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Skywater a choisi l'infiltration

28/06/2007 - par Alain Delcayre

Communiquer sur le développement durable quand il s'agit de son coeur de métier peut sembler facile. Pourtant, quand on est une start-up comme Skywater, mieux vaut pratiquer la communication à trois bandes.

Le 5 mai dernier, à la veille du second tour de l'élection présidentielle, un arrêté du ministère de l'Écologie et du Développement durable sur l'installation et les usages de la récupération des eaux de pluie était publié in extremis au Journal officiel. Une initiative passée inaperçue, excepté pour la jeune société champenoise Skywater qui a vu là l'aboutissement de ses efforts de communication engagés deux ans auparavant. Spécialiste du marché de la récupération des eaux de pluie pour des usages ni alimentaires ni corporels, Skywater, créée en 2004, ne pouvait se contenter du seul impact du réchauffement climatique pour développer son activité. « Les plus gros consommateurs, à savoir les industriels et les collectivités, sont notre cible privilégiée. Notre objectif est donc de favoriser la mise en place de dispositifs incitant à adopter une telle démarche », note Willy Rohdmann, cofondateur et directeur associé de Skywater avec Loïc Gouzien.

L'entreprise s'est donc attaché les services de l'agence de communication Actine Stratégies. « La première étape, entamée en mai 2005, a été de préparer le terrain auprès du grand public afin d'influencer à terme les dirigeants des industries et des collectivités », explique Stéphane Berstein, directeur au sein de l'agence. Ce travail de pédagogie sur le fonctionnement, les usages et les enjeux de la récupération des eaux de pluie s'est soldé par de nombreuses retombées médias dans les journaux télévisés de TF1 et France 3, mais aussi sur LCI, France Inter, dans le Journal du dimanche, Défis, Entreprendre, Réponse à tout, La Tribune, etc. Avec, il est vrai, des arguments de poids : 53 % d'économies pour les particuliers et 70 % pour les industriels, soit un investissement rentabilisé en cinq ans. « Nous avons aussi bénéficié d'un contexte favorable, puisqu'à l'époque on parlait beaucoup de mesures de restriction d'eau », reconnaît Stéphane Berstein.

Mais une déclaration de Nelly Olin va menacer ce fragile édifice. Fin 2005, la ministre de l'Écologie et du Développement durable soutient certes publiquement la récupération des eaux de pluie, mais précise dans la foulée que c'est une bonne chose avant tout pour... l'arrosage. « Or le jardinage et le lavage ne représentent que 8 % de la consommation d'eau », précise Willy Rohdmann. Un couac qui ne fait pourtant pas changer de cap Skywater et son agence qui, dès septembre 2005, s'attellent à la deuxième phase de leur stratégie de relations publiques. Ils s'adressent cette fois directement aux pouvoirs publics, avec l'ambition de faire voter une loi incitative.

Occuper le terrain médiatique

Un entretien avec le chargé de l'eau à la direction générale de la Santé, suivi en janvier 2006 d'une rencontre avec les députés chargés de rédiger un projet de loi sur l'eau, permettent de mettre en bonne place dans le texte la problématique de la récupération des eaux de pluie. Après une entrevue en novembre 2006, au Salon des maires, avec Alain Juppé qui y présentait son livre sur le développement durable, Skywater s'attaque pendant les premiers mois de cette année 2007 au bon cadrage de l'arrêté d'application du texte de loi en prenant d'assaut le cabinet de Nelly Olin, ministre de l'Écologie et du Développement durable.

Résultat : un texte de loi voté en décembre 2006 instaurant un crédit d'impôt de 25 % pour les particuliers s'équipant de systèmes de récupération des eaux de pluie et un arrêté d'application publié en un temps record. Mais Skywater ne s'en contente pas. Un arrêté devrait être publié cet été pour étendre l'usage des eaux de pluie à l'intérieur des maisons, hors usages corporels et alimentaires. L'objectif est à terme de rendre obligatoire ce système écologique pour tout nouveau bâtiment. Skywater compte d'ailleurs participer activement au « Grenelle de l'environnement» qui doit se tenir cet automne sous la houlette du ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables.

En attendant, la jeune société espère bien continuer à occuper le terrain médiatique en s'associant à Secret Story, la nouvelle émission de TF1 animée depuis le 23 juin par Benjamin Castaldi, dans laquelle une machine à laver fonctionne avec le système Skywater. Enfin, l'entreprise travaille également à la conclusion d'un accord de partenariat avec une ONG spécialisée dans les problématiques de l'eau.

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