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Médias

Les clichés ont la vie dure

06/03/2008

Le 27 février, la secrétaire d'État à la Solidarité Valérie Létard a mis en place une commission de réflexion sur l'image des femmes dans les médias. Est-elle destinée à produire un énième rapport qui prendra la poussière sur une étagère du ministère ? On peut le craindre. Les travaux sur le sujet abondent déjà. Pas plus tard qu'en juillet 2007, le Sénat produisait un rapport détaillé sur la place des femmes dans les médias. Quant à l'Association des femmes journalistes (AFJ), elle mesure la façon dont les femmes sont traitées dans les journaux depuis 1995. Le bilan est éloquent : en 1995, 17 % des personnes citées un jour donné dans sept quotidiens français étaient des femmes. En 2000, 18 %. Et en 2006, seulement 17 %. « Les femmes sont souvent mises en scène dans un rôle d'épouse, de mère ou de victime, précise Isabelle Germain, vice-présidente de l'AFJ. Elles sont aussi plus fréquemment citées de façon anonyme -"une passante", "une vieille dame"- alors que les hommes sont identifiés par leur profession. Les femmes représentent environ 40 % des cadres ou professions intellectuelles supérieures mais ne comptent plus que pour 15 % de ces catégories dans le ­contenu de l'information. Quand il faut interviewer un cadre, on pense plus spontanément à un homme. » Pour Isabelle Germain, « les médias donnent de la société une image plus sexiste qu'elle n'est en réalité. »

Désignées par leur prénom

Pourtant, avec Hillary Clinton, Ségolène Royal, Angela Merkel, Rachida Dati, Laurence Parisot ou Laure Manaudou à la une de l'actualité, les journalistes (un métier qui se féminise lui aussi) sont bien obligés de faire une place aux femmes. Parfois de mauvaise grâce : Hillary Clinton a dû gagner ses galons pour ne pas être désignée uniquement comme la femme de Bill. Et pour une Laure Manaudou qui rafle des médailles, les pages sportives des quotidiens restent encore dominées par les disciplines masculines.

Le 4 janvier dernier, Libération déplorait la tendance des médias à désigner les femmes par leur prénom : « Ségolène, Cécilia, Hillary, Carla, Rachida, Fadela [...]. Qui sommes-nous, simples mortels, pour apostropher par leur petit nom ceux qui nous gouvernent ? » Le quotidien affirme appliquer « une politique du nom de famille pour les deux sexes ». D'ailleurs, à l'occasion des élections américaines, on a vu fleurir des titres sur « le duel Obama-Clinton ». Sans confusion possible.

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