Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

« Sortir la fiction française du ronron »

24/01/2008 - par Entretien : Bruno Fraioli

Takis Candilis, directeur des programmes de flux et de la fiction française de TF1, estime que la production hexagonale doit être bousculée. Il vient de recruter un Canadien, André Béraud, dans cet objectif.

L'an passé, parmi les 100 audiences les plus fortes, toutes décrochées par TF1, les séries américaines se taillent la part du lion. Les fictions françaises sont donc mortes ?

Takis Candilis. Absolument pas. L'histoire de la télévision est faite de cycles. La série américaine s'impose aujourd'hui par sa manière différente de consommer la télévision grâce à un système narratif particulier. Nous avions anticipé cette période de mutation : TF1 a lancé, il y a deux ans, le développement de séries de 52 minutes dont l'objectif est de sortir du sacro-saint héros unique fédérateur. Il faut un peu de temps pour cela, mais, déjà, les scénarios que je lis sont très positifs et s'adaptent à cette forme. Je parie que ces nouvelles séries françaises vont reprendre une place prépondérante dans les grilles.

Vous venez de recruter le Canadien André Béraud comme directeur artistique de la fiction. Qu'attendez-vous de lui ?

T.C. Beaucoup, car la tâche dans la fiction est énorme. Il faut sortir du ronron dans lequel nous étions tous. La fiction d'aujourd'hui a vingt ans d'âge. Nous étions dans un schéma de narration où chaque fois que l'on mettait quelque chose à l'antenne, cela fonctionnait. Aujourd'hui, la concurrence est plus grande et il faut réapprendre la manière de raconter les histoires. Un air nouveau, des expériences différentes étaient nécessaires, tout comme des gens venant d'horizons différents, à l'instar d'André Béraud. Au Canada, il a vécu et travaillé dans un cadre concurrentiel très fort et avec une culture américaine envahissante. Pourtant, le Québec a trouvé des formes d'expression qui lui sont propres. Il est désormais primordial d'avoir des personnalités qui n'aient pas nos automatismes.

Ne craignez-vous pas une baisse des moyens pour la fiction française ?

T.C. Des obligations de production et de diffusion garantissent un certain équilibre. Et même, abandonner la fiction française serait une hérésie. La preuve, la grève des scénaristes américains gêne déjà les chaînes. Nos concurrents sont confrontés à un problème de stock d'inédits. Si un accord n'est pas trouvé dans les jours à venir, cela signifiera qu'il n'y aura pas de nouvelles séries à court terme. L'investissement dans la production française originale et événementielle apparaît donc indispensable.

TF1 a-t-il les moyens de rivaliser avec les productions américaines ?

T.C. Ce n'est pas tant un problème d'argent, TF1 dépense 200 millions d'euros par an dans la production. Mais il s'agit de trouver une spécificité, il faut maîtriser ce nouveau format qu'est le 52 minutes autant d'un point de vue éditorial qu'en termes de production car il va falloir soutenir des méthodes pour réaliser non plus six, mais dix-huit ou vingt-deux épisodes par saison.

Cela nécessite une nouvelle organisation des scénaristes et des auteurs...

T. C. Elle se met en place. Mais cela ne se fait pas contre les auteurs. Cette mutation, tout le monde l'estime nécessaire. La fiction française n'est pas en manque de créativité et de talent.

TF1 peut-elle prendre des risques avec ces nouveautés ?

T.C. C'est un risque que nous prenons dès la genèse d'un projet. Certains seront gagnants, d'autres pas. En tout cas, nous aurons réussi à réenclencher une dynamique de création qui nous permettra d'être à la hauteur dans six mois ou plus.

Comment intégrez-vous les nouveaux médias dans les projets de production ?

T.C. Ceux-ci ne se résument pas au film. Avec l'offre de diffusion multiple existante, l'oeuvre doit maintenant être suffisamment promue pour être connue avant de passer à l'écran. Les moyens sont variés : publicité, marketing viral, Internet, etc. Aujourd'hui, les programmes doivent prendre en compte tous ces moyens de promotion, mais envisager tous les produits dérivés. Il faut faire vivre l'oeuvre en amont et en aval de sa diffusion.

Envoyer par mail un article

« Sortir la fiction française du ronron »

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.