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Quand prestige rime avec développement durable

22/11/2007 - Profusion d'emballages, encres pour impression toujours plus brillantes, illumination des boutiques... Luxe et environnement ne font pas bon ménage. Une image démentie par la démarche verte de certains groupes.

Il y a très longtemps que le luxe s'intéresse au développement durable. Nos maisons et nos produits s'inscrivent, par définition, dans la durée », assure Élisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert, qui regroupe 70 maisons de l'univers du luxe. Ce n'est visiblement pas l'avis de tout le monde. « Beaucoup de produits de luxe ont historiquement bâti leur réputation sur la qualité de leurs matières premières, exploitées parfois jusqu'à la corde », rappelle Nicolas Richard, ingénieur des Eaux et Forêts et conseil en développement durable au cabinet Fario. Et de prendre pour exemples l'ivoire, les écailles de tortue, le musc ou les bois précieux.

Que font concrètement les marques de luxe en la matière ? Le sujet est visiblement délicat, si l'on en croit les précautions oratoires prises par les marques interrogées. Pourtant, leur action n'est pas nulle. Hermès International a réduit de près de 41 % sa consommation d'eau - importante pour l'impression des célèbres carrés de soie - entre 2002 et 2006, alors que son activité ne cesse de croître. L'entreprise s'est même offert, le 12 juillet dernier, le solde du capital de Soficuir International. Objectif : maîtriser les savoir-faire, mais aussi diviser les rejets de gaz à effet de serre par 20. Soficuir possède en effet une tannerie aux États-Unis. Ses peaux (notamment celles d'alligators), tannées en croûte sur place, pèsent 10fois moins lourd que les peaux brutes, qu'il faut en plus réfrigérer. Expédiées par bateau dans des conteneurs, elles prennent beaucoup moins de place. Ce qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre... « Notre ambition est de ne plus faire traverser des peaux brutes », anticipe Francis Chauveau, directeur général adjoint chargé des affaires industrielles chez Hermès. Dans cette logique, la maison travaille aussi à la mise en place d'un réseau de responsables environnementaux par métier : cuir, textile, parfums, logistique.

De son côté, le groupe PPR a créé, le 1er septembre dernier, une direction de la responsabilité sociale et environnementale sous la responsabilité de Laurent Claquin, directeur de la communication. L'usine YSL Beauté du groupe située à Lassigny, dans l'Oise, fabrique notamment, à partir de produits biologiques, la ligne Care de Stella McCartney, certifiée par le label Ecocert.

Chez LVMH, Sylvie Bénard, directrice environnement du groupe, anime son service depuis sa création, en 1992, année du Sommet de la Terre à Rio. En quinze ans, le groupe est passé d'une préoccupation de site (comme la mise en place d'un tri sélectif) à une préoccupation produit. « Une partie de mon travail consiste à comprendre tous les métiers que l'on trouve au sein des 64 maisons du groupe, à connaître les outils avec lesquels chacune travaille pour savoir comment, ensemble, nous pouvons intégrer la notion environnementale », explique-t-elle. L'an passé, 8 680 heures ont été consacrées à mobiliser les collaborateurs et à les inciter à adopter les bons gestes. La marque réalise un bilan carbone depuis 2004. Désormais, 60 % de produits de maroquinerie sont transportés par bateau, moins polluant que le transport aérien. Et Sylvie Bénard élabore, à l'intention des créatifs, des cahiers de tendances qui présentent matériaux et processus d'impression ayant le moins d'impact sur l'environnement. Au siège Louis Vuitton du Pont-Neuf, à Paris, des pastilles rappellent d'éteindre la lumière et son ordinateur en partant de son bureau, des colonnes transparentes sont prévues pour le dépôt des piles usagées, et l'impression des documents recto verso est recommandée. En matière d'environnement, il n'y a jamais de petites économies. ¦

par Yves Mirande
En image
L'environnement, un pôle actif chez LVMH. En témoignent l'entrepôt Louis Vuitton de Cergy, qui respecte les règles de haute qualité environnementale, et les cahiers de tendances destinés aux créatifs du groupe.
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