
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Denrées rares
Des pubs chics de plus en plus Net
Le Père Noël est internhotte
Griffes en mesure
Le luxe, entre élitisme et démocratisation
Les riches raffolent des médias
Fauchon réinvente Fauchon
Hauts revenus
Mon blog, les marques et moi
Au rythme de la mode
« Le luxe cultive de fortes amplitudes salariales »
Charity Business
Crème de la crème
Le fauve est lâché
La vague rose
Parfums d'histoire
Entre tradition et hédonisme
Quand prestige rime avec développement durable
Maquillage de fêtes
De fil en aiguille, la renaissance de Solstiss
22/11/2007 - Le grand félin redevient tendance, que ce soit dans la mode ou dans la décoration d'intérieur.
A la une du Vogue de la rentrée 2007, Natasha Poly, photographiée par Patrick Demarchelier, porte un manteau queue-de-pie en fourrure de chèvre imprimée léopard, bombe, ceinture en satin de soie et collants assortis. Le tout est signé Givenchy haute couture. C'est une consécration pour la marque et son créateur star, Riccardo Tisci. Mais aussi pour la tendance fauve, symbole d'un luxe conquérant bien dans sa peau.
Le pouvoir d'influence du magazine de mode est tel que l'hiver sera assurément au « fauvisme ». Une tendance cyclique mais qui revient, comme un grand classique, à un rythme de plus en plus fréquent, y compris dans la décoration de la maison. « Côté accessoires, guépards, jaguars et léopards continuent de se tailler la part du lion : plus raffinés que rugissants, sacs, pochettes et souliers parient sur le style le plus urbain », observe Vogue.
Chaleur peau de bête
C'est Yves Saint Laurent qui, dans les années 1970, donne aux grands fauves leurs titres de... bourgeoisie. Il les fait sortir des boudoirs et des lieux peu fréquentables pour les sacrer standards de l'élégance, à condition de les apprivoiser avec une saharienne très stricte. Si celle-ci a fait son grand come-back pour l'été, la chaleur peau de bête revient pour l'hiver. La maison propose cette saison sandales, ballerines, ceinture, sac et trench en coton imprimé léopard. Hermès a imaginé toute la panoplie du parfait safari : sac à main, sac de voyage, mallette, serviette de bain et tabouret pliant pour la brousse. La grande classe ! Le thème animalier, récurrent chez Cartier (la panthère est même l'emblème de la marque), habille pour l'hiver de tigre, de lynx et de panthère la ligne de sacs Marcello. Terriblement « fashion » : une longue robe à col écharpe en mousseline de soie imprimée léopard Dolce&Gabbana, qui signe aussi sac et escarpins. Ou encore une pochette chat sauvage Jimmy Choo, un sac en poulain léopard finitions python Roberto Cavalli. Et, pour les beaux jours, un peignoir en soie Dior dessiné par John Galliano.
Pouvoir symbolique
Pour Vincent Grégoire, le tendanceur à la mode de chez Nelly Rodi, cette passion pour les prédateurs, symboles de puissance, de force et de fierté correspondrait, peut-être parce qu'on n'ose plus aujourd'hui porter les originaux, à une volonté de s'approprier le pouvoir symbolique à la fois de l'animal et du chasseur, sa domination aristocratique sur la nature, sa force, sa puissance, sa ruse. « Pour les nouveaux riches attirés par le pouvoir, le prédateur est le fantasme absolu de la force animale, primale. C'est presque une crise d'exigence de cette clientèle, qui veut afficher sa personnalité à travers des animaux fascinants et dangereux. Les femmes endossent la sensualité, la patte de velours, le côté lascif du félin. Les hommes le coup de griffe, la morsure. » Tous devraient donc trouver leur bonheur dans les bijoux Tigre de la collection de haute joaillerie Inde mystérieuse que Cartier vient de présenter à Londres.