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International

Vers un monde bipolaire ?

07/06/2007

Va-t-on vers un duopole de l'information financière avec la fusion annoncée des groupes Reuters et Thomson ? La naissance de ce nouveau géant, annoncée le 4 mai, vise à créer, sous la houlette de la famille Thomson, le leader mondial de l'information financière avec 34 % du marché mondial, contre 33 % à Bloomberg. Une telle fusion, qui intervient dans un univers déjà hyperconcentré avec 23 % de part de marché pour Reuters et 11 % pour Thomson, comporte le risque de déplacer outre-Atlantique le contrôle mondial des informations boursières. C'est en effet la famille canadienne Thomson, via son holding Woodbridge, qui détiendra la majorité du capital de la nouvelle entité (53 %). C'est encore David Thomson, l'actuel président du groupe canadien, qui est appelé à chapeauter le nouveau groupe Thomson-Reuters, coté aux Bourses de Toronto et de Londres. L'homme vante une « alliance naturelle » qui unira des services d'information électronique, des systèmes d'échange et de l'information.

Hausse des tarifs à craindre

Il est vrai que Reuters, qui emploie 2 400journalistes dans 131pays, ne réalise qu'une faible part de son activité dans son métier d'agence de presse, vieux de plus d'un siècle et demi (l'entreprise est née en 1851 en transmettant les cours de Bourse à l'aide d'une flotte de pigeons voyageurs).

Racheté 13 milliards de dollars, le groupe britannique est aujourd'hui surtout prisé pour sa capacité à toucher 370 000 professionnels de la finance. Il réalise 90 % de son chiffre d'affaires en fournissant aux banques, aux courtiers et aux fonds d'investissement des données en temps réel comme le cours des actions, des monnaies ou des obligations.

Reste pour ce nouveau géant de l'industrie financière à obtenir le feu vert des autorités de ­régulation de la concurrence. Les clients redoutent une hausse des tarifs et un abus de position dominante. Les journalistes, eux, craignent des suppressions d'emploi, 500 millions de dollars d'économies ayant été promis aux actionnaires dans les trois ans. En cas d'opposition à la fusion, Thomson n'aurait qu'à remiser son projet. Ou à relancer des discussions, à l'instar de Murdoch, qui ne perd pas espoir de faire aboutir son OPA sur Dow Jones (Wall Street Journal).

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