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Mac ou PC?

06/11/1998

G3 ou Pentium? Mac OS ou Windows? Le monde de la micro-informatique aime les duels. Traduisent-ils une réelle alternative? Pour les agences de communication, comme pour les entreprises, de tels choix sont importants. Mais ils ne doivent pas être isolés de leur contexte: une entreprise, un système d'information, des logiciels.

Mac ou PC? Le monde de la création graphique est l'un des derniers secteurs où la question fait encore l'objet de débats passionnés. De fait, équipes de créatifs et autres studios graphiques font penser au «dernier carré des braves» dans un monde, que cela plaise ou non, de plus en plus écrasé par l'empereur Windows. C'est bien de résistance dont il s'agit car, même dans ce secteur, les positions de la plate-forme Macintosh s'érodent peu à peu.«Depuis plusieurs années, l'essentiel de notre croissance est généré par nos produits sous Windows»,explique-t-on chez Adobe, l'éditeur de Photoshop et d'Illustrator, les deux logiciels vedettes des créatifs. Les dirigeants d'Adobe refusent par ailleurs de porter un jugement ou même de comparer les deux plates-formes.«Nos produits tournent aussi bien et offrent les mêmes fonctionnalités sur les deux systèmes. Nous n'intervenons jamais pour orienter le choix dans un sens ou dans un autre»,affirme, diplomate, Francis Plégat, responsable marketing chez l'éditeur. Cette neutralité s'impose d'autant plus que, après une longue période de déclin, la firme de Cupertino reprend depuis quelques mois du poil de la bête. Pour son année fiscale achevée le 30septembre, elle vient d'annoncer un profit net de 309millions de dollars contre une perte de un milliard l'année précédente. Un bon résultat acquis au prix d'une grosse restructuration interne - l'entreprise emploie aujourd'hui environ 9000personnes contre près du double il y a trois ans - et d'une violente cure d'amaigrissement du catalogue produits. Sans oublier l'accord passé avec Microsoft, pourtant ennemi mortel des aficionados de la marque à la pomme, qui garantit à Macintosh la disponibilité des produits bureautiques leaders du marché (Word et Excel principalement). La sortie d'Office 98 pour Mac au printemps dernier a puissamment contribué à redonner confiance en la plate-forme.

Un retour en grâce

Au-delà du petit monde de la micro-informatique, toutes ces bonnes nouvelles ont été accueillies avec soulagement par l'ensemble des utilisateurs Apple. En effet, il y a à peine un an, les dossiers «Migration Mac vers PC» étaient remontés en haut des piles sur le bureau de nombreux directeurs informatiques et autres responsables d'entreprises utilisatrices de Macintosh. Beaucoup s'interrogeaient sur la pérennité de la marque et, par conséquent, étudiaient l'alternative PC. Aujourd'hui, le spectre de la faillite est écarté. La problématique «Mac ou PC» a donc, dans beaucoup d'entreprises, perdu de son acuité. Et quand elle est pourtant envisagée, c'est avec plus de sérénité, en comparant par exemple les catalogues d'applications disponibles pour chaque système. Mais force est de constater que la comparaison renvoie globalement les deux plates-formes dos à dos. De fait, ce qu'il est possible de faire sur l'une l'est également sur l'autre. Certes, d'aucuns objecteront que, par exemple, XPress pour Mac offre deux à trois fois plus d'extensions (souvent indispensables) que la version pour PC. Ils feront encore remarquer que si l'univers PC propose autant, voire plus de polices de caractères que le monde Mac, les premières sont beaucoup moins faciles à trouver et à manier que les secondes... Des arguments fondés, soit, mais pour combien de temps encore? La richesse applicative, auparavant décisive en faveur du Mac, ne constitue plus aujourd'hui un argument définitif. À l'inverse, les défenseurs du PC mettent en avant l'argument prix. Et il est exact que, tant du côté des machines que de celui des logiciels ou des périphériques, l'équipement Mac représente, à fonctionnalités égales, un surcoût que beaucoup de professionnels pensent être de 30% à 40%. Mais là encore, si l'argument avancé est fondé, il n'est pas décisif, car le coût d'achat d'un matériel ne représente qu'une part très minoritaire du coût réel d'une configuration en fonctionnement. Les directeurs financiers et leurs homologues de l'informatique le savent bien. Ces deux catégories de responsables, en général peu suspects d'être des adorateurs d'Apple, préfèrent souvent rester fidèles au Mac plutôt que d'avoir à affronter les problèmes liés au changement de plate-forme: modification des habitudes de travail et, donc, résistance au changement, deux périls qui auraient vite fait d'absorber l'économie réalisée lors de l'achat du matériel. À l'évidence, l'antériorité dont bénéficie Macintosh dans le monde des métiers de la création constitue un argument de poids qui incite les plus grosses structures à faire cohabiter les deux mondes, et les plus petites à rester fidèles au constructeur à la pomme.«Le simple constat de l'économie potentielle qu'il est possible de réaliser nous pousse vers les PC. Mais de là à déclencher une guerre civile dans l'agence...»,résume Pierre Chédaille, directeur administratif et financier chez Wunderman Cato Johnson, où Macintosh conserve les faveurs des créatifs.

La préférence culturelle

Philippe Gras, responsable technique chez Connex'Com, prestataire de services (flashage et photogravure), estime également que le principal avantage du Mac sur le PC tient avant tout à la «culture» du secteur:«Un peu à l'inverse de ce que l'on observe dans les autres secteurs, c'est surtout du côté des utilisateurs du Macintosh que l'on trouve de vraies compétences au sens informatique du terme. Avec le temps, ils ont appris, sans forcément être formés à la micro-informatique, à maîtriser le matériel et les logiciels, au point de n'avoir que rarement besoin de services support de la part de leurs distributeurs ou du constructeur lui-même. Il est évident que ces gens-là n'ont a priori aucune envie de migrer vers le PC.»De son point de vue, abstraction faite de la «préférence culturelle» dont bénéficie Apple, les deux plates-formes se valent et communiquent de mieux en mieux.«Faire un choix entre l'une ou l'autre, c'est forcément intégrer des paramètres spécifiques à chaque structure. Les logiciels qu'elle utilise, ses relations clients et fournisseurs... Encore aujourd'hui, dans un grand nombre de cas, Macintosh représente le choix le plus confortable et le moins perturbant. Mais la dynamique appartient clairement au monde PC»,affirme-t-il.

Le choix par les logiciels

Difficile donc de se décider en faveur de l'une ou l'autre des plates-formes, car on ne peut pas trancher par des arguments purement techniques. Les structures les plus importantes ont les moyens de faire cohabiter les deux systèmes, Mac pour la création et PC pour le reste. À l'inverse, les petites et moyennes entreprises du secteur n'ont souvent ni les moyens ni le temps pour cette stratégie.«Nous sommes trop petits pour avoir du temps à perdre avec l'informatique»,affirment Yves Solomianski et Bruno du Tilleul chez Beaupré («La petite agence des grandes marques»). Résultat: un système d'information 100% Macintosh donnant, en tout cas pour la production, parfaite satisfaction aux deux responsables qui se définissent comme des représentants de la «génération Mac». Malheureusement, signalent-ils, une agence, c'est également de la gestion commerciale, de la comptabilité... Un problème important pour les petites structures puisque, si le catalogue d'applications Macintosh est très riche pour tout ce qui relève du graphisme et de la création, il est, en revanche, remarquablement pauvre en applications de gestion destinées aux petites entreprises du secteur. Un problème que les deux responsables sont néanmoins en train de résoudre. L'agence est en effet en phase d'implantation de Bill Jobs, l'un des rares progiciels de gestion commerciale conçus pour les entreprises du secteur de la communication actuellement disponible pour Mac. Leur objectif: disposer d'un outil logiciel qui leur permettra de dépasser le stade de la comptabilité pour disposer d'un vrai suivi de gestion en temps réel. L'histoire de l'agence Beaupré résume au moins un aspect de la problématique qui s'impose aux petites structures: une affinité profonde avec le monde Mac, qui se heurte aux carences de l'offre logiciel dans le domaine de la gestion. Certes, il n'y a peut-être pas là de quoi justifier une migration vers le monde PC. Mais ça prouve que la problématique de migration se règle plus par le choix d'un logiciel qui déterminera celui de la plate-forme que par un examen des mérites respectifs de chaque plate-forme. Apple en est d'ailleurs conscient. La campagne de lancement de l'iMac, le petit dernier de la gamme du constructeur, a été l'occasion d'affirmer son retour en grâce auprès de développeurs d'applications qui, depuis plusieurs années, avaient tendance à délaisser le Mac au profit des PC. Si cette embellie perdure, Apple a encore de bien belles années à vivre dans tous les secteurs économiques. Sinon, le constructeur perdra de plus en plus de parts de marché et finira, dans le meilleur des cas, par se cantonner à des marchés de niches, tel celui des métiers de la création. Tout du moins, si les créatifs continuent de faire de la «résistance culturelle».

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