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Aux États-Unis, c'est (parfois) l'Amérique

12/07/2007 - par Caroline Talbot, à New York

Si les blogueurs abondent outre-Atlantique, très peu vivent de leur activité. En voici quelques-uns.

La société d'études et de mesure d'audiences Technorati recense aujourd'hui 75 millions de blogs aux États-Unis. « Mais un tiers seulement, soit 25 millions, sont réellement actifs, c'est-à-dire actualisés régulièrement », souligne Paul Gillin, un expert en relations publiques, auteur du livre The New Influencers. Et très peu de créateurs de blogs vivent de leur art. D'ailleurs, selon une étude du cabinet Pew Internet Research, 85 % ne le font pas pour l'argent et 52 % désirent seulement s'exprimer créativement. Mike Sharma est de ceux-là. Ce directeur du marketing interactif de l'agence de publicité Zig avoue ainsi alimenter un blog pour montrer à ses clients et prospects ce qu'il est capable de faire. Et profite de l'occasion pour attirer à lui d'éventuels futurs employés. Harry Woods, de l'agence Woods, Witt Dealy&Sons, blogueur sur My Space, se veut tout aussi modeste : « Je ne gagne pas d'argent avec mon blog. J'établis un dialogue avec de jeunes professionnels de la publicité qui ne nous connaissent pas. » Ces blogueurs soutenus par « la famille et les salariés de l'agence » se contentent de quelques centaines de lecteurs.

Parmi les 100 blogs les plus populaires cités par Technorati, on trouve bien sûr des sites beaucoup plus visités : les vétérans tels Boing Boing, Engadget ou Gizmodo, destinés aux amateurs de gadgets technologiques, revendiquent des millions de fans. Tout comme les drogués du Huffington Post, à la recherche d'informations sur la vie politique. Une montée en puissance du trafic qui justifie de juteux retours sur investissement.

Usine à blogs

Dans son livre, Paul Gillin dresse le portrait de Peter Rojas, l'heureux inventeur d'Engadget. L'ancien journaliste du magazine Red Herring s'est plongé 10 à 12 heures par jour dans le monde merveilleux des gadgets. Il a blogué à tout-va sur les nouveautés, les rumeurs, donné son avis en toute franchise et... les internautes ont afflué. Lorsque Weblogs, la famille de blogs à laquelle appartenait Engadget, a été vendue à AOL pour 25 millions de dollars, Peter Rojas a touché le jackpot. De même, l'auteur à succès Arianna Huffington a-t-elle pu lever 2,5 millions de dollars en mai 2005 pour créer son Huffington Post. En mettant en avant les écrits de plumes connues (Nora Ephron, Norman Mailer, David Mamet, Walter Cronkite, etc.), elle a généré plus de 2 millions de visiteurs en juin 2006. Et clos un nouveau round d'investissements de 5 millions de dollars la même année.

Autre expérience intéressante, celle de Mark Evans, vice-président d'une usine à blogs, B5Media, un agrégateur qui regroupe 200blogs à Toronto (Canada). Ce journaliste spécialisé dans le high tech a commencé sa carrière de blogueur en créant All About Nortel, consacré au groupe de télécommunications. À force de scoops, de commentaires bien sentis et d'analyses originales, il a vu son trafic atteindre 75 000 pages vues par mois, et les annonceurs se manifester. Mark Evans voit aujourd'hui beaucoup plus loin. Avec quelques partenaires, il a réuni 2 millions de dollars en octobre et lance 200 blogs de niche sur les affaires, la mode, les célébrités ou la musique.

Mais B5 Media n'a pas encore atteint l'équilibre financier. « La publicité en ligne augmente peut-être de 25 % par an, remarque Mark Evans, mais pour l'instant, cela ne représente que 5 % du total des dépenses publicitaires. » B5 Media doit donc perfectionner son outil pour attirer toujours plus de lecteurs et d'annonceurs. En espérant un jour obtenir le même succès que l'artisan Steve Hall, créateur d'Adrants, un blog sur l'industrie publicitaire. Son aventure démarre en 2002 dans la banlieue de Boston. Ce publicitaire est alors au chômage et blogue pour rester dans la course. Il connaît le secteur, le commente sans concessions. Ses récits plaisent, les moteurs de recherche le référencent, 4 000blogueurs le recommandent... Résultat : le trafic explose, à 400 000 visites par mois. Hewlett Packard, le New York Times ou Condé Nast achètent des encarts. Et Steve Hall respire. L'oeil rivé sur le flot des informations publicitaires, il gagne enfin très bien sa vie.

TheNewInfluencers,AMarketer'sGuidetotheNewSocialMedia,dePaulGillin,QuillDriverBooks,avril 2007

http://technorati.com

www.b5media.com

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