. Trois couvertures sur quatre de Elle ou de Glamour mettent en vedette une actrice. Difficile alors de trouver sa place devant un tel déferlement de « sujets cinéma ».

La fréquentation croissante des salles influe peu sur les ventes des magazines spécialisés. « Mettre en couverture Gad Elmaleh et Audrey Tautou en décembre n'a pas fait grimper nos ventes. Peut-être qu'on les a trop vus partout ! », explique Sophie Grassin, à Première. La presse magazine serait victime du matraquage marketing dont les films font l'objet avant leur sortie. « Tous ces supports n'abordent souvent le cinéma que sur le mode promotionnel. Les attachés de presse, qui n'ont que quelques jours pour vendre un film, prennent les grands moyens. Du coup, le téléspectateur et le lecteur sont saturés », analyse Laurent Creton, directeur de l'Institut de recherche sur le cinéma et de l'audiovisuel et auteur de L'Économie du cinéma (Armand Colin, 2005).

« évolution vers le plurimédia »

Peu encline jusque-là à la critique et à l'analyse, la presse cinéma grand public veut se repositionner vers « plus de décryptage ». Studio et Première travaillent sur de nouvelles formules dans ce sens. « Nous voulons montrer à nos lecteurs un cinéma plus en prise avec la société et l'actualité », explique Béatrice Toulon, rédactrice en chef de Studio dont la nouvelle formule sortira le 24 janvier. Même remise en question à Première dont le nouveau contenu est prévu fin février : « Le lecteur est plus intéressé par l'analyse du plan marketing du dernier film de Luc Besson que par une énième interview », estime Sophie Grassin. Un lifting qui fera peut-être remonter le prix du magazine, passé de 3 à 2 euros en 2005. Chez Roularta, on mise sur un positionnement plus marqué des deux titres maison : « Ciné live doit cibler encore plus les jeunes, pour être complémentaire de Studio », indique Philippe Boulnois, directeur général France du groupe, qui dément par ailleurs toute intention de fermer Ciné Live.

Ces changements de formule seront-ils payants ? Celle de Studio n'a que trois ans et celle de Première date de mars 2005... Tous misent également sur les séries, phénomène devenu incontournable. « L'apparition de pages sur les séries ou les jeux vidéo dans les magazines ciné montre une évolution vers le plurimédia », analyse le spécialiste Laurent Creton. « Est-ce que ce sont encore des revues de cinéma ou sont-elles devenues des revues de l'image ? », s'interroge Jean-Michel Frodon, directeur de la rédaction des Cahiers du cinéma.

Une question qui soulève celle de l'évolution de ces magazines sur Internet. « Attention, on peut se faire encore plus de mal ! », poursuit Jean-Michel Frodon, dont le nouveau site mettra bientôt en ligne une version en anglais des Cahiers du cinéma. Alors que le portail Web d'informations cinéma Allo Ciné a lancé, fin 2006, Ciné palmarès, une déclinaison papier vendue en kiosques, Studio et Première ont prévu, dans la foulée de leur lifting, un nouveau site Web avec plus de services (horaires des séances) et« plus de brèves news, de coulisses », pour compenser la lourdeur d'une parution mensuelle. Et si, comme cela se murmure dans les rédactions concernées, le salut passait par l'adoption d'un rythme quinzomadaire ?

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